Emmaüs International dénonce: «Pas de compromis sur le droit d’asile!»

Emmaüs International et Emmaüs Europe condamnent fermement la réaction de l’Union européenne visant à empêcher les demandeurs d’asile et les exilé.es d’entrer en Grèce, en violation flagrante de ses obligations en droit européen et international. La liberté de circulation et le droit d’asile sont les piliers de la paix et de la stabilité et doivent être défendus comme tels.

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Depuis plus de 70 ans, le mouvement Emmaüs est le témoin que des politiques d’accueil dignes sont possibles même avec des moyens limités. C’est ce que démontrent, quotidiennement, les groupes et les communautés Emmaüs dans le monde. Nos actions le prouvent: les politiques d’accueil ont un impact positif et vertueux lorsqu’elles sont pensées et mises en œuvre par les décideurs de manière cohérente. L’alliance entre la société civile et les municipalités promue par le mouvement Emmaüs et ses partenaires est la preuve qu’une approche de ce type peut être attractive également pour les autorités locales.

La mobilité des personnes est agitée à tort comme une source de danger, au mépris du droit de quitter tout pays et du droit d’asile. Ces discours détournent l’attention des sources réelles de danger et d’instabilité régionale : la guerre en Syrie et la militarisation de la gestion des frontières.

Pas de compromis sur le droit d’asile ! La directive sur la Protection Temporaire doit être activée ! L’UE a une obligation morale et politique de protéger les exilé.es.

La situation à la frontière gréco-turque est le résultat direct du cynisme de l’UE qui, sans relâche et par tous les moyens, externalise ses politiques migratoires et de gestion des frontières y compris à des Etats autoritaires. Pas un seul mot n’a été prononcé hier sur le droit d’asile dans la déclaration conjointe des ministres des Etats membres en charge des Affaires Intérieures ! Pourtant, les outils législatifs existent pour protéger les personnes réfugiées dans une situation comme celle à laquelle nous faisons face aujourd’hui , notamment, la directive de 2001 sur la Protection Temporaire, qui doit être activée par les Etats membres le plus rapidement possible.

Les groupes Emmaüs et dans le monde font tout leur possible pour accueillir celles et ceux qui ne sont plus accueilli.es, voire rejeté.es, par leurs Etats. L’UE ne peut pas faillir aux demandeurs d’asile et aux exilés, une nouvelle fois, comme en 2015. Nous demandons la solidarité par-delà les frontières et en Europe.

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