La fessée est interdite en France

Le 2 juillet 2019, le Parlement adopte définitivement la « loi anti-fessée » en corrélation avec l'article 371 du code civil qui indique que l'autorité parentale doit s'exercer "sans violences physiques ou psychologiques". C'est la fin du droit de correction issu du XIXéme siècle.

Qu'en est il de la bonne vieille "trempe", "tarte", "baffe", beigne, "mandale", "calotte", etc...?

Du poncif ;"j'en ai reçu des fessées et je n'en suis pas mort!" et autres phrases types?

J'ai longtemps été favorable à cette forme de répression sur nos enfants afin de poser une limite physique, tout cela avec parcimonie bien sûr.

La vertu éducative d'une telle démarche a fonctionné des décennies durant. Fondée sur la peur d'une douleur physique certes, mais elle contribuait à fixer un cadre. n'est ce pas la crainte du gendarme qui nous aide à  respecter la loi?

Les temps ont changés, nous sommes en 2019. les sanctions sont devenues plus modernes. Tous nos enfants petits ou grands  ont accès aux écrans: tablettes, smartphones, ordinateurs, télévision, consoles de jeux. Et ils en sont très friands, voire dépendants.

Autant de sanctions potentielles qui évitent le châtiment corporel car finalement, s'en est un. L'avantage de jouer sur une frustration est de pouvoir mettre en place des mécanismes éducatifs.

En effet, la fessée est dans l'immédiateté, la douleur instantanée et la vexation de l'enfant aussi. Dans ce traditionnel cas de figure, on travaille sur la peur de la douleur physique. 

Avec la sanction d'une privation temporaire de tel ou tel écran, on fixe une durée à plus ou moins court ou moyen terme, permettant ainsi à l'enfant ou à l'adolescent de "digérer" sa transgression grâce à la frustration. Au moment ou les parents ont décidé de lui rendre l'accès à ses écrans, il peuvent alors lui demander pourquoi il en a été privé et ainsi avoir cune séquence de dialogue éducatif destiné à poser un cadre sans aucune violence physique.

Oui, en réfléchissant, j'ai effectivement changé d'avis.

Cette loi, d'après ce que j'ai compris, ne sera pas forcément accompagnée de sanctions répressives envers les parents mais a au moins le mérite de nous faire réfléchir. Comment expliquer à nos enfants que nous sommes contre toute forme de violence et être violents nous mêmes?

J'irai même plus loin en arguant le précepte suivant: comment leur inculquer la notion de respect si le couple éducatif lui en manque en touchant à son intégrité physique?

D'aucuns pourront protester contre cette loi, la rendre politique, dire non à la fessée et oui aux LBD (lanceurs de balles de défense qui ont mutilé tant de personnes ces derniers mois - désolé, je n'ai pas pu résister à cette analogie) , mais je pense que nous devons vivre avec notre époque et tous les moyens modernes mis à notre disposition, y compris les sanctions que nous offre notre ère empreinte de technologie à profusion.

 

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