Lutte contre la fraude fiscale : Juncker s’auto-blanchit et fait des promesses

"Auditionné par la Commission d’enquête sur les Panama Papers, Jean-Claude Juncker s’est livré à un numéro d’équilibriste peu convaincant. Il s’en est sorti en faisant de nombreuses promesses dont nous suivrons la mise en œuvre attentivement." Déclaration d’Eva JOLY, Vice-Présidente de la Commission d’enquête PANA :

"Auditionné par la Commission d’enquête sur les Panama Papers, Jean-Claude Juncker s’est livré à un numéro d’équilibriste peu convaincant. Il s’en est sorti en faisant de nombreuses promesses dont nous suivrons la mise en œuvre attentivement."

 
Déclaration d’Eva JOLY, Vice-Présidente de la Commission d’enquête PANA :

« Jean-Claude Juncker s’est présenté devant la Commission d’enquête PANA comme un homme sans passé, miraculeusement blanchi par son poste de Président de la Commission européenne. Quand on connaît les pratiques fiscales déloyales du Luxembourg lorsqu’il était Premier ministre, c’est d’autant plus indécent que ces pratiques perdurent comme le prouve le dernier rapport des Verts.

Toutefois, il s’est engagé à poursuivre les réformes sur trois points essentiels pour les écologistes : renforcer la coopération fiscale entre les États-membres, allouer plus de moyens à l’unité de la Commission en charge de la criminalité financière et faire une proposition de réforme fiscale en vertu de l’article 116 du traité de l’UE. Autrement dit, mettre sur un pied d’égalité le Conseil et le Parlement européen via la codécision.

Il a également affirmé qu’en cas d’une révision des traités, il appuierait la fin de l’unanimité en matière fiscale. S’il met en œuvre ses déclarations, ce serait une avancée majeure dans la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales. Au Parlement, nous continuerons de défendre les réformes indispensables bloquées par les groupes conservateurs malgré les nombreux scandales. »

Source Europe Ecologie EU ici !

Le rapport :

Eva Joly : « Notre rapport montre clairement qu’entre 2003 et 2005, le Luxembourg, dirigé par Jean-Claude Juncker à la fois Premier Ministre et Ministre des finances, a été l’un des principaux acteurs de l’affaiblissement de la directive sur la fiscalité de l’épargne. Une directive importante contre la lutte et la fraude fiscales grâce à l’échange automatique d’informations sur les revenus de l’épargne au sein de l’UE.

Après avoir obtenu un statut privilégié lui permettant d’appliquer une retenue fiscale minimale au lieu d’échanger l’information avec ses partenaires européens, le Luxembourg a érigé la concurrence fiscale déloyale en véritable modèle d’affaires pour devenir un paradis fiscal au service de riches épargnants européens, en particulier allemands. Le Luxembourg a également bloqué la révision de la directive de 2008 à 2014 afin de protéger son secret bancaire.

Jean-Claude Juncker a beau chercher à nier les évidences, la guerre fiscale a bien été le mode opératoire du pays qu’il a dirigé pendant très longtemps. »

Extrait dans son contexte ici !

On peut lire également : "Juncker auditionné sur les Panama Papers : « Ne pas juger ma crédibilité sur le passé »"

Soumis ce mardi après-midi au feu des questions des eurodéputés de la commission d’enquête sur les Panama Papers, Jean-Claude Juncker a souvent botté en touche et juré son ignorance passée – voire sa « négligence » – quant à l’ampleur des pratiques d’évasion fiscale via le Luxembourg.

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