RTT : Einstein avait raison !

Comme tous les mardis depuis le 14 mai, le Collectif Roosevelt 2012 sera le 11 juin devant l'Assemblée Nationale pour « réveiller les députés » et les pousser à l'audace pour lutter contre le chômage. Après avoir montré comment on peut éviter l'austérité,après avoir montré comment on pouvait créer de nouvelles activités massivement créatrices d'emploi, on parlera ce mardi d'un nouveau partage des gains de productivité et du temps de travail.

Comme tous les mardis depuis le 14 mai, le Collectif Roosevelt 2012 sera le 11 juin devant l'Assemblée Nationale pour « réveiller les députés » et les pousser à l'audace pour lutter contre le chômage. Après avoir montré comment on peut éviter l'austérité,après avoir montré comment on pouvait créer de nouvelles activités massivement créatrices d'emploi, on parlera ce mardi d'un nouveau partage des gains de productivité et du temps de travail.

 

Albert Einstein - DR © Associated Press Albert Einstein - DR © Associated Press

 

En 1933, Albert Einstein expliquait que la cause fondamentale de la crise de 1929 venait d'un mauvais partage des gains de productivité réalisés grâce aux nouvelles organisations du travail mises en place par Taylor et Ford. Que dirait-il aujourd'hui alors que, depuis 40 ans, grâce aux robots, aux ordinateurs et à la formation, nous avons réalisés des gains de productivité colossaux ?

Le partage du travail actuel (d'un côté des millions de salariés à temps plein dont la durée réelle du travail reste supérieure à 39 heures par semaine et, de l'autre, des millions de chômeurs à 0 heure) est-il le seul possible ? Non. Evidemment.

Un autre partage du travail et des revenus est possible. Venez en débattre avec Dominique MEDA, sociologue, Zalie MANSOIBOU, porte-parole du MNCP, Jean-Marie PERBOST, économiste, des chefs d'entreprise pro-RTT, Rémi DEMMERSSEMAN-PRADEL et Pierre LERAY, et l'économiste Pierre LARROUTUROU.

Entre 1900 et 1970, on a divisé par deux le temps de travail : on est passé de 7 jours de travail à 6, puis de 6 jours à 5. Quant à la journée de travail, elle est passée de 12 heures à 8. Les salariés ont progressivement gagné 5 semaines de vacances. En 70 ans, alors que la productivité augmentait assez peu par rapport à aujourd’hui, on a divisé par 2 le temps de travail.

La révolution de la productivité  © Collectif Roosevelt La révolution de la productivité © Collectif Roosevelt

Depuis le début des années 1960, notre productivité a fait des bonds de géants : elle a été multipliée par 5. Nous sommes en train de vivre une révolution telle que l’humanité n’en a jamais connue. C’est ainsi que depuis 1960, notre économie a besoin de 10 % de travail en moins. Or dans le même temps, le nombre de personnes disponibles pour travailler a augmenté de 23 %. Un écart de 33 % s’est ainsi creusé entre l’offre et la demande de travail.

Nous ne nous sommes pas adaptés à ces évolutions. Notre contrat social est en panne : la durée moyenne de travail hebdomadaire n’a pas bougé depuis 30 ans, la durée réelle d’un temps plein est de 38 heures.

Ainsi s’explique le chômage de masse. On a besoin de moins de travail humain, alors qu’il y a plus de travailleurs. Il existe aujourd’hui une faille dans notre société : d’un côté, il y a celles qui font 0 heures par semaine car ils sont au chômage ; de l’autre, il y a ceux qui travaillent plein pot (et parfois trop). Et au milieu, il y a toutes celles et ceux qui galèrent avec des petits boulots à temps partiel, sur la semaine ou sur l’année.

Il faut réfléchir à un nouveau partage du travail, tout au long de la vie, pour garantir un revenu décent et une dignité sociale à tous.  En 1995, le rapport Boissonnat, rédigé à la demande d'Edouard Balladur, affirmait qu'il fallait réduire de 20 a 25 % le temps de travail d'ici à 2015. Nous sommes bientyôt en 2015 et la durée d'un temps plein est toujours supèrieure à 39 heures....

Le Monde - 6 octobre 1995 - RTT © Collectif Roosevelt Le Monde - 6 octobre 1995 - RTT © Collectif Roosevelt

Si nous travaillions tous moins, nous pourrions être beaucoup plus nombreux à travailler . Passer à 32 heures sur 4 jours permettrait de créer au minimum 1,6 millions d’emplois. Cela permettrait à ceux qui travaillent trop de reconstituer une vie familiale et une vie privée.

Il est urgent d'ouvrir une nouvelle négociation sur ce sujet. Venez en débattre avec nous ! Rendez-vous ce mardi à 18h30 place Edouard Herriot.

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