9 février Soirée "Karachi" à Marseille

 

Le monde bouge ce soir-là au sud de la Méditerranée pendant que nous nous efforçons de semer quelques graines de réseau médiapartien à Marseille. Quelques abonnés nous ont rejoints , quelques non abonnés aussi qui n’en pensent pas moins que ça suffit et que pour faire bouger les choses il est indispensable de connaître ces choses. Besoin de savoir, besoin d’agir, besoin de repérer les nœuds de contradiction les plus flagrants de notre régime. Dégoût face à ce flot violent de corruption drapée dans la langue de plomb des oligarchies politiques et médiatiques.

Sous les lustres chaleureux et l’accueil empressé de nos hôtes du Café Equitable, comme si nous étions déjà des amis de vieille date, la préparation de la soirée perturbe à peine la déambulation des habitués d’une table l’autre, petits carrés de cette vie relationnelle intense dont se demande parfois en traversant les villes si elle existe encore en dehors des musées de civilisation ou en-dehors de l’humanité acheteuse collée à son caddie.

L’écran descend d’une poutre, les chaises surgissent du fin fond de la salle, l’ordinateur clignote déjà ses procédures et le verre est déjà sur la table pour trinquer au jus d’abricot à la vigilance citoyenne.

Le cours Julien a vieilli. Il est clair qu’il est sorti depuis longtemps de la case projets des responsables politiques de cette ville. Les quelques superstructures de velléités artistiques bricolées à l’économie n’ont résisté au temps que l’espace d’un matin lointain. C’est dire que le soir sous les lumières terreuses de la ville il n’en reste que des squelettes lépreux où s’imagine sans peine un échange intensif de drogues. Trop loin sans doute d’Euroméditerranée.

En plein milieu du cours Julien ce Café Equitable a pris le relais de la librairie Païdos dans l’animation de la pensée, le plaisir du partage et le plaisir d’être ensemble entre gens qui font encore société. C’est là que nous avons choisi de rencontrer sympathisants présents ou futurs de Médiapart autour de l’affaire Karachi. L’affaire Karachi comme révélateur de l’incertaine distance « avec les régimes corrompus» et des trous noirs de notre république malade. Dictateurs, régimes corrompus, écarts titanesques entre les riches et les pauvres. Avez-vous remarqué comme nos journalistes de grande diffusion parlent bien des aspirations à la liberté... pourvu que ces aspirations circulent sous d’autres cieux ?

Que sait-on de l’affaire Karachi en écoutant ces mêmes médias ? Quinze morts, des ennuis judiciaires pour quelques figures de proue de notre libéralisme… mais encore ! C’est là que commence l’enquête.


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