L'Afrique au Centre - Changement climatique

Toujours dans la série des résolutions du 55e Congrès de l'Internationale Libérale, cette fois-ci un jeu des 7 différences: En effet, lors de ce congrès 2 résolutions différentes ont été adopté par rapport au changement climatique. La première, sans surprise, est la plus générale, pleine de bonnes intentions et restant dans le flou. La seconde, rédigée par les partis de pays africains, est bien plus précise, accusatrice, et vigoureuse. La comparaison des deux fait émerger, sous le consensuel (qui perdure), une Afrique bien éloignée de celle du ridicule Discours de Dakar. Les voici, l'une après l'autre, traduites par votre serviteur. Vous pouvez aussi les retrouver, ainsi que toutes les autres résolutions, sur le site de Liberal International.

Toujours dans la série des résolutions du 55e Congrès de l'Internationale Libérale, cette fois-ci un jeu des 7 différences: En effet, lors de ce congrès 2 résolutions différentes ont été adopté par rapport au changement climatique. La première, sans surprise, est la plus générale, pleine de bonnes intentions et restant dans le flou. La seconde, rédigée par les partis de pays africains, est bien plus précise, accusatrice, et vigoureuse. La comparaison des deux fait émerger, sous le consensuel (qui perdure), une Afrique bien éloignée de celle du ridicule Discours de Dakar. Les voici, l'une après l'autre, traduites par votre serviteur. Vous pouvez aussi les retrouver, ainsi que toutes les autres résolutions, sur le site de Liberal International.

Résolution concernant le changement climatique

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a conclu que le changement climatique est en train de se produire, qu'il est causé par l'activité humaine et qu'il aura des conséquences graves pour la vie sur terre à moins que les émissions globales des gaz à effet de serre soient sensiblement réduites durant les deux à trois décennies suivantes, et par 75 à 90 pour cent avant 2050. L'UE s'est donné pour tâche de réduire les émissions de dioxyde de carbone avant 2020 par 20-30 pour cent. Le Rapport Stern conclut que les avantages de mesures fortes et préventives de luttes contre le changement climatique sont bien plus importants que les coûts de l'inaction.

L'inaction, d'autre part, est à la fois risquée - puisque nous ne connaissons pas toutes les conséquences d'une brusque augmentation de la température - et rendra également la lutte contre le changement climatique et l'adaption à l'augmentation de la température bien plus difficiles. Ainsi, l'inaction peut être à l'origine de changements irréversibles des conditions de la vie sur terre, et pourrait provoquer une demande pour des mesures plus fortes qui feraient fi des principes libéraux et des droits démocratiques.

Ceux qui émettent des gaz à effet de serre doivent en payer le prix, c'est-à-dire que le principe du pollueur-payeur devrait guider les politiques libérales dans ce domaine. Le marché est un outil puissant pour réaliser ceci, et il est donc nécessaire d'inclure des coûts pour le climat dans un certain nombre d'activités économiques et d'encourager l'utilisation de méthodes de production innovantes consommant moins d'énergie. Ceci nécessite la mise en place de mesures telles que la taxe sur l'émission de dioxyde de carbone et un marché de permis d'émission. L'établissement d'un marché de permis d'émission est une mesure importante de réduction des émissions globales. L'Internationale Libérale demande à tous les gouvernements de collaborer à ce sujet.

L'Internationale libérale croit que le problème du changement climatique doit être résolu par un accord global sur le climat qui inclue tant les émetteurs principaux - comme l'Europe et l'Amérique du Nord - et ceux dont les émissions sont en pleine augmentation - comme la Chine et l'Inde. Un tel accord doit également évaluer le coût des émissions de dioxyde de carbone et aboutir à une réduction des émissions en conformité avec les recommandations du GIEC.

