Appel du collectif pédopsychiatrie du 19ème en lutte

Appel du collectif pédopsychiatrie du 19ème en lutte. Nous, soignantes et soignants de la pédopsychiatrie publique du 19ème arrondissement de Paris, sommes de nouveau en grève. Cela fait plusieurs années que la pédopsychiatrie connaît de graves attaques idéologiques et financières de la part des pouvoirs politiques, mettant à mal notre capacité à répondre à nos missions.

APPEL DU COLLECTIF PEDOPSYCHIATRIE DU 19ème EN LUTTE

Grève et manifestation festive le 17 avril

Rendez-vous à 09h30 au 114 av de Flandre 19e

Nous, soignantes et soignants de la pédopsychiatrie publique du 19ème arrondissement de Paris, sommes de nouveau en grève. Cela fait plusieurs années que la pédopsychiatrie connaît de graves attaques idéologiques et financières de la part des pouvoirs politiques en matière de Santé Publique, mettant à mal notre capacité à répondre à nos missions. Nous avons décidé de nous mettre en grève et d’organiser une manifestation festive pour défendre notre secteur, notre éthique de travail et notre attachement au service public. Cette journée se construit également en lien avec les semaines de la folie ordinaire et le printemps pour la psychiatrie.

Ce que nous dénonçons :

  • Un hôpital-entreprise débouchant sur une fusion des hôpitaux psychiatriques parisiens[1] dans des logiques purement gestionnaires.
  • Du temps soignant perdu à remplir des actes sur un logiciel de traçage conçu par des gestionnaires dans un but comptable.
  • Une nouvelle organisation du temps de travail incompatible avec les réalités du terrain passée en force (diminution du nombre de consultations, suppression de temps de réflexion, travail avec les partenaires institutionnels rendu difficile, suppression de RTT, …).
  • L’explosion des demandes de soins sans moyen supplémentaire, 22% en 15 ans avec une augmentation des situations complexes (voir le rapport de l’IGAS [2]).
  • Les listes d’attente qui augmentent avec des enfants et adolescents qui attendent depuis plus de 12 mois pour être suivis sur le service (de 100 à 300 demandes)
  • Une baisse des budgets de formation de 50% soit 11000 euros supprimés en 2016.
  • Des techniques de management brutales qui mettent à mal le personnel et la dimension collective de notre travail.
  • Une pression de la direction pour nous imposer la gestion de notre budget de secteur via notre association de santé mentale, opérant ainsi un glissement certain vers la privatisation de nos activités thérapeutiques.   

Ce que nous défendons et revendiquons :

  • Des moyens humains et matériels à la hauteur des besoins de la population en doublant les effectifs médicaux et non médicaux (éducateur, infirmier, orthophoniste, secrétaire, …)
  • Des locaux adaptés pour un accueil digne des patients.
  • Une hausse des budgets des activités thérapeutiques et des séjours thérapeutiques pour soigner enfants et adolescents dans de bonnes conditions de l’ordre de 20000€ supplémentaires.
  • Des moyens de formations à hauteur des besoins des professionnels soit 25000€ / an.
  • Un temps de réflexion clinique indispensable qui garantit un travail thérapeutique de qualité et du temps pour le travail de réseau avec les partenaires de l’enfance (école, collège, ASE, PMI, etc., …)
  • L’arrêt de la nouvelle organisation du temps de travail.
  • Une liberté dans le choix de nos références théorico-cliniques et de nos pratiques sans qu’elles soient dictées par des politiques gestionnaires ainsi que par la Haute Autorité de Santé.
  • Une garantie du maintien et du fonctionnement des associations de santé mentale qui financent des actions auprès des enfants et des familles avec du personnel soignant.
  • Une politique de secteur de proximité (un secteur pour 200.000 habitants au maximum).

[1] Intégré au Groupement Hospitalier Universitaire Sainte Anne psychiatrie et neuroscience depuis janvier 2019 sans aucune réelle concertation avec le personnel. Regroupement de 5 hôpitaux : Perray Vaucluse, Saint Anne, Maison Blanche, ASM13, Saint Maurice. Ces groupements hospitaliers naissent partout sur le territoire. Cette politique de la sante devrai permettre à l’état d’effectuer 22 milliards d’économies.

[2] www.igas.gouv.fr/IMG/pdf/IGAS2018-005R_version_sept.pdf.

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