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Billet de blog 21 décembre 2025

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Si vous avez manqué l'épisode du 17 décembre 2025

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Photo : Common dreams

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Synthèse de la revue de presse du 17 décembre


Le monde continue sa marche vers l'abîme pendant que les puissants comptent leurs dividendes. À Gaza, Israël déverse 900 000 tonnes de déchets solides sur une population déjà martyrisée par quinze mois de génocide, transformant l'enclave en décharge à ciel ouvert. Les pluies diluviennes ajoutent au chaos, noyant littéralement les survivants dans leurs décombres. Pendant ce temps, après l'attentat de Sydney, la machine propagandiste israélienne et ses relais occidentaux exploitent honteusement quinze morts pour détourner l'attention du massacre systématique qu'elle orchestre depuis plus d'un an.

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En France, le blocage budgétaire vire à la farce institutionnelle. La commission mixte paritaire échoue en trente minutes, renvoyant le pays à une loi spéciale de continuité avant un probable 49-3 début 2026. Chacun joue au jeu du "c'est la faute à qui" pendant que les fermetures d'usines s'accélèrent, que les services publics implosent et que la misère s'étend. Les socialistes de Faure négocient quelques miettes symboliques pour mieux s'abstenir le moment venu, rejouant le scénario Bayrou de la collaboration molle. La colère agricole ne faiblit pas, quoi qu'en disent les médias qui tentent de noyer le poisson. Les campagnes grondent et bloquent les autoroutes contre deux fronts convergents : la crise de la dermatose nodulaire où des éleveurs refusent catégoriquement l'holocauste programmé de leurs troupeaux face à des mesures sanitaires absurdes imposées par une technocratie hors-sol, et la trahison du Mercosur que Macron a menti sur toute la ligne.

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Pendant que le président français fanfaronne en public contre l'accord de libre-échange, sa complice néofasciste Meloni négocie en sous-main avec Lula pour finaliser le deal qui achèvera l'agriculture européenne. 40 000 fermes ont disparu en quatre ans, et le Mercosur n'arrange rien : l'importation massive de viande sud-américaine produite sans normes environnementales ni sociales va parachever la destruction. Les paysans le savent, refusent de crever en silence, et la mobilisation s'intensifie jour après jour malgré le black-out médiatique.


Sur le front médiatique, la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public vire au règlement de comptes orchestré. Le rapporteur d'extrême droite Charles Alloncle, alimenté par les médias Bolloré et leurs enregistrements clandestins, mène une chasse aux sorcières maccarthyste contre des journalistes du service public accusés de "pencher à gauche". La galaxie Bolloré et l'extrême droite parlementaire coordonnent ouvertement leurs attaques : Europe 1 divulgue des conversations privées enregistrées à l'insu de leurs protagonistes, le rapporteur les exploite immédiatement en audition. Cette convergence médiatique des droites révèle la stratégie : masquer les propres violations du pluralisme par les médias privés en accusant le service public des mêmes travers, le tout dans un climat nauséabond d'espionnage et de délation.


Le système éducatif français poursuit son effondrement programmé : les arrêts de travail des enseignants ont bondi de 43% en cinq ans selon la Cour des comptes, 10% des heures de cours ne sont pas remplacées, les inégalités territoriales et sociales explosent. Le projet de budget 2026 aggrave encore le déclassement éducatif avec de nouvelles coupes drastiques. Les AESH, chevilles ouvrières de l'école inclusive, réclament en vain un statut de fonctionnaire face à la précarité généralisée. Dans le même temps, le privé catholique prospère grâce aux financements publics détournés, comme dans le Morbihan où le service public est sacrifié sur l'autel du clientélisme réactionnaire.


L'économie mondiale vacille : le marché bancaire parallèle (shadow banking) atteint 250 000 milliards de dollars sans aucune régulation, préparant la prochaine crise systémique. Les marchés financiers ne tiennent que sous perfusion monétaire pendant que la production réelle s'effondre. En Allemagne, les constructeurs automobiles voient leurs bénéfices chuter de 76%, symptôme d'une crise industrielle européenne profonde. La Chine et l'Asie poursuivent leur rattrapage économique pendant que l'Occident politique s'enfonce dans un déclin assumé, masqué par une fuite en avant militariste : l'Europe prête à déployer une "force multinationale" en Ukraine, le Royaume-Uni appelant sa population à "se préparer à se battre".

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Le rapport sur les inégalités mondiales 2026 confirme la catastrophe : l'explosion des écarts de richesse atteint des sommets historiques pendant que 180 millions d'Américains vivent désormais dans la pauvreté de masse, pulvérisant le mythe du rêve américain. Trump, réélu, impose un blocus total contre le Venezuela et multiplie les menaces contre ses voisins latino-américains, renouant avec les pires heures de l'impérialisme US. Au Chili, l'élection du candidat d'extrême droite José Antonio Kast marque le retour assumé de l'héritage pinochetiste, preuve que le néolibéralisme autoritaire n'a jamais cessé d'être le projet des classes possédantes.


