UNE minute de dignité (Révélateur de salauds 2)

Pas une de plus. Aucune dignité ni avant, ni après.

Comment ne pas être saisi d'effroi à la vue du "spectacle" qu'une clique vient d'organiser à Nice ? Sur les mémoires des pauvres victimes dont certaines n'ont pas encore de nom, instrumentalisant les souffrances de ceux qui luttent encore contre la mort, une palanquée de misérables a transformé un hommage national en foire d'empoigne. Et les radio-télés de plussoyer : la foule a hué.... La foule ? Non mais vous vous fichez de nous infâme médiasphère ? Si "la foule" s'y était mise, on aurait entendu une autre sorte de clameur !

Une bande d'activistes a travaillé comme il faut pour montrer jusqu'où peut conduire l'indignité quand on utilise la douleur à des fins électorales. Le degré zéro de l'humanité.

Je ne veux pas, je ne peux pas croire (une minute ?) que la population en deuil de cette ville martyre ait pu être complice de ce désespérant spectacle.

L'indécence de Sarkozy, venant hier soir se défausser de tous les manquements de ses années navrantes de règne absolu, a préparé le terrain. Il a été sphérique. Rien à retoucher, conforme. Pathétique. Ridicule. Mais le souvenir de la gamelle doit en tenailler plus d'un au ventre. Et l'on comprend bien que l'alliance objective des affamés et des brutes extrêmes puisse produire cette monstrueuse clameur niçoise.

Comment, comment même commencer à faire son deuil dans un contexte pareil ? Comment accepter d'être à ce point manipulés ? Comment ne pas sombrer dans le désespoir en se disant que nous sommes des martiens, une sorte d'espèce à part que l'on regarde à la lorgnette passé le choc initial ?

Faudra-t-il que les familles de tous ces manipulateurs soient à leur tour cruellement touchées pour qu'ils cessent enfin de touiller leur infâme tambouille ? Pour que le chagrin leur donne accès au monde de l'esprit ? Pour que la douleur leur rappelle leur condition éphémère à tous ces vantards qui se croient immortels parce qu'ils ont un jour baisé une cohorte d'électeurs ?

Faudra-t-il que les familles des "reporters" soient aussi laminées par le deuil pour qu'ils aillent voir dans un dictionnaire le sens du mot "déontologie" ?

Existe-t-il un crime d'indignité nationale ? Si oui, on est en plein dans le champ d'un plainte au pénal. Si non, il est urgent de le constituer.

 

AD 17h15 : J'ai fait un rêve.... L'ensemble de la classe politique faisait preuve de la même retenue, de la même dignité, de la même précision, du même respect de sa mission et par conséquent de la République et des citoyens que le procureur de Paris, François Molins.

 

 

 

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