Puisque choisir, c'est renoncer

Le Robert, mon ami de chaque jour, à « élection » dit ceci : « choix », et il précise qu'en vieux français, une « élection de juridiction », par exemple, signifiait « choix effectué en raison des avantages qu'on en attend ». Le mot « élection » vient du latin « electio » qui signifie « choix », lui-même dérivé de « elegire » qui a donné « élire ».

Le 25 mai prochain, les Européens devront donc choisir. Et s'ils doivent effectuer leur choix en fonction des avantages qu'ils attendent de la juridiction parlementaire ou -pire- commissionnaire qui les soumet depuis, disons, vingt-deux ans et la fumisterie maastrichtoise, la renonciation risque d'être d'autant plus aisée que les avantages retirés sont nuls.

 

Nous ne nous lasserons jamais de rappeler que l'Union Européenne, ce monstre froid né de l'argument fallacieux qu'il devait servir à protéger les Peuples (en les unissant donc) des dangers mortels de la guerre, cette falsifiée Union-là est née de l'imagination de quelques types, français et allemands, qui étaient, pour les uns, financiers internationaux (Jean Monnet) et pour les autres pétainistes convaincus frappés d'indignité nationale à la Libération (Robert Schuman) et maréchalistes zélés (le très oublié Maurice Lagrange) ou, côté allemand, nazis certifiés en la personne de Walter Hallstein (qui concocta le Traité de Rome avec Monnet et auquel Hitler lui-même avait demandé, puisqu'il était le juriste assermenté du régime nazi, de préparer une organisation européenne qui permettrait de mettre à l'écart les peuples en établissant une dictature technocratique).

 

Le 25 mai prochain, les Peuples européens vont donc devoir choisir. Choisir des députés censés les représenter. Des députés européens qui, en gros, ne sont habilités à prendre aucune décision majeure puisqu'ils sont eux-mêmes contraints comme les gouvernements des 28 par les décisions des commissaires européens, non-élus, eux. Il paraît que désormais le Parlement va élire le Président de la Commission, gri-gri législatif et fumeux qu'on agite devant le nez des citoyens épuisés pour tenter de leur faire accroire que, tout de même, un grand pas pour l'Humanité -encore un- vient d'être franchi et qu'ils ont atteint là le sommet de l'éden démocratique. Et d'ailleurs l'Europe, que depuis toujours on leur présente comme un rempart, suprêmement démocratique lui aussi, à la guerre entre les peuples du Continent, a été fondée par des fascistes et des ultra-libéraux, gouvernée originellement par eux, et prend des décisions qui vont dans le sens imposé par des financiers internationaux qui ont jadis eux-mêmes financé le fascisme européen.

 

Puisque choisir, c'est renoncer, a-t-on le droit de considérer que renoncer à choisir est viable ?

 

Choisiriez-vous de consommer un plat dont vous savez qu'il est nocif parce que le poisson qui le constitue en partie n'est pas frais, parce que la viande qui le compose est avariée ou parce que la sauce qui l'accompagne a tourné ?

Il est probable que, conscient du danger qu'un tel plat représente pour votre santé, vous renonciez. Et que vous optiez soit pour une diète passagère, que vous sautiez un repas ou que vous vous fournissiez dans une boutique plus sécurisante pour vous et pour vos enfants.

On aura beau vous expliquer qu'il vaut mieux mourir rassasié de salmonelles que risquer l'anémie momentanée, vous aurez sans doute l'esprit suffisamment présent pour comprendre qu'il est plus indiqué de changer de crèmerie.

 

L'Union Européenne n'aura été nul rempart démocratique à la guerre économique ultra-violente menée par les descendants de Jean Monnet contre les Peuples d'un Continent désormais laminé par ces combats insidieux et malins à coups de directives socialement mortifères et politiquement assassines.

 

Or on va demander aux Peuples de l'Europe, le 25 mai prochain, de choisir entre un poisson pourri et une viande gâtée, en tentant de leur faire croire qu'il n'existe aucune autre alternative possible ou imaginable à la mort lente et douloureuse par empoisonnement institutionnel.

 

Vous permettrez que nous soyons au moins quelques-uns à renoncer et à choisir comment nous voulons vivre.

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