Chaîne humaine contre le Mandat d'arrêt européen

Samedi 5 mars à Bayonne, à 15 h , le Collectif « Contre le mandat européen » appelle tous celles et ceux qui se sont mobilisés contre l'application du mandat d'arrêt européen à l'encontre d'Aurore Martin, militante basque française, âgée de 31 ans, à former une chaine humaine la plus longue possible. Cette manifestation sera précédée d'un kantaldi (concert), le 26 février, à Cambo, où bon nombre d'artistes se produiront gratuitement en soutien à la militante.
Samedi 5 mars à Bayonne, à 15 h , le Collectif « Contre le mandat européen » appelle tous celles et ceux qui se sont mobilisés contre l'application du mandat d'arrêt européen à l'encontre d'Aurore Martin, militante basque française, âgée de 31 ans, à former une chaine humaine la plus longue possible. Cette manifestation sera précédée d'un kantaldi (concert), le 26 février, à Cambo, où bon nombre d'artistes se produiront gratuitement en soutien à la militante.

Une chaîne humaine qui se formera alors que la militante vit en clandestinité depuis la validation par la Cour d'appel de Pau, le 23 novembre 2010, de la demande d'exécution du mandat européen à sonencontre par la justice espagnole. Et ce, afin de se soustraire à un transfert vers les prisons espagnoles où elle risque douze ans d'enfermement. A l'appui de cette demande d'extradition par le Tribunal central d'Instruction à Madrid (Audience nationale), sa participation au titre de Batasuna, parti autorisé en France, mais interdit en Espagne qui le soupçonne de liens présumés avec l'ETA.

 

« Situation inacceptable »

Au Pays basque français, de nombreuses voix du monde politique et associatif se sont élevées lors de l'annonce de la validation de ce mandat. Des formations politiques nationales comme le PC, PS, NPA, Modem, un conseiller général UMP et le maire de Biarritz, Didier Borotra pour ne citer que ces derniers, ont publiquement demandé la non-application de cette mesure judiciaire. Une motion du Conseil régional d'Aquitaine a également été adoptée « à une très large majorité, toutes sensibilités politiques confondues », le 20 décembre 2010, demandant au gouvernement français « de ne pas procéder à l'exécution de cette extradition ».

L'Association européenne de défense des droits de l'homme, la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme et la Ligue française des droits de l'homme, ont condamné cette procédure « aussi peu respectueuse des droits de la défense et des libertés individuelles. Elle conduit à ce qu'une personne soit poursuivie par les autorités d'un pays européen pour des faits que ses propres autorités nationales ne reconnaissent pas comme illégales. Cette situation est d'autant plus inacceptable que les juridictions espagnoles qui demandent la remise d'Aurore Martin sont des juridictions d'exception. Elles ont été dénoncées par la Cour d'appel de Pau comme ayant cautionné des actes de torture, et, pour cette raison, se sont vues refusées d'autres demandes d'extradition . »

Askatasuna, le Comité de défense aux prisonnières et prisonniers basques, craint pour sa part, que cette mesure fasse jurisprudence. Anaïs Funosas, chargée de communication du collectif explique : « nous menons des débats de fond sur cette question. Car, demain, c'est n'importe quel militant, syndicaliste ...etc, qui peut-être menacé. »

 

Clandestinité

Peu de temps après son entrée en clandestinité, Aurore Martin a annoncé dans un lettre adressée au Journal du Pays Basque, sa candidature comme suppléante sur la liste EH Bai (Euskal Herria Bai - Pays Basque Oui), une coalition des principaux partis autonomistes de la gauche abertzale (patriotes, en langue basque) dans le canton de Tardets. Elle a assuré « faire tout son possible pour participer à la campagne électorale ».

Aurore Martin apparaît comme un symbole au Pays Basque. Hier matin, sur France Bleu Pays Basque, Didier Borotra, sénateur-maire de Biarritz, interviewé sur le cas de Michèle Alliot-Marie et de sa relation avec l'ancien gouvernement Ben Ali, a refusé de se prononcer sur le fait que la ministre des affaires étrangères devait ou non démissionner, mais à réitéré son appel à la justice française en faveur d'Aurore Martin.

L'affaire Aurore Martin éclate au moment où Batasuna, - parti auquel la militante française appartient, légal en France, mais illégal en Espagne depuis 2003, qui le considère comme le bras politique de l'ETA -, a déposé les statuts d'un nouveau parti Sortu (Naître ou Apparaître). Ce nouveau parti selon ses fondateurs « rejette et s'oppose à l'usage de la violence du groupe armé (...) y compris celle de l'ETA. » Batasuna, en créant ce nouveau parti, espère ainsi pouvoir se présenter aux élections locales au Pays basque espagnol en mai.

 

Vérification à la loupe

Les experts de la question basque, à l'annonce de la création de « Sortu » comme Gorka Landaburu, avaient estimé que Batasuna avait pris un « virage » et « qu'il s'agissait d'une avancée importante, car la gauche abertzale (patriote) se prononce aujourd'hui contre toutes les violences y compris celles de l'ETA, ce qu'elle n'avait jamais fait auparavant. » Gorka Larandaburu avait cependant craint « que le gouvernement espagnol ne mette des bâtons dans les roues à ce nouveau parti en demandant à la justice de vérifier à la loupe la légalité de Sortu ».

Hier, mardi 17 février, la police espagnole dans un rapport cité par plusieurs journaux dont El Pais et EL Mundo, a considéré que « Sortu est « au service » del'ETA, alors que ses dirigeant ont pris leurs distances avec la lutte armée et assurent aujourd'hui qu'ils n'ont plus rien à voir avec l'organisationclandestine ». Ce rapport de la police espagnole a été remis au parquet général. Il appartient désormais au tribunal suprême de se prononcer sur la légalité de Sortu.

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