Appel à la grève des personnels de santé à Hong Kong

Le 1er février, 3156 membres du personnel d'hôpitaux hongkongais ont voté en faveur d’une grève à laquelle participeraient plus que 9000 membres du personnel d'hôpitaux, annonce le Hospital Authority Employees Alliance, syndicat des médecins et des infirmières hongkongais.

Pour protéger Hong Kong contre le coronavirus et condamner l’indifférence de Carrie Lam et ses ministres, nous soutenons cette grève, qui aura lieu à partir du 3 février jusqu'à ce que le gouvernement de Hong Kong:

  1. Ferme complètement la frontière entre Hong Kong et la Chine aux visiteurs
  2. Fournit aux personnels de santé des combinaisons Hazmat en qualité et quantité suffisante.
  3. Met en pause tous les services non-urgents pour la mise en place d'installations d'isolement.
  4. S'engage à ne pas prendre de mesures de représailles contre les grévistes.

Voici les explications pour chaque revendication:

  1. La fermeture complète de la frontière entre Hong Kong et la Chine n’est une décision ni politique ni raciste.  Depuis ces jours derniers, la capacité du système médical sur le point d'être épuisée, avec une surcharge de 123% dans un des hôpitaux proches de la frontière. Tentés par la meilleure qualité des soins à Hong Kong, si des Chinois continuent à venir, le système médical sera surchargé, des patients seront refusés, tout le monde se risqueront à la contamination. Soutenus par des scientifiques de premier plan tels que Dr. Ho Pak-leung, c’est une décision scientifique, urgente et nécessaire.
    Actuellement, le gouvernement hongkongais n’a fermé que 6 de ses 14 points de passage, mais cela ne couvre que 11% d'afflux de voyageurs venant de la Chine, comme l'indique le média médical Medical Inspire. En même temps, d’autres pays voisins, telle que Singapour, Taiwan, la Russie, l’Australie, ont déjà pris des mesures plus strictes contrôlant l’entrée de voyageurs venant de la Chine.

    Nombre de visiteurs qui sont entrés Hong Kong © Comité pour la liberté à Hong Kong Nombre de visiteurs qui sont entrés Hong Kong © Comité pour la liberté à Hong Kong

  2. En 2003, SRAS avait tué 8 membres du personnel d'hôpitaux hongkongais. On ne veut plus perdre aucun membre du personnel d'hôpitaux cette fois-ci. En ce moment, des personnels de santé sont fournis de masques FFP1 de qualité non-suffisante dans certains hôpitaux. Pour le citoyen normal, le niveau de protection FFP1 est suffisant, parce que les masques FFP1 peut filtrer au moins 80% d’aérosols. Par contre, les personnels de santé travaillent pendant longtemps tous les jours dans les hôpitaux où la densité du coronavirus dans l’air est vraisemblablement plus élevée.
    A part des masques chirurgicaux, il faut aussi fournir aux hôpitaux plus de soutien en termes de ressources médicales, celles-ci étant insuffisantes face à l'afflux de malades. Il y a eu aussi des tentatives de fuite par des patients suspectés du coronavirus, mettant tout l’hôpital en danger. Il y en a aussi qui ont menti dans leurs auto-déclarations, signalant qu'ils ne sont pas de Wuhan. 

  3. Une pause des services non-urgents permet une augmentation de la capacité des hôpitaux en cas d’une poussée de nombre de contaminés, ce qui est malheureusement probable, comme l’estime Dr. Yuen Kwok-yung, expert en maladies infectieuses de l’Université de Hong Kong

  4. On dénonce tous les représailles contre les grévistes. Face à cette crise qui s’approche, on est solidaire de tout le personnel d'hôpitaux hongkongais.

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