Avec Hiam Abbass,, Karim Daoud Anaya (Yusuf) Jeremy Irons (Haut-Commissaire Sir Arthur Wauchope) Roberto Aramayo, Saleh Bakri, Billie Howle
Présenté dans différents festivals
Présélectionné pour l'Oscar du meilleur film étranger
Palestine, 1936. La grande révolte arabe, destinée à faire émerger un État indépendant, se prépare alors que le territoire est sous mandat britannique.
La réalisatrice palestinienne aborde avec Palestine 36 un épisode de l’histoire de son « pays » moins connu que la Nakba (la catastrophe 1948) : celui du soulèvement des Arabes en 1936 alors que la Palestine est sous mandat britannique. La préparation du film fut très longue (reconstitution, restauration d’un village, construction des véhicules militaires, culture de terres etc.. et au moment où allait commencer le tournage en octobre 2023, tout recommencer …..en Jordanie …mais en novembre 2024 elle parvient à « boucler » en filmant à Jérusalem. Si l’on ajoute les 9 années de recherches, les heures de visionnage des documents d’époque (les Britanniques filmaient tout) Palestine 36 est une entreprise quasi titanesque. Qu’on ne peut éreinter d’un revers de main ou par de prétendus jugements – non argumentés et péremptoires (Se rappeler -et c’est un minimum- les épisodes marquants depuis la fin du XIX° … ou même juste après la première guerre mondiale, les accords de Sykes-Picot, la déclaration Balfour, le mandat britannique, l'implantation de colonies, car précisément le film Palestine 36 « s’enracine dans ce contexte »)
Annemarie Jacir a voulu que les images d’archives (en noir et blanc) soient « colorisées » Insérées dans sa fiction, elles semblent faire partie de ce tout (elles seront repérables au changement de format…) Nous sommes face à une œuvre hybride -où la « petite » histoire, celle de Yusuf s’entremêle à la grande,- celle d’un soulèvement cruellement réprimé, (pour 1 Britannique tué des mesures répressives s’abattent sur tout un village ….ce que fait fera hélas tout pays occupant et colonisateur …)
1936 ce fut la première rébellion de masse contre la règle coloniale, mais hélas déplore la réalisatrice nous continuons à payer le prix fort….
On pourra certes reprocher une forme de démonstration « théâtralisée» (répartition des groupes dans l’espace, diction ou gestique, discours sentencieux appuyés, classicisme de la mise en scène) mais force est de reconnaître que le récit labyrinthique dans ses ramifications (encore que chaque partie soit annoncée par des images d’archives..) aura permis à la cinéaste de « tisser un fil » entre des personnages aux motivations différentes et aux choix d’abord opposés (accepter ou se rebeller, fuir ou rester ) qui -et ce sera la dynamique interne- vont finir par se rejoindre. ( "pluralité" d'un système "choral") De plus la « création » de personnages palestiniens assez composites (à la différence des personnages britanniques non inventés ) , le rôle dévolu aux femmes (la journaliste Khuloud, la mère figure de la résistance au village) et les questionnements individuels ou collectifs résonnent encore aujourd’hui (la course de la gamine et du jeune frère en seraient les prémices....)
Et ce n’est pas pur hasard si le film se clôt sur le son de la cornemuse (instrument qui selon des « spécialistes » serait né au Levant…)