Avec Damien Bonnard (Vincent) Samir Guesmi (Saïd) Mouna Soualem (Nour) Issaka Sawadogo (Ousmane) Sophie Mousel (Delphine) Mounir Fargoun (Farid) Tudor Aaron Istodor (Mihai), Ahmed Abdel Laoui (Ahmed) ,
Festival Venise 2025
Vincent travaille au sein d’une équipe de nuit sur le chantier de Grand Ciel, un nouveau quartier futuriste. Lorsqu’un ouvrier disparaît, Vincent et ses collègues suspectent leur hiérarchie d’avoir dissimulé son accident. Mais bientôt un autre ouvrier disparait.
Emprise vorace du "libéralisme désinhibé", Indifférence collective inhumaine et glaciale !!! c’est ce que dénonce le réalisateur d’origine japonaise vivant en France, dans son premier long métrage Grand Ciel
Voici un groupe de travailleurs casqués qui œuvre de nuit (même en cas de panne d’électricité…) pour la construction d’un vaste et ambitieux quartier novateur baptisé Grand Ciel. Deux ouvriers y incarnent deux forces opposées contradictoires - le collectif et l’individualisme. Saïd (Samir Guesmi) représentant syndical soucieux avant tout de la sécurité, tente d’alerter la hiérarchie sur les disparitions injustifiées d’ouvriers, puis de créer un groupe de soutien, en vain…il sera évincé…Peut-on progresser dans la hiérarchie sans trahir les siens ? Dilemme auquel est confronté Vincent (Damien Bonnard) ouvrier intérimaire nouvellement embauché. Taraudé ( ?) dans un premier temps, mais désireux avant tout de se loger décemment avec sa compagne Nour et son fils, puis promu contremaître il prend sa décision: un geste brusque et des propos comminatoires : prémices à la tragédie, … La maladie du béton armé la RAG qui ronge d’abord les immeubles va s’attaquer aux corps (gros plan sur ces mains contaminées qu’une eau lustrale tente de récurer) jusqu’à les engloutir…mais aussi aux âmes… N’est-ce pas la métaphore d’un « capitalisme désinhibé ?
Les plans format scope, le travail sur la bande son (Carla Pallone) qui « maintient un climat anxiogène », le travail sur la lumière de David Chizallet (les néons, le bleuté, la poussière fantomatique, le corps linceul, opposés aux lumières franches des séquences de jour), la dynamique interne -progression du « réalisme social » vers le fantastique, plutôt que vers l’enquête de type criminelle, faisant ainsi fi du « prévisible », l’espace du sous-sol -6 devenu espace mental, et la construction circulaire -la toute dernière séquence reprend en écho le prologue prouvant si besoin était que l’épisode tragique n’aura été qu’une parenthèse vite oubliée ….–tout cela concourt à transformer ainsi le chantier en monstre dévoreur et par extension le capitalisme qui le sous-tend
Raison suffisante pour ne pas opposer aux choix du réalisateur les arguments/prétextes du réalisme ou du polar
Raison majeure pour ne pas bouder ce film
A ne pas rater!