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Billet de blog 12 oct. 2020

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Harcèlement sexuel à McDonald's: le collectif McDroits demande la fin de l'impunité

Le collectif McDroits, constitué de salarié.es de McDonald’s pour lutter contre le harcèlement et les discriminations, a lancé en août 2020 un appel à témoins auprès de travailleurs.ses de la chaine. En à peine deux mois, ce sont déjà plus de 40 témoignages accablants qui ont été récoltés. En les révélant, le collectif dénonce la culture systémique de harcèlement du groupe qui ne réagit jamais.

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Dans toute la France, harcèlement au menu

Isolé.e.s, certain.e.s de ces salarié.e.s que l’on entend peu, ont décidé de rompre le silence et partager leurs épreuves avec le collectif McDroits. En seulement deux mois, nous avons répertorié plus d’une quarantaine de témoignages accablants de comportements racistes, sexistes, de cas d’agressions et de harcèlement sexuel et moral, jamais sanctionnés.

Ces témoignages, que nous révélerons au cours des jours à venir, nous ont permis de mieux comprendre le « système McDo » : d’abord, un sexisme bien installé dans l’entreprise qui choisit d’envoyer les femmes à la caisse et de mettre les hommes en cuisine. A McDo, on vend des sandwichs mais visiblement on vend aussi l’apparence physique des salariées femmes, qui sont parfois obligées de porter la jupe et réprimandées si elles ne se maquillent pas, ou bien à qui on dit que si elles ont obtenu ce poste d’hôtesse, c’est uniquement grâce à leur forte poitrine.

A McDo, vos supérieurs répètent souvent que l’on est « une grande famille ». Une grande famille qui est un terreau fertile au harcèlement sexuel : plusieurs salariées témoignent de remarques à connotation sexuelle, d’invitations à sortir répétées, provenant généralement de leur supérieur hiérarchique. Des faits qui peuvent aller jusqu’à des attouchements ou des agressions sexuelles.

« Venez comme vous êtes », vraiment ?

L’image de McDonald’s est construite sur l’idée qu’on y accueille tout le monde et qu’il est possible de vite évoluer à des postes à responsabilité, peu importe qui l’on est. Ce n’est pas ce qui ressort des témoignages que nous avons reçu : plusieurs salarié-es indiquent être victimes de discriminations, notamment homophobes et racistes.

Des remarques quotidiennes faites « pour rigoler » sur notre orientation sexuelle ; être assignée à la même tâche peu valorisée tous les jours parce qu’on est noir.e ; rester bloqué.e des années au poste d’équipier.e parce qu’on est gros.se et qu’on « ne présente pas bien » ; être poussée à la démission parce qu’on est enceinte : c’est ça le quotidien des salarié-es McDonald’s.

Stop à l’impunité : la direction doit prendre des mesures

En France, les victimes qui osent dénoncer ces pratiques font souvent face à l’indifférence, la raillerie ou à des représailles de la part de leurs supérieurs hiérarchiques. Malgré des alertes répétées de la part des employé.e.s, plaintes auprès des directions de restaurants et directions de franchises pendant des années, McDonalds ferme les yeux sur le harcèlement et les discriminations dans son enseigne. 

Pour calibrer la taille des frites ou choisir la couleur du logo dans ses franchises, McDonald’s France est intransigeant. Mais pour établir une politique de lutte contre les agressions, harcèlements et discriminations des employé.es, plus personne. La direction de McDonald’s ne peut de façon permanente reporter la faute sur le système de franchises.

Pour que ces situations cessent, nous, rassemblé.es dans le collectif McDroits, demandons :

  • Une cellule d’écoute et de lutte contre les violences sexistes et une assistance psychologique.
  • La formation du personnel encadrant et dirigeant aux questions de sexisme, homophobie, racisme et discriminations.
  • Une personne référente compétente, formée et avec des moyens, sur les problèmes de harcèlement et de discrimination dans chaque restaurant.
  • Un système de sanctions transparent.
  • Un système d’évolution juste et transparent, calqué sur l’ancienneté et non sur l’apparence physique. 
  • La fin de la discrimination à l’embauche des femmes voilées.
  • Le droit pour les personnes trans d’utiliser leur prénom d’usage.
  • Une tenue similaire pour tou.te.s / pas d’obligation du port de la jupe pour les hôtesses d’accueil.

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