Réveillons l'Assemblée: le 21 mai, refuser l'austérité!

 

le 21 mai 2013, réveillons l'Assemblée ! © Collectif Roosevelt le 21 mai 2013, réveillons l'Assemblée ! © Collectif Roosevelt
« La République, c’est la confiance et l’audace, affirmait Edwy PLENEL mardi dernier devant l’Assemblée nationale en citant le grand JAURÈS. Mesdames et messieurs les parlementaires, vous n’êtes pas prisonniers d’un parti. Emparez-vous des solutions que propose le collectif Roosevelt depuis un an. Vous avez déjà trop attendu. S’il y a de la défiance en ce moment, c’est parce qu’il y a eu trop de prudence, trop d’attente, trop de temps perdu. S’il y avait eu l’audace, il y aurait plus de confiance aujourd’hui dans le pays. »

Comme tous les mardis jusqu’au 15 juin, le collectif Roosevelt sera mardi 21 mai devant l’Assemblée nationale, de 18h30 à 20h30, pour pousser les députés à l’audace, les réveiller, les mettre face à leurs responsabilités. En présence de Pierre LARROUTUROU, Emmanuel POILANE, Bruno GACCIO, Claude POSTERNAK, Christian CAUVIN (professeur d’économie à HEC), Olivier BERRUYER, Valentine UMANSKY (Génération Précaire), Zalie MANSOIBOU (MNCP) et d’autres intervenants, il sera cette fois question de refuser l’austérité et de prouver aux députés qu’il est possible de réduire les déficits sans austérité


Même le FMI l’admet aujourd’hui, l’austérité ne fait qu’aggraver les problèmes. Pourtant, les gouvernements semblent s’y résigner et beaucoup pensent qu’il n’y a pas d’alternative crédible. Nous pensons au contraire qu’il est tout à fait possible de sortir de l’impasse sans pour autant laisser filer les déficits : il est possible de donner de l’oxygène à nos finances publiques sans provoquer une crise européenne et une crise financière. Comment ? Le Collectif Roosevelt apporte 3 solutions concrètes.


1. Court-circuiter les banques privées pour financer les dettes publiques

Est-il normal que les États payent 6 à 7 fois plus cher que les banques privées ? La Banque Centrale Européenne a prêté 1.000 milliards d’euros aux banques au taux de 1 %. Au même moment, les peuples d’Europe subissent des plans d’austérité car les marchés prêtent à certains États à des taux de 6, 7 à 11 %. Est-il normal qu’en cas de crise, les banques privées puissent bénéficier de taux à 1% mais qu’en cas de crise, les États soient obligés de payer des taux bien plus élevés ? Non ! Ce « deux poids deux mesures » est économiquement dramatique et inacceptable socialement !

Faire payer des taux d’intérêt colossaux pour des dettes accumulées il y a cinq ou dix ans n’aide pas à responsabiliser les gouvernements mais ne fait qu’asphyxier nos économies au profit de quelques banques privées ! En nous inspirant de ce qu’ont fait les Banques centrales pour sauver le système financier, nous proposons que la « vieille dette » de nos États puisse être refinancée à des taux proches de 0 %.

Il n’est pas besoin de modifier les traités européens pour mettre en œuvre cette idée : la BCE peut prêter aux organismes publics de crédit (article 21.3 du statut du système européen des Banques centrales), elle peut donc prêter à 1 % à la Banque Européenne d’Investissement ou à une banque publique nationale qui, en retour, peuvent prêter à 1,1 % aux États. Rien n’empêche de mettre en place de tels financements dès le mois prochain ! Cela changerait radicalement la situation pour la Grèce, l’Italie et l’Espagne et cela ferait gagner plus de 10 milliards chaque année à la France comme à l’Allemagne.

2. Pour mettre fin au dumping fiscal, créer un impôt européen sur les dividendes

Depuis l’adhésion de l’Irlande et de la Grande-Bretagne, en 1973, tous les Etats sont poussés au moins-disant fiscal par les États qui baissent leur impôt sur les bénéfices pour attirer les entreprises. L’Irlande a baissé son taux à 12 % et tous les États membres ont dû baisser leur impôt sur les bénéfices…

Evolution de l'impôt sur les bénéfices en Zone Euro © Collectif Roosevelt Evolution de l'impôt sur les bénéfices en Zone Euro © Collectif Roosevelt


Le taux d’impôt sur les bénéfices des entreprises n’est que de 25 % en moyenne en Europe contre 40 % aux États-Unis. C’est le monde à l’envers !