La crise climatique franchit de nouveaux seuils d'irréversibilité : les glaciers mondiaux connaissent un "pic d'extinction" avec 4 000 disparitions annuelles attendues d'ici 2050, les océans ont brutalement changé ces soixante dernières années selon une étude dans Nature, l'Arctique subit une redéfinition complète de l'hiver avec des températures record. En France, la douceur hivernale perturbe profondément faune et flore : marronniers en fleurs, merles qui chantent en décembre. Mais l'Union européenne fait marche arrière sur le moteur thermique sous pression des lobbies automobiles, et détourne 50 milliards d'épargne dite "durable" pour financer l'armement et le génocide à Gaza. Le cynisme atteint des sommets.


Dans les universités françaises, c'est l'agonie : budgets en chute libre, précarisation généralisée,
suppressions de postes en cascade. Le cri d'alarme "Regarde les universités crever" résume une réalité que personne ne veut voir : la destruction méthodique de l'enseignement supérieur public au profit d'une privatisation rampante. Les étudiants étrangers se voient supprimer les APL dans le budget 2026, mesure purement idéologique visant à les chasser du territoire. Le numérique devient un outil de sélection sociale supplémentaire pendant que l'intelligence artificielle inquiète jusqu'à ses propres créateurs : le chercheur Nate Soares à Berkeley prévoit "la fin de l'humanité" et qualifie de "folie" le laisser-faire actuel.


Sur le terrain social, les signaux d'une insurrection larvée se multiplient : le "quiet fighting" dans les entreprises du CAC 40, les grèves qui se généralisent (Louvre fermé, mobilisation intersyndicale des AESH), la défiance montante contre les institutions. À Paris, le nombre de sans-abri dans les campements atteint son plus haut niveau depuis six ans. La population française continue d'augmenter "majoritairement grâce au solde migratoire" selon l'Ined, mais le discours xénophobe prospère pendant que les vrais responsables de la crise - les rentiers, les spéculateurs, les marchands de sommeil – restent impunis. Le pays se terre, éructe, se terre à nouveau, dans une alternance de résignation et de rage qui ne demande qu'à exploser.
Dans le prochain épisode
- Le 49-3 de Lecornu sera-t-il finalement dégainé début janvier pour imposer le budget du mépris social, et les socialistes oseront-ils cette fois appuyer sur le bouton de la censure ou se coucheront-ils une nouvelle fois ?
- La révolte paysanne qui enfle jour après jour trouvera-t-elle les mots et les formes pour converger
avec les autres luttes sociales - enseignants, soignants, travailleurs précaires - ou restera-t-elle isolée dans le piège corporatiste que lui tendent médias et politiciens ?

- Les autoroutes bloquées tiendront- elles face à la répression programmée, et les éleveurs continueront-ils de refuser l'abattage massif de leurs troupeaux malgré les menaces préfectorales ?

- Le double jeu de Macron sur le Mercosur - mensonges publics pendant que Meloni négocie dans l'ombre avec Lula - finira-t-il par éclater au grand jour, et quelle sera la réaction des campagnes quand la trahison sera consommée ?

- Les 40 000 fermes disparues en quatre ans ne sont-elles que le début d'une hécatombe organisée, et à quel moment la destruction programmée de l'agriculture paysanne provoquera-t-elle un soulèvement général des territoires ?
- La commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public franchira-t-elle un nouveau cap dans l'ignominie, et les médias Bolloré oseront-ils publier l'intégralité de leurs enregistrements clandestins maintenant qu'ils ont testé l'impunité ?

- Le rapporteur Alloncle survivra-t-il à ses mensonges avérés sur le "constat d'huissier mystère", ou l'institution parlementaire est-elle désormais tellement discréditée que plus rien n'a d'importance ?
- Gaza continuera-t-elle de crever sous les bombes et les déchets pendant que le monde détourne le regard, et combien de temps encore avant que l'accumulation de crimes de guerre ne provoque un basculement international ?

- Trump tiendra-t-il ses promesses de blocus total contre le Venezuela et de déportations massives de la communauté somalienne, inaugurant une nouvelle ère d'impérialisme décomplexé ?
- Les glaciers poursuivront-ils leur extinction de masse pendant que l'Europe renonce à ses objectifs
climatiques sous pression des lobbies, et à quel moment l'effondrement écologique cessera-t-il d'être une menace future pour devenir une réalité quotidienne insupportable ?

- Les universités françaises survivront- elles à l'hiver, et combien d'enseignants supplémentaires craqueront avant que l'État ne soit contraint d'admettre qu'il a méthodiquement détruit le système éducatif ?
- Le pays tiendra-t-il encore longtemps dans cette tension insoutenable entre une minorité qui festoie et une majorité qui compte ses centimes, ou le prochain épisode sera-t-il celui où quelque chose lâche enfin ?
- Les barrages qui se multiplient dans les campagnes sont-ils l'étincelle qui manquait pour embraser
un pays à bout de souffle ? Rendez-vous le 21 décembre 2025 pour le savoir - si tant est qu'il reste
quelque chose à sauver d'ici là.

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