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Billet de blog 21 févr. 2011

Huit jeunes indépendantistes basques jouent leur va-tout

Lundi 21 février, à 10 h 30, huit jeunes indépendantistes basques du sud, ont tenu une conférence de presse, à Ispoure (Pays Basque français), pour dénoncer leur situation. Ces huit jeunes font l'objet de poursuites après avoir échappé à deux rafles de la police espagnole, le 22 octobre et le 16 décembre 2010. Deux opérations policières destinées à arrêter des membres de Segi, mouvement de la jeunesse abertzale interdit en Espagne, mais pas en France, et soupçonné par l'Espagne d'entretenir des liens avec l'organisation terroriste ETA.

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Lundi 21 février, à 10 h 30, huit jeunes indépendantistes basques du sud, ont tenu une conférence de presse, à Ispoure (Pays Basque français), pour dénoncer leur situation. Ces huit jeunes font l'objet de poursuites après avoir échappé à deux rafles de la police espagnole, le 22 octobre et le 16 décembre 2010. Deux opérations policières destinées à arrêter des membres de Segi, mouvement de la jeunesse abertzale interdit en Espagne, mais pas en France, et soupçonné par l'Espagne d'entretenir des liens avec l'organisation terroriste ETA.

Depuis lors, ces huit jeunes gens vivent au Pays basque français. Parmi eux, Alaia Zaldivar, sous le coup d'un mandat d'arrêt européen émis par Madrid et validé par la Cour d'appel de Pau. Alaia Zalvidar a cependant été autorisée à rester en liberté, sous contrôle judiciaire, dans l'attente du résultat du pourvoi en cassation.

Autour de ces huit jeunes militants, une cinquantaine de personnes, membres du Comité de défense et des droits de l'homme Pays basque, du syndicat Solidaires, du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), du syndicat basque LAB, des formations politiques Abertzaleen Batasuna (AB) et Batasuna (parti interdit en Espagne mais, pas en France) ... ect, réunis sous la bannière d'un collectif "Contre le mandat d'arrêt européen". Les objectifs du collectif sont, selon les porte-parole " de mettre en évidence les atteintes aux droits civils et politiques (droit à l'organisation, à l'expression, de réunion, d'opinion) que créent le mandat européen." Francis Charpentier a rappelé le cas "Aurore Martin". Cette jeune basque française (conf. article Médiapart "Chaîne humaine contre le mandat d'arrêt européen") entrée en clandestinité depuis l'application, à son encontre, du mandat européen (1). " L'acceptation du mandat d'arrêt européen à l'encontre d'Aurore Martin, nous place dans une situation nouvelle. Une porte s'est dangereusement ouverte, dangereuse pour les militants basques, mais également pour n'importe quel militant politique ou syndicaliste. L'Etat français a franchi le pas en acceptant la remise d'une militante de nationalité française permettant ainsi que les militants du Pays basque nord apparaissant dans des dossiers traités à Madrid soient inquiétés et, à plus long terme, la société en général."

Au-delà de ces poursuites ou condamnations dont les huit membres présents à Ispoure sont passibles, le Collectif entend dénoncer l'utilisation de la torture. " Dans quasiment tous les cas où l'Audience nationale ( Tribunal suprême espagnol) ordonne des arrestations, la torture est utilisée. C'est pourquoi ces huit jeunes ont écarté l'idée de se présenter devant l'Audience nationale en privilégiant leur sécurité physique et morale. Ils sont tous sous le coup d'un avis de recherche ou/et d'un mandat d'arrêt européen. Nous refusons qu'ils ou qu'elles soient remis aux autorités espagnoles et nous exigeons l'arrêt des poursuites qu'ainsi que celle d'Aurore Martin. Ces personnes sont qualifiées de terroristes simplement parce qu'elles militent dans des partis politiques ou des mouvements pour l'indépendance et le socialisme. Ce ne sont pas leurs actions qui sont jugées, mais leurs idées. Ils ont besoin d'un large soutien parce-qu'ils risquent d'être torturés." A l'appui de cette déclaration, un document a été remis aux journalistes faisant état de témoignages de tortures subis par des militants basques arrêtés en Espagne.

Au final, le collectif "Contre le mandat européen" a annoncé qu'il donnerait durant toute cette semaine des conférences sur la torture, le mandat d'arrêt européen ... ect, et invité le plus grand nombre à rencontrer les jeunes militants à Ispoure. Une mobilisation qui devrait être suivie d'un kantaldi (concert), le 28 février à Cambo et d'une manifestation à Bayonne, le 5 mars. Manifestation qui prendra la forme d'une chaîne humaine en signe de protestation contre l'application du mandat d'arrêt européen. "Au moment où le Pays basque est entré dans un nouveau contexte politique (...) où un processus démocratique pour la résolution du conflit est en train de se dessiner (...) nous avons beaucoup à apporter", ont conclu les membres du collectif.

(1) A noter qu'Aurore Martin, malgré sa clandestinité, se présente comme suppléante aux élections cantonales (E H Bai) à Tardets (Soule).

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