Une étude du "Centre d'observation de la société" : Ces pauvres qu'on ne compte pas" (cliquer ici).

"Le ressenti des Français face à la pauvreté"

"En ces temps de campagne électorale, alors que chacun est prompt à juger la situation du pays à l’aune du dernier sondage, le Centre d’observation de la société rappelle qu’il existe des enquêtes d’opinion menées avec rigueur, qui démontent souvent les résultats conjoncturels et hâtifs des sondages de campagne. C’est le cas notamment du « Baromètre d’opinion » publié par le ministère des Affaires sociales depuis 2000. S’intéressant de près, à l’aide de telles enquêtes, à la perception par la population vivant en France (incluant donc les étrangers) de la pauvreté, le Centre note une progression de l’inquiétude. Ainsi, ce sont désormais 91% des Français qui estiment que la pauvreté a augmenté durant les cinq dernières années – un chiffre en progression constante depuis 2002. Au-delà du constat, le pessimisme face à l’avenir progresse également : 88% de la population estime que cette hausse de la pauvreté va continuer (en hausse depuis 2004), et 90% se sentent personnellement concernés par cet état de fait.

Cette inquiétude n’est pas injustifiée : selon l’INSEE, le taux de pauvreté (mesuré sur la part de la population vivant en-dessous de 60% du revenu médian) est reparti à la hausse depuis 2014, s’accompagnant d’une hausse des inégalités (mesurées par l’indice de Gini). Les Français pauvres, pourtant, sont dignes : si 12% se déclarent pauvres aux enquêteurs du Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie), le chiffre réel tourne autour des 14 %.

Loin des discours bruyants sur le ras-le-bol de l’assistanat, les enquêtes de long terme montrent que les Français sont solidaires : interrogés sur les raisons derrière la pauvreté, ils pointent massivement le manque de travail, de qualification, ou même de chance (entre 60 et 75% depuis 2000) plutôt que le refus de travailler (autour de 45% en moyenne sur la période). Pourtant, les Français sont très critiques envers les efforts déployés par le gouvernement pour lutter contre la pauvreté : en 2015, 59% estiment que les pouvoirs publics n’en font pas assez pour les plus démunis, mais la part de la population qui juge que le RSA « n’incite pas les gens à chercher du travail » est en constante progression depuis 1989. Solidarité avec les pauvres, oui, mais inquiétudes sur les modes de redistribution.

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Partage FB © Chimulus (hommage) Partage FB © Chimulus (hommage)

 

 

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