Je te vois, tu me vois; Non, Je me vois donc tu me vois.

Pour que tu vois, je dois me voir. C'est la nouvelle feuille de route que nous impose l'industrie de communication de masse.

- Sommes-nous de plein pied dans ce monde que vous esquissez dans votre préambule?

     -  Oui, il y a maintenant un fait qui est institué dans la pratique de communication. Le besoin de se voir, de se parler à soi-même en temps réel via un écran de contrôle individuel pour échanger. Pour le téléphone d'antan où le visu cela n'étaient pas le cas.

- De se toucher?

   - Non, nous n'en sommes pas encore là, heureusement.

- Bien. Le monde évolue vers cette nouvelle dimension de la communication, ce n'est plus le 22 à Asnières, donc une évolution?

   -Dans l'audible, je ne sais pas si nous évoluons depuis le 22 à Asnières, mais les acteurs qui dépendent de l'information, de l'échange et la diffusion doivent où ont pour la grande majorité adaptés leurs postures et positions face à cette déferlante. Regardez le " je me tweet" chez le politique. Ce n'est plus tu as entendu ce qu'il(elle) nous dit mais je veux contrôler mon discours. Pour l'image il va en être de même.

- Pensez-vous que nous sommes dans une nouvelle forme d'un narcissisme actif. Narcisse s'alimente dans le narcissisme de l'Autre?

-L'Autre est qui? Ce nouveau miroir de la conscience collective ou tout ou un rien peut prendre corps. Avec les phénomènes d'amplification du buzz, une attitude devient soudain la cristallisation d'un évènement. Cela l'était déjà avec la petite phrase, que les personnalités du monde politique devait invariablement trouver, mais aujourd'hui on peut imaginer l'exploit sportif, disons un 100 mètres vu et filmé par l'acteur lui-même sur son Ipad et nous même, le regardant, le tout en direct. La technologie nous le permet. Nous sommes nos propre acteurs.Et spectateurs du direct de nous même, et là attention !

-Peut on dire qu'il voit son invisibilité rendue visible pour le plus grand nombre?

       -En quelque sorte oui. Comme un reflet au ras de son existence (Michel Foucault).

Une conclusion?

    -J'aime cette phrase de Henri Michaux : " l'homme retrouvera sa défaite : le quotidien."

L'Auto-interview prend Fin. Merci!

 

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