10 septembre 2015 : Anne Hidalgo, par un tweet, s'engage auprès des réfugiés

Anne,

Je te préviens de suite que mon ton ne va pas te plaire. Bien sûr j’aurai pu agrémenter mon billet de charmants « s’il te plait » à chacune de mes phrases ou m’adresser à toi par un solennel vouvoiement entrainant de suite un sentiment de profond respect. Mais il en est autrement. Colère et lassitude faisant, j’ai décidé de m’adresser à toi comme si nous étions de profondes amies, comme si je pouvais (comme on le fait dans les moments de trouble) te secouer un peu.

Anne, cesse tes simagrées virtuelles, engage toi, engage toi pour de vrai ! Ancre tes propos dans le réel comme d’autres municipalités le font déjà. Bien sûr elles n’attachent pas autant d’importance à la forme, elles n’ont pas recours à des graphistes/publicitaires pour illustrer leur propos. Pardonne les. Pour autant, les faits étant têtus, je m’aperçois qu’elles s’illustrent autrement. Elles s’illustrent par des engagements forts et volontaires en faveur des réfugiés. Car au-delà du tweet sur la toile, comment Paris s’engage-t-elle auprès des réfugiés ?

Anne, viens à la rencontre des réfugiés, des mères seules, des enfants perdus, des familles décimées. Viens écouter le quotidien qu’ils fuient, le périple vécu pour en arriver là.

Tu ne promeus pas le Paris Sans Voiture ou l’amende à 68euros pour éradiquer la cigarette des rues là. Tu promeus l’ouverture de Paris aux réfugiés, une toute autre affaire. Alors Anne, empresse toi de réquisitionner des logements, de faire avancer leurs droits, de leur donner les meilleures conditions possibles pour qu’ils puissent se reconstruire, si tenté qu’ils le puissent un jour.

Et à ce moment là, là je saurai que Paris s’engage.

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.