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Billet de blog 7 mars 2011

Deux élus et une militante de Segi en grève de la faim

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Hendaye, zone des Joncaux, lundi 7 mars, à 16 h 30. Deux élus, Iker Elissalde d'Hendaye et Xabi Irigoien de Briscous, accompagnant Irati Tobar, militante basque espagnole de Segi - mouvement indépendantiste de la jeunesse interdit en Espagne, mais pas en France -, ont annoncé qu'ils entamaient une grève de la faim jusqu'au 19 mars, veille des élections cantonales. A noter que la jeune fille (24 ans) est visée par un mandat d'arrêt européen. Elle est également la seule rescapée des huit membres de Segi, arrêtés la semaine dernière par la police française. Dans de rudes conditions, pour certains d'entre eux, selon les élus qui les accompagnaient lors de leur arrestation (conf. article Médiapart "On s'en fout, petit con").

Les trois grévistes se sont installés dans un local municipal d'Hendaye, situé dans l'immeuble qui abritait les anciens bureaux de l'autoport. Ils étaient accompagnés d'une dizaine d'élus du Pays basque et du conseiller général d'Hendaye, Kotte Ecenarro (PS). Selon Iker Elissalde : "cette grève de la faim fait suite à une série d'épisodes qui se sont succédé depuis décembre dernier. A savoir le mandat d'arrêt européen délivré à l'encontre d'Aurore Martin, pour son appartenance à Batasuna (parti politique indépendantiste interdit en Espagne, mais pas en France). Un mandat d'arrêt européen qui vise une activité politique légale en France. Aurore est entrée en clandestinité pour échapper à sa remise par la justice française à la justice espagnole où elle risque douze ans de prison. Plusieurs élus ont annoncé publiquement leur intention d'héberger Aurore Martin qui, par ailleurs, se présente aux prochaines élections cantonales comme suppléante, sous la bannière d'EH Bai sur le canton de Tardets. S'en est suivie, l'arrestation, plutôt musclée, de sept militants sur huit de Segi, qui avaient investi pendant cinq jours la salle Omnisports d'Ispoure pour dénoncer leur situation (conf. article Médiapart, "Huit jeunes indépendantistes jouent leur va-tout"). Nous demandons à la France et à l'Espagne qu'elles s'engagent à respecter les droits politiques basques, au moment, où un processus démocratique est en train de se mettre en place. Nous demandons à l'Espagne qu'elle légalise le nouveau parti "Sortu"et que la France annule ces mandats d'arrêt européen. Enfin, nous invitons toutes les citoyennes et citoyens à venir à notre rencontre durant notre grève de la faim pour débattre de ces sujets. En particulier sur la torture que subissent ces jeunes en Espagne lorsqu'ils se font arrêter."

Chaîne d'élus

Au Pays basque français, afin d'héberger Irati Tobar, une véritable chaîne d'élus s'est mise en place, à l'image de la chaîne humaine qui a réuni, samedi dernier à Bayonne, quelque 1000 personnes en signe de protestation contre l'application de ces mandats d'arrêt européen. En fait, ce sont une bonne dizaine d'élus du Pays basque, pour la plus grande part des élus abertzale (patriote en langue française), mais aussi du PCF comme Yvette Debarbieux élue à Saint-Jean-de-Luz ou du PS comme le conseiller général Kotte Ecenarro, qui se portent volontaires pour la soustraire aux forces de l'ordre. Ce dernier se dit choqué par la traduction de ce mandat d'arrêt européen dans les faits. Il n'a pas hésité à accompagner Irati Tobar, avec deux autres élus du groupe de gauche hendayais, dans le véhicule qui la transportait de la maison où elle était hébergée à l'endroit où elle a entamé la grève de la faim. Daniel Romestant (Front de gauche du Pays basque), présent à Hendaye, a déclaré pour sa part, avoir dénoncé dès le congrès de Versailles, les dangers de l'application de ce mandat d'arrêt européen : "la justice française examine la forme, pas le fond. Cette législation a harmonisé les procédures de police, pas celles de la justice."

Reste à connaître le sort que réserve la justice à Irati Tobar et Aurore Martin.

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