Une deuxième bougie pour Molenbike

En Belgique, la coopérative de livraison à vélo Molenbike a fêté ses deux ans. Retour sur son histoire.

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Nous sommes fin janvier 2016. Il ne fait pas très chaud dans les locaux de Molengeek, cet espace de co-working à Bruxelles qui organise un hackaton. Antoine est ici venu présenter  l’idée de Molenbike, après avoir essayé différents projets liés au vélo : de la vente de bière, aux promenades touristiques, en passant par des récupérations alimentaires. Raphaël lui, travaillait dans le logement social, avant de démissionner pour se lancer dans un projet de vente de fruits bio sur les marchés à vélo.

Sur place, ils rencontrent d’autres camarades : Yogan, Sacha et Arnaud, trois anciens coursiers de la société Take It Easy. Ensemble, ils passent de longs mois incubés au sein de Molengeek et CoopCity à réfléchir sur leur business modèle et à analyser le marché de la livraison à vélo. Ils décident finalement de se concentrer sur les livraisons B2B, plus rentables et plus faciles à mettre en oeuvre.

Un an plus tard, ils décrochent leur premier client : Färm, une chaîne de magasins bio, équivalente à nos Biocoop françaises.”Nous avons mis nos plus belles chemises et sommes allés signer le contrat début 2017. Cela nous a mis le pied à l’étrier”, explique Raphaël.

Quelques mois plus tard, leur coopérative est lancée, avec un capital de départ de 6200 euros. Ils rédigent également une charte pour cadrer leur activité et s’entourer de partenaires qui partagent les mêmes valeurs éthiques. “Sur nos 40 clients l’an passé, nous avons refusé trois prospects pour des raisons éthiques”, précise Raphaël. “Nous ne voulons pas être un faire-valoir”, renchérit Arnaud.

Si une grande partie de leurs client.e.s travaillent dans la food 2B2, ils ont réussi à diversifier leurs activités, comme par exemple en livrant l’hebdomadaire culturel néerlandophone Bruzz, des centres d’arts ou des instruments pour des festivals…

A l’automne 2017, ils rencontrent l’équipe de Coopcycle et délaissent crayons et papier pour le logiciel. “On s’est rendus compte que l’application permettait des retours du terrain en temps réel. Cela plaisait beaucoup à nos client.e.s. Et puis nous partagions les mêmes valeurs”, assure Raphaël.

Molenbike n’est pas seul à faire de la livraison à vélo à Bruxelles, face à Dioxyde de Gambettes, ou encore Urbike. “Mais le moteur est le principal concurrent de notre activité”, souligne Arthur. “Cela permet de livrer beaucoup plus de marchandises d’un seul coup”. Toutefois, les vélos de Molenbike ne sont jamais coincés dans les embouteillages et réussissent à gratter des parts de marchés.  “Nous mettons en avant notre qualité de service, la relation de confiance avec nos clients”, poursuit Raphaël. Une philosophie qui fonctionne : ils reçoivent environ une nouvelle demande par jour. “Nous sommes même en négociation avec un restaurant qui travaille pour Deliveroo, mais qui n’est pas satisfait du service”, sourit Raphaël.

La coopérative espère une croissance de 30% d’ici 2021 afin de pouvoir compter dans l’équipe 3 équivalents temps plein. “Nous faisons très attention à ne pas avoir de dépenses inutiles pour rester souples et flexibles et garder des coûts fixes très bas afin de ne pas prendre de marge sur les coursier.e.s”. Pour promouvoir la livraison à vélo, ils sont membres fondateurs de la Belgian Cycle Logistics Federation (BCLF) : une organisation de plaidoyer de lobbying politique. “De plus en plus de gros acteurs cherchent des interlocuteur.rice.s au niveau national. Et pour l’instant nous avions du mal à penser au niveau macro. Cette fédération va nous donner un coup de pouce pour pérenniser les structures”.

https://youtu.be/X6sQBK3eRvM

 

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