Bourges : solidarité avec les migrants délogés, isolés, expulsés

Huit demandeurs d'asile ont été expulsés violemment de leur logement à Bourges par France Loire, bailleur dit "social", et la police nationale. En parallèle, 99 personnes sont entrées dans la machine à expulser mise en place par l'Etat nommée Prahda et installée dans l'ex-hôtel Formule 1 du Subdray. Mobilisons-nous.

Huit personnes hébergées dans deux appartements occupés depuis début août par le Codac ont été expulsées à 6h du matin, vendredi 15 septembre, par France Loire, bailleur dit « social » et la police nationale. Ces huit demandeurs d'asile ont été conduit au commissariat où ils sont restés toute la matinée. Une femme enceinte et ses trois enfants scolarisés ont été pris en charge et logés dans un appartement à Bourges. Un hébergement en Prahda à Orléans a été proposé à deux personnes. Une personne a été envoyée en Centre de rétention administrative à Rennes puis libérée, mais sans solution de logement. Une dernière personne, blessée gravement à la main lors de l'intervention de la police, opérée à Tours le lendemain, est en hébergement d'urgence pour le moment. N'ayant aucune assurance sur le pérennité de ces quelques solutions d'hébergement et constatant tous les jours l'incapacité de l'Etat à loger les demandeurs d'asile qui se retrouvent alors à la rue ou hébergés chez des habitants de Bourges, nous continuerons de nous mobiliser malgré ces expulsions.

Nous tenons également à rendre visible le nouveau programme mis en place par l'Etat nommé Prahda, véritable dispositif visant à faciliter le renvoi des demandeurs d'asile vers leur pays d'entrée en Europe. L'une des succursales de cette machine à expulser a ouvert dans les bâtiments de l'ex-hôtel Formule 1 du Subdray près de Bourges. Aujourd'hui, 99 personnes y sont logées en attente de leurs expulsions sans aide juridique ni information sur leur situation. Ils sont isolés loin de la ville et pour certains sans aucune aide financière leur permettant de prendre le bus ou de subvenir à leurs besoins. Plusieurs d'entre eux sont assignés à résidence et doivent aller signer tous les jours au commissariat de Bourges en attendant le couperet du renvoi hors les frontières.

Nous appelons donc au soutien le plus large possible envers ces populations vulnérables, plus que jamais précarisées par les politiques actuelles. De nombreuses actions seront proposées par le Codac dans les jours à venir.

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