Hier c’était Pâques, comme à l’habitude pour cette occasion nos medias ont cessé d’être laïques. Entre deux marronniers sur la chasse aux œufs de Pâques on nous a répété comme une évidence que les valeurs du christianisme c’était la justice, l’amour et le pardon. J’en ai vraiment assez que les religions se présentent comme les garants et les fondements de la morale. C’est exactement le contraire.
L’argument selon lequel seule la peur du châtiment éternel conduirait les humains vers un comportement moral se contredit lui-même, en effet l’acte moral est désintéressé, il ne peut avoir pour mobile la peur où le désir d’une récompense.
Une autre remarque toute simple pourtant si la religion poussait au comportement moral, cela se verrait. Tous les peuples encore très croyants nageraient dans le bonheur produit par l’attention mutuelle et les égards que les uns auraient envers les autres : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même », c’était beau ça, mais ça ne fonctionne pas. En général, plus on est religieux, moins on a de prochains.
Hier tous les medias nous montraient la ferveur des habitants de l’Aquila qui célébraient Pâques sans en vouloir à Dieu. Et ce matin nous apprenions que nombre de bâtiments récents théoriquement construits selon les dernières normes antisismiques se sont écroulés parce que l’on a triché pour faire du fric. Je parie que tous ces promoteurs mafieux vont à la messe le dimanche et communient à Pâques. Peut-être certains d’entre eux se rangeaient-ils parmi les défenseurs acharnés de la « vie » de Luana dans le coma depuis plus de dix ans pendant qu’ils préparaient la mort de centaines de personne pour avoir un peu plus de fric.
En réalité la religion ne combat pas le mal, elle le favorise en le remplaçant par le péché. Le péché c’est une notion fabriquée par les religions pour prendre le pouvoir sur les consciences. Elle empêche de se demander si on fait souffrir, si on met en danger les autres. Et puis, c’est toujours réversible, réversible pour soi-même puisque Dieu et l’Eglise peuvent pardonner, réversible pour les autres puisque même si vous les tuez ils iront au paradis. Ce raisonnement ne vaut d’ailleurs pas seulement pour le meurtre où l’agression physique, il s’applique à bien des domaines. Hier le pape a paraît-il appelé à prendre soin de la planète et à lutter contre ce réchauffement, tant mieux, la Terre n’est plus présentée comme un espace dont l’homme roi peut faire ce qu’il veut, c’est un progrès, mais ce n’est pas très logique, ce que Dieu a fait il peut le refaire.
L’athée lui est forcément modeste, il ne gobe pas les explications du monde farfelues que présentent les religions. En même temps il est conscient de l’océan de choses qu’il ne comprend pas. Il sait seulement que la vie est infiniment rare et fragile et qu’il faut la protéger dans sa valeur et sa diversité.
Le tableau de Caravage « le sacrifice d’Abraham » nous montre un « juste » qui obéit à Dieu, le peintre montre bien toute la révolte du jeune homme à qui on va prendre la vie.