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Billet de blog 20 août 2015

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Les migrants d'Austerlitz mobilisés pour une deuxième manifestation

En attendant une évacuation « imminente et certaine » réitérée par la Mairie de Paris fin juillet, les occupants du camp de migrants du quai d’Austerlitz et leurs soutiens manifestent, à 18h, pour faire entendre leurs revendications. Trajet prévu : quai d'Austerlitz, place de la Bastille, boulevard Beaumarchais, République.

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En attendant une évacuation « imminente et certaine » réitérée par la Mairie de Paris fin juillet, les occupants du camp de migrants du quai d’Austerlitz et leurs soutiens manifestent, à 18h, pour faire entendre leurs revendications. Trajet prévu : quai d'Austerlitz, place de la Bastille, boulevard Beaumarchais, République.

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Deuxième manifestation en quinze jours

Dans un campement qui tourne le dos à ses conflits et se resoude à la faveur de la lutte, les migrants d’Austerlitz ont ressorti casseroles et djumbés, parés pour leur deuxième manifestation en quinze jours.  La manifestation a lieu à l’appel du « Collectif Austerlitz » qui regroupe les soutiens associatifs et politiques des réfugiés. Le Collectif demande un hébergement pérenne pour tous les réfugiés africains réduits à vivre depuis plusieurs mois dans ce campement de fortune, à l’ombre de la prestigieuse Cité de la mode et du design et en-dessous de la boîte de nuit branchée « Wanderlust ». L’assemblée générale de dimanche soir, où la décision a été prise à l’unanimité moins une voix, a été houleuse, comme si l’appel à manifester diffusé par un représentant de RESF venait un peu tard pour calmer la tempête.

Depuis plus de deux mois, les responsables municipaux et les préfets évoquent régulièrement une évacuation du campement « dans les jours qui viennent ». En place depuis plus de 15 mois, le campement d’Austerlitz a grossi progressivement pour atteindre une population d’environ 300 personnes. Le 20 juillet dernier, lors d’une réunion de coordination avec les associations et partis politiques (LDH, RESF, Attac, Cimade Secours catholique...) membres du Collectif Austerlitz, la Mairie de Paris a été mise en garde contre la « répétition de la même erreur qu’à la Chapelle et à la halle Pajol », où des opérations d’évacuation plutôt musclées ont débouché sur un nombre insuffisant de mises à l’abri pérennes.  Au cours de la réunion, une représentante de la Mairie a précisé qu’Anne Hidalgo « recherche des conditions d’évacuation dignes » pour les campements restants et attend des réponses de l’Etat sur les possibilités d’extension du dispositif d’hébergement d’urgence en Ile-de-France, le recours aux centres de premier accueil dans Paris n’étant pas souhaité.

Vivre dans la rue et demander l’asile

Manifestation de Bastille à République pour les migrants d'Austerlitz © Clément Detry

Pendant ce temps, au bord de la Seine, les réfugiés d’Austerlitz se sont formés « sur le tas » aux procédures d’asile, des simples riverains non affiliés les ayant bien souvent aidés à remplir leurs formulaires.

Sur place, les réfugiés sont peu nombreux à avoir pu déposer une demande d’asile, surtout parmi les non francophones. Du côté des Soudanais, un jeune arrivé il y a trois mois, qui a rapidement appris le français, constitue une exception notable. Lorsqu’on l’interroge, il dit apprécier le soutien fourni par les riverains et les citoyens ordinaires (partage d’invendus alimentaires, apport de matériel, cours sur l’organisation administrative et judiciaire française...) mais trouve les associations mandatées par la Ville peu coordonnées avec les autres soutiens et peu visibles sur le terrain. Bien qu’il soit reconnaissant aux différentes associations caritatives (dont les organismes de charité islamique) pour les distributions alimentaires, le migrant rappelle qu’il n’est pas venu en France pour « mendier de la nourriture ». « Soit ils organisent le camp avec un minimum de confort ici, soit ils nous mettent ailleurs mais qu’ils fassent quelque chose... En cinq mois que mes camarades sont ici, personne n'a vu aucun représentant de l'Etat faire le déplacement, c'est bien commode pour les pouvoirs publics de laisser la situation dans les mains des associations », renchérit-il.

Seule la lutte paie

Manifestation de Bastille à République pour les migrants d'Austerlitz © Clément Detry

L’évacuation du campement pose problème aux pouvoirs publics qui peinent à trouver des solutions d’hébergement pérennes pour tous ses occupants. Le risque étant que les migrants errent, forment un autre camp ou occupent spontanément un bâtiment administratif comme c’est actuellement le cas du lycée Jean Quarré dans le 19e arrondissement. D'après Pierre Henry, directeur général de France terre d'asile cité par France 24, c'est un état de fait : « si vous êtes un homme, que vous êtes jeune et que vous arrivez à Paris, attendez-vous à patienter quatre à six mois que votre dossier soit traité. Et pendant ce temps, vous êtes à la rue ». Un état de fait que les migrants d'Austerlitz, inspirés par l'exemple de la Chapelle, ont bien l'intention de combattre.

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