De l'Info et des nouvelles.

Le fait irréel devient réalité.Lorsque Orson Welles et le théâtre Mercury le 30 octobre 1938, adapta le roman la Guerre des Mondes en un sujet d’actualité, et donc intensifia le jeu dramatique, ils étaient loin de se douter de l’impact de son émission radiophonique. Tout en gardant la trame du roman, dialogue et description il donnait une vraisemblance au récit, par son traitement en une actualité. Mais au delà, il démontrait qu ‘une émission, avec des voix efficaces, des effets, pouvait en 1938 convaincre les auditeurs d’une proposition invraisemblable, et complètement fantastique.Aujourd’hui quand est il ? Serions nous susceptible de telles réactions face à une information ?

Le fait irréel devient réalité.
Lorsque Orson Welles et le théâtre Mercury le 30 octobre 1938, adapta le roman la Guerre des Mondes en un sujet d’actualité, et donc intensifia le jeu dramatique, ils étaient loin de se douter de l’impact de son émission radiophonique. Tout en gardant la trame du roman, dialogue et description il donnait une vraisemblance au récit, par son traitement en une actualité. Mais au delà, il démontrait qu ‘une émission, avec des voix efficaces, des effets, pouvait en 1938 convaincre les auditeurs d’une proposition invraisemblable, et complètement fantastique.
Aujourd’hui quand est il ? Serions nous susceptible de telles réactions face à une information ?


Un nouveau traitement des informations.
Contrairement aux implications émotives du narrateur, dans le traitement de l’info, qui ne sont plus crédibles, le nouveau traitement est différent. D’une trame aristotélicienne, qui provoque un état d’identification avec le narrateur, les nouvelles situations doivent provoquer le choc et la surprise (il y a toute une presse dont «le choc des mots le poids des photos » ont fait florès dans les salles de rédaction), papier glacé, studio aux couleurs froides et neutres, une narration distanciée avec l’événement. Le Lecteur_Auditeur_Téléspectateur_informé se trouve sur le plan du regard objectif . Ce procédé de distanciation de l’information élève la perception en un regard critique et émotionnel chez lui. La distanciation implique une structure d’ensemble des informations (la Une, l’édito, les choix du jour, ce qui peut faire l’objet d’un dossier spécial), le style du discours, la brièveté du compte rendu. (qui est de plus en plus court chez de nombreux journaux). L’enchaînement des rubriques, avec panneaux explicatifs et reportages. L’informé, est enclin a participer, grâce à ce détachement, à des réactions de rejet, d’acceptation, voire de passion. L’effet de distanciation sert le traitement de l’information. Elle y participe dans son rapport réactif avec le public. On peut remarquer à quel point le détail est poussé, lorsque sur les grands débats, le téléspectateur est invité à visiter le studio, les techniciens etc.… Il entre dans le cadre de la réflexion, il se l’approprie. Il se crée une nouvelle distance dans l’organisation de ce qui est vu, alimentant la dimension critique-réflexion.


Nous sommes à ce point critique, que nous perdons l’essentiel.
Notre libre arbitre s’exerce dans le choix des classements informatifs. Nous classons, réagissons, mettons en rapport, dans une notion «d’une opinion à avoir «, les drames, bouleversements, la politique, la météo, le sport, etc... Le bout à bout du «info », devient une opinion générale. Et là je dis : danger. Une tendance peu naître : la globalisation d’opinions. J’entends, la multitude de bout d’info sur le même sujet crée une opinion. On pioche pèle mêle, je veux être informé, merveilleux : Internet, la télé, la radio, les journaux gratuits, d’autres payants. Mon opinion est faite, là maintenant ; ils disent vrai, presque que tous pareils. Sauf que par hasard je tombe sur une info dont personne ne parle, et là j’ai un doute. Et je veux garder ce doute. La multitude n’est pas gage de vérité.
A ce jour, en comparaison aux époques antérieures nous sommes plus informés, voire mieux informés, et les sources sont multiples. Pourtant, devant la nouvelle mutation technologique et générationnelle, les dangers de la désinformation sont multiples. Tout d’abord qualitativement, le journal numérique doit être le gage de professionnalisme. Cela peut paraître idiot, mais qu’est ce qui donne à Médiapart, la crédibilité d’un journal au même titre qu’un quotidien officiel mis en ligne, si ce n’est les signatures de noms connus du milieu. Demain tout jeune journaliste professionnel et son équipe doivent avoir les instruments juridiques, financiers (etc.…) pour se lancer dans l’aventure de création. Cela sera le signe d’une bonne santé démocratique. La loi devra permettre, de mettre sur un pied d’égalité le journal numérique et la presse papier (souvent mixte).
On voit se dessiner deux tendances, papier : le jetable, consommable, gratuit, le grand quotidien (sans parti pris) papier, dont je l’avoue j’aime le contact tactile. Il donne cette assise de crédible et a toujours le prestige d’être générateur d’opinion. Il faut donner tous les moyens à la presse papier pour continuer d’exister. C’est le patrimoine culturel de notre pays, il faut la développer. Je ne suis que lecteur du quotidien avec mes infidélités. Ce sont quelques réflexions, en vrac pour participer au débat de la formation citoyenne de la conscience.
Mais en conclusion si, l’essentiel était simplement dans ce que nous percevons hors de l’info, tous les jours dans notre environnement. Sans antagonismes, les deux sont complémentaires. Il faut une liberté de la presse, pluraliste, indépendant, véritablement informative. Mais ne perdons pas de vue, que notre regard et l’action sur notre proximité va bien au delà des mots Puisse ces Etats généraux apporter une analyse bien plus critique de la société médiatique, avec ma petite contribution.

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