Dr Ducanda: une maman dépose plainte

Vous ne l'avez peut être pas vu mais le conflit opposant Dr Ducanda aux familles concernés par l'autisme passe à la judiciarisation devant le conseil de l'ordre des médeçins. C'est en effet une démarche qui embrase une France pas sortit de ses idées reçus rétrogrades et mortifères et porte un coup ainsi au crédit des thèses de cet éminente docteur. Explications.

Nous avons coutume au pays de descartes et des lumières d'avoir sanctuarisé la liberté d'expression assortit de gardes fous. Ainsi au sens de l'article R 4127-13 du code de la santé publique  précise:

"Lorsque le médecin participe à une action d'information du public de caractère éducatif et sanitaire, quel qu'en soit le moyen de diffusion, il doit ne faire état que de données confirmées, faire preuve de prudence et avoir le souci des répercussions de ses propos auprès du public. Il doit se garder à cette occasion de toute attitude publicitaire, soit personnelle, soit en faveur des organismes où il exerce ou auxquels il prête son concours, soit en faveur d'une cause qui ne soit pas d'intérêt général"

 

Ainsi docteur Ducanda aurait ainsi violé de manière flagrante un devoir essentielle lié à l'exercice de sa profession.

Tout est partit à la suite d'une publication sur youtube d'une vidéo ou ce professionnel de santé comparait les effets d'une sur exposition aux écrans de jeunes enfants à de "l'autisme virtuelle". Le champ lexical utilisé par cette professionnelle se réfère aux observations réalisés sur de jeunes enfants autistes. Les grands médias tel que le figaro ou encore Elisabeth Lucet portent à connaissance du public ces travaux . Et les réactions de chercheurs tel que le chercheur Patrick Pellou ou de responsables d'associations ne manquent pas. Au point que plusieurs dizaines de courriels de protestations sont écrits au conseil de l'ordre dont dépends Mme.Ducanda.

D'après Patrick Pellou, les propos de Mme.Ducanda ne sont que des fake news, basés sur aucun fondement scientifique. Franck Ramus, directeur de recherche au CNRS et professeur attaché à l'école de l'école normale supérieure et Hugo Peyre , pédopsychiatre à l'hopital Robert Debré et chercheur à l'école normale supèrieure, considèrent quand à eux que les propos de Dr.Ducanda ne sont ni plus ni moins qu'une opération de diabolisation trop générale et pas assez étayée des écrans.

Au delà de cette campagne délibérée d'enfumage médiatique et d'intoxication du plus grand nombre, nous avons un excellent cas d'école illustratif de la nuisance de la médiatisation d'informations qui trompent le plus grand nombre. Avec pour conséquence ,dans la vie de tout les jours, l'augmentation de l'incompréhension, des préjugés envers les autistes et l'encouragement implicite donnée au français du quotidien de mépriser et de maltraiter leurs semblables. Sans oublier également les répercussions négatives en terme de violences verbales, de violences physiques que les autistes subissent et tout un panel de discriminations ainsi légitimés par un professionnel de médeçin n'ayant pas vérifié ses informations.

Les journalistes de ces médias y compris Elisabeth Luçet se sont tirés une balle dans le pied en relayant ces informations ,déshonnorant encore davantage leurs professions mis à mal par de nombreux autres problèmes encore plus graves . Je les invitent d'ailleurs à sortir de leurs milieux habituels et à pratiquer un stage d'immersion d'un mois auprès de familles, d'enfants, d'adolescents et d'adultes autistes pour que ces hommes et ces femmes se rendent compte des conséquences déseltères des préjugés induits par tant d'enfumage et de menssonges permanents.

Aucune concorde républicaine ne pourra voir le jour concernant les autistes, aussi longtemps que ces préjugés rétrogrades seront encore tenaces. Pour l'instant, les appels au séparatisme et autres actions plus ou moins violents se font rare mais à continuer de perpétuer cette oppression du langage, la minorité autistique de France finira par contre réagir et à ce moment là, plus de demi-mesures, ni de retenus.

Article écrit par un adulte autiste à ce jour intégré dans la population française et payant ses impôts et cotisant pour la retraite.


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