CoopCycle se lance en Espagne

Depuis le mois de septembre, la coopérative madrilène La Pájara livre des restaurants à Madrid, la capitale espagnole. Il s’agit de notre seconde expérience en Europe, après la Belgique. On vous raconte l'histoire de ce collectif de passionnés.e.s de vélo.

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Lorsqu’on rencontre Cristina, l’une des co-fondateur.trice.s. de la coopérative de livraison à vélo la Pájara, on l’imagine plutôt dans un squat artistique que derrière son guidon. La jeune femme aux bras tatoués est photographe de profession. Ce qui ne l’empêche pas d’arpenter les rues pentues de Madrid. “Le vélo c’est un style de vie. Bien sûr, parfois c’est dur. Mais cela nous maintient en forme. Et puis c’est le plus efficace pour livrer à Madrid ”, explique la jeune femme.  

La capitale espagnole est confrontée aux mêmes dérives qu’en France : la précarité des livreur.euse.s autoentrepreneur.euse.s qui sont exploité.e.s par les mêmes sociétés opérant en France : Deliveroo, Uber Eats, Glovo... Certains des sept membres de la Pájara viennent d’ailleurs de ces plateformes. D’autres n’étaient pas du sérail, mais ingénieurs ou tatoueurs : ils continuent leur travail en parallèle du lancement de la coopérative. Leur point commun ? La passion du vélo. “Nous voulons avoir un boulot pour lequel nous serons payés avec dignité et où nous pourront concilier notre vie personnelle et notre vie professionnelle. Les gens doivent comprendre que se faire livrer de la nourriture chez eux.elles ou à leur bureau est un luxe qui devrait être payé correctement”, poursuit Cristina.

D’ici la fin de l’année, la Pájara aimeraient que tous ses membres travaillent à temps complet. Pour se développer, la Pájara a intégré l’incubateur municipal Marès, spécialisé dans les projets en économie sociale et solidaire sur le transport, l’alimentation, le recyclage et l’énergie. La coopérative fait également partie de l’association El Relevo, qui est en passe de devenir une coopérative de services, dotée de plusieurs entités dédiées à la logistique à vélo, pour converger ensemble. “Avoir un interlocuteur unique est la clé pour les petites entreprises, pour communiquer auprès des institutions, des journalistes par exemple”, assure Cristina. Quant au modèle coopératif, son choix fut une évidence dès le début. “Nous sommes nos propres chef.fe.s. Chacun a le même niveau d’engagement et de responsabilité. Et tous les bénéfices sont partagés de façon égalitaire”.

CoopCycle est fière d’accompagner la Pájara dans son développement à Madrid. Si vous vivez là-bas, n’hésitez pas à tester leur service et leurs trois restaurants (une pizzeria, un restaurant vegane et un restaurant italien). D'autres adresses devraient intégrer la carte très prochainement. 

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