Collectif d'Européen·ne·s de l'Est
Abonné·e de Mediapart

1 Billets

0 Édition

Billet de blog 1 mars 2022

Collectif d'Européen·ne·s de l'Est
Abonné·e de Mediapart

Nous, Européen·ne·s de l’Est...

Jeunes est-européen.ne.s, nous appelons nos ami·es, concitoyen·nes de l’UE, à se mobiliser à nos côtés pour l’Ukraine. L’Ukraine a besoin de notre soutien, symbolique et matériel, et d’une pression sur les gouvernements occidentaux qui peuvent faire plus pour contrer la Russie. La cause ukrainienne doit désormais devenir la boussole qui guide les choix politiques des citoyen·nes de l’UE.

Collectif d'Européen·ne·s de l'Est
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

La guerre a éclaté en Europe. Nous, qui sommes né.e.s en Europe de l’Est après 1989, dans un monde de paix et de liberté, voyons aujourd’hui se recomposer devant nos yeux nos mémoires familiales. Un empire, qui aurait dû appartenir au passé, réclame par la violence militaire un territoire et un peuple qui ne lui appartiennent point.

La Russie a envahi l’Ukraine. La Russie bombarde des villes ukrainiennes. À Kyïv, Marioupol, Kharkiv, et dans bien d’autres lieux du territoire ukrainien, les victimes, y compris civiles, se comptent déjà en centaines. Poutine est un criminel. Face à lui, l’Ukraine - un État souverain au cœur de l’Europe - se défend avec courage et ténacité.

Il est utile de rappeler ces quelques vérités, car le mensonge s’est avéré une arme clé dans l’arsenal du régime de Poutine. Il a menti pour justifier sa guerre, il ment sur les violences que son armée commet. Il ment au monde et surtout à son propre peuple.

Il n’est pas inutile de rappeler aussi quelques autres vérités. La Russie avait déjà envahi la Géorgie en 2008. Elle a attaqué l’Ukraine en 2014, en annexant la Crimée et en soutenant les séparatistes du Donbass. La guerre qui a sévi depuis dans l’Est du pays a déjà fait 14 000 morts. Les voix d’Europe centrale et orientale s’élevaient à chaque fois contre ces agressions et appelaient à de fermes réactions. Les réactions des Européens de l'Ouest ont toutefois été trop molles, les sanctions n’ont pas suffi et le business as usual a continué, ce dont le gazoduc Nord Stream 2 est un honteux témoignage.

Aujourd’hui, neuf pays de notre région: la Finlande, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie, la Roumanie et la Moldavie sont ceux qui partagent les frontières de la Russie, de la Biélorussie et de l’Ukraine. Cette guerre est à nos portes. Celles et ceux d’entre nous qui vivent en Pologne se démènent, chaque jour et à toutes les heures, pour accueillir des Ukrainien.ne.s qui affluent par milliers. Les services médicaux polonais s’organisent pour accueillir des personnes ukrainophones et russophones, mais aussi non-ukrainiennes qui fuient la guerre. Rechercher un logement, accueillir quelqu’un sous son toit, participer à des collectes d’habits, de médicaments, de produits hygiéniques et de nourriture, participer aux dons de sang pour les blessés et prendre des nouvelles de nos proches ukrainien.ne.s resté.e.s sur place, voilà notre nouveau quotidien. Un quotidien dont le lendemain est fait d’incertitudes, augmentées par la présence de troupes russes à nos propres frontières.

Et si l’Europe de l'Ouest s'unit, sa réaction doit se renforcer davantage, et fédérer l’ensemble de ses gouvernements et de ses sociétés. Surtout, aux yeux de celles et ceux d’entre nous qui vivent en France, la réaction et l’engagement au sein des sociétés occidentales, dont celle française, demeurent trop éloignés. Un rassemblement, jeudi dernier, place de la République à Paris, réunissait surtout des est-européens, venus soutenir l’Ukraine et les Ukrainien.ne.s, ce qui demeure une image forte de cet éloignement.

Cela doit changer. Les Ukrainien.ne.s qui défendent vaillamment leur pays, défendent en réalité toute l’Europe, menacée par une guerre d’envergure et par la puissance d’un empire autoritaire.

Nous appelons donc nos ami.e.s, concitoyen.ne.s de l’UE, à se mobiliser à nos côtés pour l’Ukraine. L’Ukraine a besoin de notre soutien, symbolique et matériel, et d’une pression sur les gouvernements occidentaux qui peuvent faire plus pour contrer la Russie. La cause ukrainienne doit désormais devenir la boussole qui guide les choix politiques des citoyen.ne.s de l’UE.

Du Portugal à l’Estonie et de la Grèce à l’Irlande, les Européen.ne.s doivent agir pour l’Ukraine: il n’est plus temps de préférer des intérêts commerciaux particuliers à la liberté et aux vies des Ukrainien.ne.s, ou de ne pas se sentir concerné par leur combat.

Nous appelons les gouvernements et dirigeants occidentaux à fournir à l’Ukraine les armes dont elle a besoin pour se défendre, ainsi que l’aide médicale et humanitaire nécessaire.

Nous appelons l’UE et ses Etats membres à accueillir sans réserve les réfugié.e.s d’Ukraine, et à prolonger indéfiniment les titres de séjour de celles et ceux résidant déjà sur leurs territoires.

