Lettre ouverte au Président de la République

Appelant à la condamnation de l'imposition par la Chine de la Loi sur la Sécurité Nationale à Hong Kong

M. le Président, 

Nous sommes un groupe de Hongkongais résidants en France. Nous vous écrivons au sujet de l'imposition de la Loi sur la Sécurité Nationale à Hong Kong par l’Assemblée Nationale Populaire, le parlement Chinois, ce qui contourne la propre législature de Hong Kong. Inquiets de l'évaporation des libertés à Hong Kong, nous espérons que vous, en tenant compte des valeurs qu'incarnent la République Française et l'Union Européenne, prenez fermement position contre ladite action de la Chine. 

La Loi sur la Sécurité Nationale interdit ce que le régime chinois considère comme des actes de trahison, de sécession, de sédition et de subversion. Sur la base de ces accusations ont été détenus arbitrairement, parmi d’autres, des groupes ethniques et religieux comme des Ouïghours, d'autres minorités musulmanes et des Tibétaines, ainsi que des dissidents politiques tels que le regretté lauréat du Prix Nobel de la Paix Liu Xiaobo et l'avocat des droits de l'homme Wang Quanzhang. Nous vous rappelons qu’au cours des dernières années, le Quai d'Orsay a exprimé ses préoccupations auxdites personnes et groupes ethniques et religieux. Il faut ajouter aussi que la Loi prévoit le déploiement des forces de sécurité de la Chine continentale à Hong Kong. 

La Loi sur la Sécurité Nationale met donc en péril les droits et les libertés civils stipulés dans la Déclaration Conjointe Sino-Britannique de 1984 (en particulier l’annexe I, point XIII) et la Loi Fondamentale de Hong Kong (en particulier le chapitre III), créée sur la base de ladite 

Déclaration, ainsi que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), dont Hong Kong est signataire. Contournant les propres processus législatifs de Hong Kong et ignorant la volonté des Hongkongais, l'imposition de la loi contrevient également au principe du Haut Degré d'Autonomie, dont la France et l'UE ont souligné à maintes reprises l'importance. 

Non seulement l'imposition de la Loi est-elle une menace des droits et des libertés civils à Hong Kong, mais aussi une violation de deux traités internationaux enregistrés auprès de l'ONU, à savoir les susmentionnés Déclaration Conjointe Sino-Britannique et PIDCP. Cela suggère, tout comme les récentes opérations de camouflage de la Chine liés à la gravité du COVID-19, que la Chine n’est pas un partenaire fiable tel qu'elle prétend l'être, mais plutôt une menace à l’ordre international fondé sur des règles. Nous appelons donc la France à : 

  • condamner l’imposition par la Chine de la Loi sur la Sécurité Nationale à Hong Kong; 
  • imposer des sanctions aux individus impliqués dans des atteintes aux libertés et droits civils à Hong Kong; 
  • engager la question au niveau Européen dans le développement d'une politique européenne commune en matière de libertés et de droits civils à Hong Kong. 

Nous espérons que la République française pourra être à la hauteur des valeurs sur lesquelles elle a été fondée, et que malgré l'hégémonie de la Chine, la France et ses partenaires européens, travaillant étroitement avec d’autres pays d'Occident comme le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et les États-Unis, parleront pour Hong Kong.

Comité pour la liberté à Hongkong

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