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Le Club de Mediapart dim. 2 oct. 2016 2/10/2016 Dernière édition

RAMA YADE EST GONFLEE !

Dans une lettre publiée dans Le Monde le 7 janvier 2012, Rama Yade règle ses comptes avec les partis politiques poursuivant ainsi sa campagne de communication débutée en décembre et basée sur la « chasse politique  » dont elle serait victime. Elle est candidate aux législatives 2012 et en matière de communication en politique, elle a tout compris !

Dans une lettre publiée dans Le Monde le 7 janvier 2012, Rama Yade règle ses comptes avec les partis politiques poursuivant ainsi sa campagne de communication débutée en décembre et basée sur la « chasse politique  » dont elle serait victime. Elle est candidate aux législatives 2012 et en matière de communication en politique, elle a tout compris !

 

Dans sa lettre du 7 janvier, l’ancienne secrétaire d’Etat, première vice-présidente du Parti radical et candidate aux législatives pour 2012 dans la deuxième circonscription des Hauts-de-Seine, dresse un portrait savoureux de certains élus « n'ayant d'idées sur rien, n'étant soucieux que d'eux-mêmes et ne voulant surtout pas de successeurs » et critique le « corporatisme politique » et la « république clanique voire conjugale où les mandats peuvent se transmettre au sein d'un clan, d'une famille, voire au sein d'un même couple ». 

 

On lui donnerait presque raison quand elle écrit que les français « ne veulent pas être pris pour des imbéciles » si un bref rappel de son parcours politique ne venait anéantir l’illusion qu’elle nous donne depuis plusieurs semaines : celle d’être une candidate lucide, sincère mais victime de pratiques politiques obscures et impitoyables dont elle sort néanmoins gagnante. En effet, grâce à ce tapage médiatique, elle est à nouveau visible sur la scène politique ; ce n’est pas une débutante et sa stratégie de communication est parfaite !

 

Le parcours politique de Rama Yade est en effet révélateur de ce qu’elle est réellement : une femme politique professionnelle repérée, installée et formée par le système qu’elle veut aujourd’hui dénoncer.

 

Un petit rappel de son parcours1 s’impose:

Après un diplôme de l’Institut d’Etudes Politiques, elle devient administratrice du Sénat à partir de 2002 où elle est chargée de l'emploi, de la formation professionnelle et de l'Outre-Mer. Elle a été ensuite détachée auprès de Jean-Pierre Elkabbach à la Chaîne parlementaire Public Sénat, au début de l'année 2005, qui la nomma directrice adjointe des programmes puis directrice de la communication. En 2005, elle rejoint l'Union pour un mouvement populaire par admiration, dit-elle, pour le charisme de Nicolas Sarkozy.

En 2006, elle a réintégré les cadres du Sénat comme administratrice au sein du service des collectivités territoriales, où elle fut chargée des aspects sociaux de la décentralisation. Le 6 mars 2006, elle a fait partie des douze femmes promues dans les instances de l'UMP, où elle fut nommée secrétaire nationale chargée de la francophonie.

Le 19 juin 2007, elle est devenue secrétaire d'État auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée des Affaires étrangères et des Droits de l'Homme, dans le gouvernement François Fillon. Le 23 juin 2009, elle fut nommée secrétaire d'État auprès du ministre de la Santé et des Sports, chargée des Sports, dans le gouvernement François Fillon II. Elle fut le symbole de la diversité et de la politique de discrimination positive promue par Sarkozy.

 

Mais en décembre 2010, ça se complique pour elle : Le 22 décembre 2010, elle est nommée par le Conseil des ministres ambassadrice de France auprès de l’UNESCO, en remplacement de Catherine Colona. Elle démissionnera de ce poste le 15 juin 2011. 

Un mois après son départ du gouvernement, le 15 décembre 2010, Rama Yade rejoint le Parti radical de Jean-Louis Borloo, tout en restant à l’UMP.

Le 8 avril 2011, elle annonce quitter l'UMP par solidarité avec Jean-Louis Borloo. Elle se dit favorable à une candidature de Jean-Louis Borloo à la présidentielle de 2012. Elle est nommée 1re vice-présidente du Parti radical, lors du Bureau national du 18 octobre 2011.

Elle fut également vice-présidente du conseil d'administration du Club du XXIème siècle qui milite en faveur de la diversité et membre du club Averroès qui regroupe des professionnels pour promouvoir les « minorités actives » dans les médias français.

Elle est aujourd’hui conseillère municipale de Colombes.

 

L’aventure continue aujourd’hui pour Rama Yade qui, souhaitant se présenter aux législatives de 2012, est radiée des listes électorales par le maire de Colombes le 15 décembre 2011, pour irrégularité sur sa domiciliation. Accusée d'avoir menti sur son lieu de résidence, une enquête est ouverte par le parquet de Nanterre en décembre 2011.

 

Son parcours, riche et mouvementé, digne d’un roman feuilleton, se passe de commentaires. Pas de doute, elle fait bien partie du sérail politique, elle y fait sa carrière ; elle connaît parfaitement les codes, les réseaux et le fonctionnement du système.

 

Alors quand elle écrit : « les  jeunes femmes issues de l'immigration interchangeables et priées non pas d’avoir des idées mais de faire le récit de leur vie de Cosette de banlieue sont relégués au rang de discriminés positifs qu'on autorise de temps en temps, devant les représentants de la noblesse républicaine, à orner les tribunes politiques, dans un ultime geste de charité chrétienne. » on sent le vécu mais on a du mal à ressentir de la compassion.

 

Rama Yade a connu son heure de gloire - elle a même été élue, en février 2009, la personnalité politique préférée des Français, avec 60% de bonnes opinions (baromètre Ipsos/Le Point) – et elle a profité du système qu’elle dénonce aujourd’hui. Elle en fait toujours partie, elle le fait vivre et y excelle même. Bref, c’est juste une femme politique comme les autres... et de droite.

 

Mon blog de campagne : ici

 

1 Sources : Wikipédia

 

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Tous les commentaires

Je viens de visiter votre blog, et celà m'amène à formuler quelques remarques.

Vous dites n'être dans aucun parti politique, après avoir été au PS...Vous citez Marx...Vous évoquez la nécessité de prendre en compte l'écologie.

Et vous finissez par " je voterai Hollande" ...dans l'idée de l'obliger à respecter ( je résume) les idées de gauche

Voilà ce que tout ceci m'inspire:

1- La non appartenance à un parti politique ( pas plus que l'inverse) ne garantit chez un élu son honnêteté intellectuelle, ni sa probité.

2- Je m'étonne que dans l'offre politique, avec les idées qui semblent être les vôtres, vous n'ayez pas trouvé chaussure à votre pied.

3- Sachant qu'une campagne électorale coûte cher ( c'est une des raisons de l'existence des partis politiques; ils doivent être financés par l'Etat, en principe pour que les fonds soient contrôlés!), avec quels deniers comptez-vous faire campagne ?

 

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