Colette Lallement-Duchoze

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Billet de blog 26 juin 2013

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Oh boy 24 heures à Berlin

Colette Lallement-Duchoze

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Film de Jan Ole Gerster (2012) 

    Avec Tom  Schilling, Friederike Kempter 

24h d'errance dans Berlin, 24h de flânerie mélancolique (les gros plans sur le visage placide de Tom Schilling/Niko    vaguement désenchanté, accentuent cette impression), tel est le sujet de ce premier long métrage en noir et blanc qui rappelle (c'est un truisme tant cela est évident) la Nouvelle Vague ou    Jarmusch.      

Une atmosphère    mêlée de torpeur d'indolence et d'humour feutré mais aussi de violence contenue, enveloppe la capitale allemande : Niko (le personnage éponyme) n'est plus étudiant au grand dam de son père qui finance ses études, il ne travaille pas, car il "réfléchit depuis 2 ans" , il regarde en spectateur flegmatique Sa vie, et La vie!      

Ses "rencontres"? on  peine à les croire fortuites; traitées formellement tels des sketches, elles sont censées    "aider" le personnage à prendre conscience, à lui dessiller les yeux, bref ne seraient-elles pas initiatiques ? Voici un psy, voici un voisin aussi déjanté que Niko est décalé, mais aussi Judika, une  ex-camarade d'école méconnaissable depuis qu'elle n'est plus en surcharge pondérale mais elle aussi barrée et parfois agressive, et au final un "nostalgique" qui évoque "sa nuit de cristal", entre    autres... Et Niko, attentif aux paroles des autres, en aura écouté des "bavards" (le discours du psy et celui du "théâtreux" sont d'un comique grinçant!)      

Déambulations dans les rues alternent avec pauses dans des cafés (ô la difficulté de boire un café "normal" dans la    capitale!), des lieux de la culture (théâtre) ou des appartements, et c'est un tableau, un microcosme qui se mue en page d'histoire; car parmi les artistes,  les bobos, les paumés, Niko  semble incarner (certes à son insu mais aux yeux du spectateur) une génération un peu déboussolée (la séquence où Judika exhibe son corps sur scène tendrait-elle à "glorifier" les vertus  cathartiques du théâtre?), une génération désœuvrée, qui attend...quoi? Elle ne le sait pas, elle qui n'a pas d'objectif, elle qui n'est engagée dans rien...      

Le miroir comme reflet du sujet (rôle spéculaire) mais aussi comme étape vers la connaissance de soi (rôle initiatique) est    traité avec un peu de "lourdeur"; le floutage sur le personnage secondaire devient vite procédé; l'abus de plongées et contre-plongées! Autant de procédés qui à mon avis altèrent les qualités de ce film!      

Toutefois, sur fond de musique jazzy, voici une image de Berlin LA cinégénique - loin des clichés attendus-; les "murs"    d'aujourd'hui sont couverts de tags; alcool et drogue; recherche de fric; castagnes faciles; pour des éclopés de la vie (la dernière séquence qui correspond à l'ultime rencontre, laisse un goût   amer...à moins qu'elle ne soit le prélude à une prise de conscience...)      

La ville bientôt s'éveille. Esquisse d'une promesse aux couleurs de l'aube? Dévoilement des "énigmes" de la nuit?

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