Pressions de la rue, quand la PAH s’organise en vue des élections générales espagnoles.

Les élections législatives du 20 décembre ont intensifié le calendrier d’actions de la PAH.

Lors de la période pré-élections, pendant 15 jours, la PAH s’est mobilisée quasiment tous les jours. Il y avait plusieurs types d’actions.

Des actions d’informations dans la rue à Neu Barris par exemple. Les militant-e-s de la PAH se déplacent pour informer la population des cinq exigences de la PAH, du positionnement des partis politiques par rapport à ces exigences. En octobre, des militant-e-s de la PAH avaient rencontré les différents partis politiques en candidature afin de discuter des revendications de la PAH et de leur positionnement politique vis-à-vis d’elles. La PAH a été dans la rue informer les gens sur le sort réservé aux cinq exigences de la PAH en fonction des partis.

Les cinq exigences de la PAH sont :

  • Dotation en paiement rétroactive
  • Logement locatif accessible
  • Stop aux expulsions
  • Logement social
  • Eau, gaz et électricité garantis

Il s’agit là des cinq revendications de la PAH pour qu’un logement digne soit donné à chacun.

Ciudadanos, PSOE et PP les refusent ou ne les acceptent que partiellement.
Podemos les accepte toutes.

Le 15 décembre, la PAH s’est rendue aux sièges des partis politiques du PP, PSOE et Ciudadanos. Chaque siège a été attaqué par des autocollants « Las 5 de la PAH », des tracts explicatifs étaient donnés aux passant-e-s, laissés dans la rue. Un 5 géant avait été confectionné par les militant-e-s pour l’occasion. Les cinq héroïnes de la PAH, chacune représentant une exigence, essayaient ensemble de faire rentrer le grand 5 par la porte principale du parti. Des slogans étaient criés « Dicen que no caben, lo vamos a meter », traduit par « Ils disent qu’ils n’y tiennent pas, nous allons les mettre ». Carlos, le porte-parole de la PAH a fait un discours. Plusieurs médias étaient là pour l’événement.

D’autres actions ont eu lieu comme l’escrache. L’escrache est une action controversée qui a rendu célèbre la PAH. Il s’agit d’une action issue d’Argentine utilisée pour dénoncer les actes de certaines personnes lors de la dictature.
L’escrache consiste à se rendre sur un lieu pratiqué dans le quotidien, par exemple : ta maison, la boulangerie où tu vas acheter ton pain, l’hôtel où tu dors si tu es en déplacement, ta salle de sport, etc. L’escrache, c’est une façon de dire que tes décisions prises en tant que personnage politique ne concerne pas que ton emploi du temps politique mais t’engagent aussi en tant qu’être individuel, personnel. De ce fait, tes agissements peuvent être dénoncés en tous lieux.
En vue du 20D, plusieurs escraches ont eu lieu le 18 décembre. Certains candidats politiques sont venus en meeting à Barcelone. La PAH s’est déplacée devant leur hôtel pour scander les cinq exigences de la PAH et dénoncer leur position politique vis-à-vis de ces dernières.

 La veille des élections, le 19 décembre, c’était une journée de pause politique, de réflexion. La PAH n’est pas sortie dans la rue, mais a alors publié sur internet (twitter, site de la PAH, facebook) plusieurs dizaines de photos de militant-e-s posant main tendue avec écrit à l’intérieur de la paume : PAH. Selfies de soutien des cinq exigences de la PAH.

 Le 20 décembre au soir, les résultats des élections sont annoncés. Le bipartisme est définitivement révolu en Espagne. Trois forces politiques se dessinent : PP, PSOE et Podemos.

Aujourd’hui, 13 janvier 2015, le Parlement tient sa première session. Aucun parti n’a la majorité absolue. Quelles sont les alliances, les coalitions possibles?

Malgré le climat politique inconnu, la PAH, elle sait où elle va. Hier, elle publiait une lettre à l’attention des Député-e-s pour continuer à maintenir la pression.

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