La police nationale et France Loire délogent les migrants

La police nationale et France Loire, bailleur dit "social', ont expulsé, le 15 septembre à 6h du matin, les demandeurs d'asile hébergés dans deux appartements abandonnés occupés depuis début août à Bourges. L'Etat expulse et déloge des personnes qui avaient enfin trouvé un lieu où un semblant de vie normale commençait à éclore.

Publié le 15/09/2017

Ce matin à 6h, la police a expulsé violemment la dizaine de personnes logeant dans les deux appartements occupés aux Dumones à Bourges. Les migrants sont en garde à vue actuellement. Cela intervient alors que le soir même, le CODAC était convié avec la coordination du Berry à rencontrer les services de la cohésion sociale et de la protection de la population à la préfecture. Cela intervient alors que les enfants de 3, 6 et 9 ans logés dans l'appartement avaient fait leur rentrée à l'école voisine, faute d'autre solution.

France Loire a dès le début porté plainte et n'a eu aucun souci réel de la situation des mal logés à Bourges, voulant uniquement vider ces bâtiments promis à la démolition (ou à la réhabilitation comme ils le prétendent aujourd'hui de façon contradictoire). Il faut savoir qu'une famille encore en contrat de bail vit au premier étage de ce bâtiment. Il n'y avait donc aucune urgence, sauf celle de préserver l'ordre inégalitaire et le droit de propriété, pour remettre des gens à la rue. Depuis des mois, quasiment aucune des personnes que l'on fréquente n'a vu de place s'ouvrir en CADA (hébergement adapté). Nous avons rencontré une femme avec un bébé de 3 mois ayant passé 2 nuits à dormir à la gare, puis une nuit à finir par demander un lit aux urgences de l’hôpital alors qu'elle avait passé toute la journée à essayer d'obtenir de l'aide des services adaptés.

Bref, les pouvoirs publics préfèrent la répression au règlement de situations sociales. Les pouvoirs publics protègent le droit de propriété plutôt que la population. Les demandeurs d'asile voient leurs droits humains bafoués. Ils ne sont donc pas considérés comme des humains par l'Etat français.

Nous vous tenons au courant. Vous pouvez nous contacter : codac18@netcourrier.com

Le CODAC

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