Opération anti-terrorisme sur le plateau de Millevache et prés de Limoges

Récit synthétique des arrestations anti-terroristes du mardi 15 juin 2021: 3 personnes arrêtées.

Ce matin à 6h, un nombre conséquent de policiers (dont plusieurs armés
et cagoulés) est intervenu au Mont de Gentioux pour interpeller une
femme d'une soixantaine d'années. La convocation de son conjoint pour
une audition libre indique des faits de "destruction en bande organisée,
à Limoges, entre janvier 2020 et janvier 2021".
Nous apprendrons en cours de matinée qu'au moins deux autres
interpellations ont eu lieu en Haute-Vienne au même moment : une femme
d'une cinquantaine d'année, participant à la même chorale à Limoges, et
un homme d'une soixantaine d'années de Bussière-Boffy (87).
La trentaine de personnes présentes au Mont a fait montre d'une belle
solidarité avec la personne interpellée et au sein du groupe présent, a
pu perturber le départ des policiers et leur montrer tout le bien
qu'elle pense de leurs méthodes et de leur mission. Plusieurs élus de
Gentioux se sont déplacés pour tenter de faire l'interface entre les
policiers et les opposants, mais il leur a été signifié que l'heure
n'était peut-être pas à "faire l'interface", et plutôt à prendre
position par rapport à la situation.
**Ces arrestations ont eu lieu sous l'égide de la Sous-Direction de
l'Antiterrorisme.** Des écussons de la SDAT ont été vus au Mont et à
Bussière-Boffy. Les personnes sont pour l'instant en garde-à-vue aux
commissariats de Limoges et de Saint-Junien (87). Leur défense est en
train de s'organiser.
**Rendez-vous est donné dans le jardin de la Renouée à Gentioux
aujourd'hui à 18h.**
Merci à toutes les personnes qui se sentent touchées par cette affaire,
qui auront peut-être envie d'en parler, d'être extrêmement prudentes au
sujet de ce qu'elles disent, à qui, et par quels canaux. Il n'est pas
utile d'alourdir les soupçons de la police, voire de leur indiquer des
pistes qu'ils ignorent. Personne ne sait exactement quelles sont les
"destructions" dont ces personnes sont accusées : notons plutôt que s'il
y avait eu événements dignes d'être qualifiés de "terrorisme" à Limoges
sur cette période, ça se saurait, n'est-ce pas... mais qu'en revanche on
connaît bien les méthodes, l'empressement et la démesure de la police
antiterroriste et de son gouvernement.
Restons attentifs, continuons à nous transmettre les informations utiles
et à être prudents.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.