La Quadrature du Net pose les bonnes questions

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La Quadrature Du Net vient de publier aujourd’hui un article dénonçant les pratiques de collaboration du gouvernement auprès des services de renseignements anglais dans le cadre de la surveillance des communications de la population française. L’opérateur français France Telecom-Orange est aussi pointé du doigt, les documents d’Edward Snowden — ainsi qu’un article du journal Le Monde — incitant à penser que le plus grand opérateurs de télécommunications de l’hexagone soit bien celui  :

« qui aide (…) les services de renseignement français, lesquels disposeraient« d’un accès libre et total à ses réseaux et aux flux de données qui y transitent » en dehors de tout cadre légal« .

Toutes ces informations ont déjà été largement traitées par Reflets, et les révélations sur ces pratiques de surveillance par des entreprises françaises, à l’étranger, comme les forts soupçons de pratiques équivalentes au niveau national, ont été effectuées sur notre site bien avant que Snowden ne livre ses documents ou que Le Monde ne s’en préoccupe.

Au delà de cet aspect purement anecdotique, mais qui révèle une forme de suivisme des médias français et d’auto-censure sur ces sujets, l’indignation de LQDN qui déclare que « Depuis des mois, l’exécutif français s’enferme dans un silence assourdissant pour échapper au débat démocratique sur la surveillance d’Internet. Cette position n’est plus tenable au vu des éléments qui s’accumulent et qui démontrent l’inquiétante fuite en avant dans ce domaine. Il est grand temps que l’ensemble des acteurs institutionnels – qu’il s’agisse de François Hollande, du gouvernement, du Parlement, de l’autorité judiciaire ou même de la CNIL – soient mis devant leurs responsabilités pour que ces graves violations des droits fondamentaux cessent et que leurs responsables soient condamnés », semble tout à fait légitime.

Qui pour répondre ?

Le silence du gouvernement français, comme celui de l’entreprise France Telecom-Orange dont l’Etat est le principal actionnaire, semble être un bon moyen pour qu’aucune prise ne soit possible sur ce sujet. LQDN rappelle que

« le rapport de la commission d’enquête du Parlement européen, adopté le 12 mars dernier, indique ainsi que « les parlements britannique et français n’ont (…) pas souhaité participer aux travaux de la commission » et précise que les responsables de la DGSE et de la DGSI ont refusé d’être auditionnés »

L’Europe réagit aux révélations des indélicatesses de la NSA à son encontre et diligente une enquête — enquête à laquelle les parlementaires français refusent de participer ? Pourtant, qui donc d’autres que les parlementaires, dans le système actuel, peuvent demander des réponses au gouvernement sur ces questions de violation des libertés par des pratiques illégales des services de l’Etat ? Personne. Puisqu’en réalité, ni LQDN, ni les médias, ou les citoyens n’ont ce pouvoir. La démocratie représentative est ainsi faite. Il est donc temps de se demander pourquoi aucuns des élus des chambres représentatives ne veut se saisir de ce dossier, pourtant central dans la vie démocratique française.

Qui peut donc faire réagir les parlementaires, pour qu’enfin quelqu’un au sommet réponde aux questions sur les activités illégales de l’Etat français envers ses citoyens ? Et si personne ne le peut : que cela signifie-t-il ?

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