En lien avec l'augmentation de leur prospérité au cours des 200 dernières années, « les pays industriels » traditionnels sont les principaux responsables du changement climatique que nous essayons d'arrêter. En conséquence, les pays industriels doivent être disposés à supporter une partie importante des coûts de la lutte contre le changement climatique, du lancement de programmes de recherche et de développement, de l'investissement dans de meilleures pratiques, ainsi qu'à prendre la direction des négociations internationales. Puisqu'une majorité de la population mondiale vit dans le monde non industriel, et n'a profité de l'élévation globale du niveau de prospérité, les pays industriels doivent prouver qu'il est possible que tous les pays séparent la croissance des émissions de la croissance économique, l'augmentation du niveau de vie, et du développement social. Pour réaliser ceci il est nécessaire d'explorer exhaustivement toutes les manières possibles de produire une énergie renouvelable et sans émission de dioxyde de carbone.

L'Internationale libérale demande à tous les gouvernements de jouer un rôle actif dans les efforts internationaux afin d'ouvrir la voie à un objectif international de 30 pour cent, et de viser un engagement correspondant à une réduction de 30 pour cent de l'émission globale de gaz à effet de serre d'ici 2020 par rapport au niveau de 1990.

 

Résolution sur le changement climatique

Le 55e Congrès de l'Internationale Libérale note:

Que selon le rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat publié le 2 Février 2007, il est à présent certain à 90% que certaines activités humaines depuis 1750 ont réchauffé notre planète.

Que tandis que toute tentative possible doit être essayer afin de diminuer le changement climatique, en réalité une certaine quantité de réchauffement est déjà emprisonnée dans le système climatique en raison des émissions qui ont déjà eu lieu ;

Notant aussi :

- l'inquiétude croissante face au peu de temps dont de nombreuses communautés et écosystèmes bénéficieront pour s'ajuster aux nouvelles conditions ;

- que les pertes économiques dues à des événements climatiques extrêmes ont déjà lieu, et augmenteront probablement dans le futur ;

- que l'Organisation Mondiale pour la Santé estime que le changement climatique est déjà responsable de 150 000 morts par an

- que les pires effets du changement climatique se feront sentir dans le monde en cours de développement, en particulier en Afrique ;

- que le changement climatique menace autant la sécurité alimentaire que celle de l'approvisionnement en eau dans le monde en cours de développement ;

- que les effets du changement climatique vont réduire la capacité de nombreux pays d'atteindre les Objectifs du Millénaire de l'ONU

Notant aussi :

- que « l' adaptation » fait principalement référence aux mesures qui diminuent les vulnérabilités qui émergent en conséquence des effets négatifs du changement climatique.

- que tandis que la mitigation est principalement un problème global, l'adaptation est un problème local ou régional, et donc que l'adaptation doit être différente selon les parties du monde ;

- que les pays ou communautés les moins aptes à s'adapter sont les plus vulnérables au changement climatique ;

- que les coûts de l'adaptation seront de 28 à 67 milliards de dollars par an d'ici 2030

- qu'actuellement le Fond pour l'Adaptation, créé à partir d'un impôt sur les projets de Mécanismes de Développement Propre, est estimé à seulement 36 millions de dollars par an seulement, et ne devrait augmenter de moins de 300 millions de dollars par an d'ici 2012. Ainsi, il y a un manque important de financement, puisque le Fonds d'adaptation actuel ne contribuera qu'à 1% des fonds nécessaire pour aider le monde à s'adapter au changement climatique qui à de grandes chances de se produire.

Décidons par la présente :

- que l'adaptation au changement climatique en conjonction au développement durable doivent avoir la même importance que la mitigation lors d'un accord sur le climat pour l'après 2012

- que le financement pour l'adaptation des pays en voie de développement doit être financé majoritairement par les pays développés qui sont responsable de la plus grande partie du changement climatique d'origine humaine ;

- que les pays développés doivent envisager de s'engager dans des financements obligatoires du Fond d'Adaptation basés sur leur possibilités respectives de financement

- que le financement pour les mesures d'adaptation des pays en voie de développement s'ajoute aux aides au développement déjà existantes

 

 

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