Nous demandons la saisie des biens appartenant aux oligarques russes.

Nous acclamons le blocage annoncé des chaînes de propagande russe en Europe, ainsi que l’exclusion de la Russie du système bancaire Swift.

Nous exprimons notre admiration aux citoyen.ne.s de Russie qui, malgré la censure et la répression, ont le courage de manifester pour la paix. Eux aussi ont besoin aujourd’hui de notre solidarité.

De même, nous affirmons notre plein soutien à la diaspora biélorusse, à la présidente légitime de la Biélorussie, Svetlana Tikhanovskaïa, et aux citoyen.ne.s de Biélorussie qui protestent contre la guerre: ils représentent le vrai visage de leur pays, malmené par un dictateur complice de Poutine.

Cette solidarité, que nous affirmons aujourd’hui avec l’Ukraine et tous ceux qui se battent pour la liberté et pour la paix, est complète et inébranlable. Elle doit s’étendre à l’ensemble de l’Europe et ne peut pas se limiter aux mots. Il est temps que les voix d’Europe centrale et orientale, et surtout les voix des Ukrainien.ne.s eux-mêmes, soient écoutées et guident l’action commune des européen.ne.s. Car Poutine ne sera jamais le tsar des Ukrainien.ne.s, ni le nôtre.

Слава Україні! Героям слава!

Signataires :  

Tymoteusz Skowroński
Artur Kula
Marie Tomaszewski
Eva Tomaszewski
Jan Kucharski
Weronika Binieda
Wiktoria Binieda
Zbigniew Borowski
Elżbieta Orłowska
Milena Sudołowicz
Stefan Jankowski
Maria Skowrońska
Maria Stępień
Klara Orłowska
Barbara Pięta
Tadeusz Kolasiński
Adam Hsakou
Alicja Lelwic
Jan Svoboda

Milena Rach

 Ádám Bozsik

Aneta Kožušníková

Michaela Kožmínová

Mai Anh Le

Hélène Kwasieborski

Kajetan Rościszewski

Julia Skop

Chau Anh Nguyen 

Nastasja Pinkosz

Klara Jogałła

Eleonora Jankowska

Jonasz Jankowski

Kaja Ratajczyk

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Justice
Ce double condamné que Macron envoie représenter la France
À la demande d’Emmanuel Macron, Nicolas Sarkozy a représenté la France, mardi 27 septembre, aux obsèques de l’ancien premier ministre japonais. Le fait que Nicolas Sarkozy ait été condamné deux fois par la justice, notamment pour « corruption », et soit lourdement mis en examen dans l’affaire libyenne, notamment pour « association de malfaiteurs », ne change rien pour l’Élysée.
par Fabrice Arfi et Ilyes Ramdani
Journal — Santé
Accès à l’IVG : des progrès dans la loi, des galères sur le terrain
Alors que le droit à l’avortement est menacé dans le monde, des avancées ont été obtenues en France, dont l’allongement du délai légal. À la veille de la journée mondiale du droit à l’IVG, Mediapart a enquêté sur les freins persistants.
par Alexandre Léchenet et Rozenn Le Saint
Journal
Face à ses juges, l’ex-procureure Houlette se pose en victime d’Éric Dupond-Moretti
L’ancienne patronne du Parquet national financier, Éliane Houlette, qui comparaissait devant la formation disciplinaire du Conseil supérieur de la magistrature, a dénoncé la volonté de certains d’affaiblir cette institution pour des intérêts particuliers.
par Michel Deléan
Journal — France
À Saint-Étienne, le maire se barricade dans son conseil municipal
Pour le premier conseil municipal depuis le début de l’affaire du chantage à la sextape, le maire Gaël Perdriau a éludé les questions de l’opposition. Pendant que, devant l’hôtel de ville, des centaines de manifestants réclamaient sa démission.
par Antton Rouget

La sélection du Club

Billet de blog
Giorgia Meloni et ses post-fascistes Italiens au pouvoir !
À l’opposé de ce qui est arrivé aux autres « messies » (Salvini, Grillo…), Giorgia Meloni et ses Fratelli d’Italia semblent - malheureusement - bien armés pour durer. La situation est donc grave et la menace terrible.
par yorgos mitralias
Billet de blog
Italie : il était une fois l’antifascisme
On peut tergiverser sur le sens de la victoire des Fratelli d'Italia. Entre la revendication d'un héritage fasciste et les propos qui se veulent rassurants sur l'avenir de la démocratie, une page se tourne. La constitution italienne basée sur l'antifascisme est de fait remise en cause.
par Hugues Le Paige
Billet de blog
Trop c’est trop
À tous ceux qui s’étonnent de la montée de l’extrême droite en Europe, il faudrait peut-être rappeler qu’elle ne descend pas du ciel.
par Michel Koutouzis
Billet de blog
Italie, les résultats des élections : triomphe de la droite néofasciste
Une élection marquée par une forte abstention : Le néofasciste FDI-Meloni rafle le gros de l’électorat de Salvini et de Berlusconi pour une large majorité parlementaire des droites. Il est Probable que les droites auront du mal à gouverner, nous pourrions alors avoir une coalition droites et ex-gauche. Analyse des résultats.
par salvatore palidda