Quand la Philosophie enterre Dieu, voilà que la Science l'entérine !

Vous pariez combien de sesterces que la physique quantique associée à sa complice relativité générale viennent de ressusciter Dieu comme Il n'aurait jamais pu Lui-même mieux rêver ?

 

Voilà que tout un tas de travaux scientifiques récents et concordants concluent que celui qui nous a toujours été présenté comme le feu d'artifice universel et géant qui serait à notre commune origine à tous ne serait en réalité qu'un tout petit -et surtout passager- pétard de fête foraine cosmique dont il y a tout lieu de penser que, d'ici peu et lorsque les calculs sur la base d'observations plus lointaines que jamais auront été affinés, on pourra se ficher comme d'une guigne interstellaire.

En effet, le Big Bang donc, puisque c'est de lui que l'on parle, ne serait a priori et selon les scientifiques qui s'accordent, qu'un point de passage ou qu'une parenthèse entre deux moments plus essentiels encore. Un qui lui succède mais cela, il y a longtemps que nous l'avions compris puisque c'est de lui que tout le monde découle et un qui lui précède et c'est donc là que ça nous la coupe. Ou que ça devrait nécessairement la couper à nous qui, depuis que le Monde est Science et que Einstein a eu la lumineuse idée de passer par là, « on » a toujours dit que de la cosmoplanétaire énergie du Big Bang avait été engendrée la Matière et que la Matière, en gros et pour faire court, c'est nous.

 

Or parce que la Science nous le dit, il faudra désormais compter avec l'Idée pour le moins remuante que le Big Bang, ce truc ahurissant que l'humanité entière avait jusque là en commun partage (avec la mauvaise foi et la croyance idiote en la démocratie), ce truc donc, ne fut en réalité que la Nabilla du système solaire c'est-à-dire une petite chose blême et fugace.

 

Il faudra, à partir de dorénavant (comme dirait l'autre qui parle mal), raisonner en termes de « Big Bounce » qui signifie « grand rebond ». Autrement dit : un premier jet, un grand rebond puis une délirante distance parcourue. Se parcourant encore, d'ailleurs. Et qui ne cessera probablement jamais de se parcourir. Autrement dit bis : le type qui a lancé la balle devait avoir de l'EPO à la place du sang ou bien il sniffait du pamplemousse mais quoi qu'il en soit il avait une force de ouf.

 

Et voilà...Nous en sommes bien là : le type. Le gars, le mecton, le keum, appelons-le comme on veut mais puisqu'on nous explique que le début n'est plus début et qu'il a été précédé d'un début bien plus début que lui, genre limite l'éternité, c'est bien qu'il a fallu quelqu'un pour allumer la mèche !

 

On imagine déjà que lorsque les fondements de ces nouvelles théories tout juste émergées parviendront aux oreilles des Christine Boutin à barbe du septentrion hystérique où elles demeurent, drapées dans leur mystique virginité, on aura du mal à les contenir, elles et leurs cousines à papillotes, à boubous et à kalachnikov.

 

Les scientifiques coupables de cette pénibilité auditive à venir précisent que les hypothèses -toutefois sérieuses, disent-ils- émises à l'heure actuelle ne trouveront leur confirmation que dans l'observation. Ces hypothèses-là, en gros, donneront du travail pour au moins cinq cents ans à tous les Spinoza et autres Afflelou de la longe-vue car toute confirmation dépendra d'eux : plus on verra loin et avec précision, plus on aura des chances d'atteindre au sublime de l'éternité concrète si tant est qu'elle ait un visage, un regard ou un beau cul.

Et si cette éternité-là doit s'appeler Dieu alors je préviens : je n'y croirai qui si, par le lorgnon de la lunette, on le voit, même de loin, se gratter les couilles devant la télé, en rotant sa bière et en bouffant sa pizza.

Eternel, je veux bien. Dieu, pourquoi pas. Mais qu'on n'en soit pas moins homme.

 

 

 

 

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