Ce dumping fiscal est l’une des causes de l’endettement public. Jamais il n’y a eu autant de bénéfices mais jamais l’impôt sur les bénéfices n’a été aussi faible !

La dernière fois qu’on a connu un tel dumping fiscal, c’était aux États-Unis dans les années 1920 : le Texas baissait ses impôts pour attirer les entreprises. Puis la Floride baissait ses impôts… Dès qu’il arrive au pouvoir, Roosevelt met fin au cercle vicieux en créant un impôt fédéral sur les bénéfices. Il rend ainsi impossible le dumping entre États voisins. En 2013, il faut faire la même chose au niveau européen en créant un impôt européen sur les bénéfices.

On peut créer un impôt sur les dividendes, puisque c’est l’impôt sur les bénéfices qui a fortement diminué depuis vingt ans. Une écotaxe permettrait également de renforcer les ressources propres de l’Europe, tout en incitant les entreprises à diminuer leur consommation d’énergie. L’idée de créer un impôt européen avait déjà été avancée par Jacques Delors dans les années 1980. Après presque trente ans de réflexion, n’est-il pas urgent de passer à l’action ?

De plus, si le budget européen était financé par un impôt européen, les 21 milliards que la France paie chaque année pour financer le budget européen resteraient dans les caisses de Bercy. C’est 21 milliards de marge de manœuvre de plus pour notre pays par an !

3. Lutter radicalement contre les paradis fiscaux

La fuite vers les paradis fiscaux provoque chaque année un manque à gagner de 40 milliards –au moins- pour le budget de notre pays. Plutôt que d’imposer aux peuples des plans d’austérité qui aggravent la crise, nous devons déclarer la guerre aux paradis fiscaux :

  • En boycottant les entreprises ayant des filiales dans ces paradis fiscaux : plus aucune commande publique à une entreprise (banques, entreprise de travaux publics, fournisseurs de systèmes informatiques…) qui utilise les paradis fiscaux pour échapper aux impôts qui financent l’école, la santé, la police ou les retraites. Cette règle doit être inscrite sans tarder dans le code des marchés publics.
  • En votant une loi semblable à la loi FATCA votée aux USA à la demande de Barack OBAMA. Cette loi oblige les banques à être totalement transparentes sur tous les flux financiers concernant leurs clients sous peine de très lourdes sanctions. Si les Etats-Unis l’ont fait, pourquoi pas nous ?

Bonne nouvelle donc, il n’y a pas besoin d’austérité pour retrouver l’équilibre des finances publiques.

« Il n’y a pas de fatalité à la crise pour peu qu’on ait l’énergie pour trouver des solutions afin de la surmonter », expliquait Laurent MAUDUIT mardi soir. Venez nombreux devant l’Assemblée nationale donner aux députés de l’énergie et du courage ! Rendez-vous tous les mardis de 18h30 à 20h30 place Edouard Herriot, juste derrière l’Assemblée.

 


Roosevelt 2012 : 15 solutions concrètes et déjà plus de 100 000 citoyens engagés

Créé en janvier 2012 à l’initiative de Stéphane HESSEL, Edgar MORIN, Cynthia FLEURY, Pierre LARROUTUROU, Susan GEORGE, Bruno GACCIO, Patrick VIVERET, Emmanuel POILANE, Michel ROCARD, Gaël GIRAUD, Olivier BERRUYER, Dominique MEDA, Curtis ROOSEVELT et bien d’autres, le collectif Roosevelt 2012 propose 15 réformes, concrètes et financées, pour sortir de la crise en posant les bases d’un nouveau modèle de société.

En un an, ce mouvement a réuni plus de 100.000 signataires. 50 groupes locaux sont déjà constitués en France et des antennes ouvrent à présent dans d'autres pays européens (Belgique, Espagne, Grèce...).  www.Roosevelt2012.fr

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.