Des héros soviétiques sortent du froid dans le val d'oise

Après une longue disparition, du plus profond d’une glacière d'île de-France ont surgi des héros soviétiques oubliés.Aujourd'hui, lors de la journée de l’archéologie organisée par Arte et l’INRAP, ont été présentés au public, en avant première, des éléments des magnifiques bas reliefs qui ornaient le pavillon de l’URSS pendant l’exposition universelle de 1937. Ces statues ont une histoire étonnante. L'exposition universelle de 1937  En 1937, à Paris, en pleine guerre civile espagnole, l’exposition universelle bat son plein. Guernica de Picasso brille au pavillon espagnol tandis que les pavillons soviétique et nazis s’affrontent de chaque coté du pont d’Iéna, se faisant face en se défiant par dessus la palce de varsovie. La guerre s’annonce déja. Face à l’aigle nazi haut de 43m de l'architecte Albert Speer, qui perfidement a attendu la fin de la construction du pavillon soviétique pour finaliser la hauteur de son monument ; le pavillon soviétique, long de 160 m, oppose un ouvrier et une kolkhozienne brandissant faucille et marteau, une statue colossale en acier, réalisée par Véra Moukhina et symbolisant l’union des travailleurs de l’agriculture et de l'Industrie. Cette statue récemment restaurée trône désormais sur Prospekt Mira à MoscouA leurs pieds, on le voit sur l'image, de chaque coté, deux massifs latéraux sont décorés d'allégories des onze républiques soviétiques d’alors. Sur les petis cotés de devant et de l'arriére se trouve un ensemble de musiciens et à l'opposé un groupe représentant le sport et l'armée. Hautes de 2,5 mètres, revêtues d’un brillant métallique et oeuvres de Joseph Tchaïkov, juif ukrainien et grand sculpteur réaliste soviétique, ces statues en ciment représentent des fileuses, tankistes, enfants et musiciens. Ce sont ses prolétaires qui depuis 2004, grâce aux efforts de l’INRAP et de françois Gentili ont été exhumés de la glacière de Baillet-en-France. La glaciation ont le voit peut avoir du bon.

Après une longue disparition, du plus profond d’une glacière d'île de-France ont surgi des héros soviétiques oubliés.
Aujourd'hui, lors de la journée de l’archéologie organisée par Arte et l’INRAP, ont été présentés au public, en avant première, des éléments des magnifiques bas reliefs qui ornaient le pavillon de l’URSS pendant l’exposition universelle de 1937. Ces statues ont une histoire étonnante.

 

L'exposition universelle de 1937

 

1937-russie-01.jpgEn 1937, à Paris, en pleine guerre civile espagnole, l’exposition universelle bat son plein. Guernica de Picasso brille au pavillon espagnol tandis que les pavillons soviétique et nazis s’affrontent de chaque coté du pont d’Iéna, se faisant face en se défiant par dessus la palce de varsovie. La guerre s’annonce déja.

 

Face à l’aigle nazi haut de 43m de l'architecte Albert Speer, qui perfidement a attendu la fin de la construction du pavillon soviétique pour finaliser la hauteur de son monument ; le pavillon soviétique, long de 160 m, oppose un ouvrier et une kolkhozienne brandissant faucille et marteau, une statue colossale en acier, réalisée par Véra Moukhina et symbolisant l’union des travailleurs de l’agriculture et de l'Industrie.
Cette statue récemment restaurée trône désormais sur Prospekt Mira à Moscou
A leurs pieds, on le voit sur l'image, de chaque coté, deux massifs latéraux sont décorés d'allégories des onze républiques soviétiques d’alors. Sur les petis cotés de devant et de l'arriére se trouve un ensemble de musiciens et à l'opposé un groupe représentant le sport et l'armée. Hautes de 2,5 mètres, revêtues d’un brillant métallique et oeuvres de Joseph Tchaïkov, juif ukrainien et grand sculpteur réaliste soviétique, ces statues en ciment représentent des fileuses, tankistes, enfants et musiciens. Ce sont ses prolétaires qui depuis 2004, grâce aux efforts de l’INRAP et de françois Gentili ont été exhumés de la glacière de Baillet-en-France. La glaciation ont le voit peut avoir du bon.

Une histoire étonnante.
Lors du démontage du pavillon et afin, vraisemblablement, de remercier les ouvriers français de leur travail ininterrompu malgré les grandes grèves qui ont agrémenté les débuts du front populaire ; les reliefs sont offerts par l'URSS à la Confédération Générale du Travail (CGT). Elle sont alors installées dans le parc du château de Baillet-en-France, qui appartenait au syndicat pour devenir un lieu de vacances trés fréquenté lors des premiers congés payés. Plusieurs centaine de milliers d’ouvriers venaient alors se baigner joyeusement dans le lac qui agrémentait le parc du château sous le regard bienveillant et fraternel des ouvriers en pierre des républiques soviétiques.


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En 1940, la France perd la guerre. La CGT est dissoute et interdite. Le parc change donc de destination. Après avoir servi de camp d’internement, le château est confié aux jeunesse pétainistes. Sur ordre des autorités collaborationnistes, les statues sont donc détruites à la masse mais sans subir de vandalisme et remisées dans un endroit indéterminé. Après la libération de la France, le chateau de Baillet est restitué à la CGT. Une photo d'époque montre les statues fracassées étalées au sol dans le parc avec un panneau en indiquant que "Le fascisme est passé par là".
Qu'advient il alors ? mystère.
-Soit les métallos propriétaires des lieux ont renoncé à reconstituer ce vaste puzzle et ont remisé les blocs monumentaux dans la glacière voisine.
-Soit ils ont décidé de les sauver en attendant de les remettre en état plus tard et les ont "oubliés" dans la glacière.
Une chose est certaine : les statues n'ont été redécouvertes que fortuitement par les chercheurs de l'INRAP appelés dans le parc de l'ancien chateau de Baillet pour un diagnostic archéologique avant construction de lotissement. Démurée françois Gentili découvrit dans le faisceau de sa lampe ces vestiges soviétiques qui lui ont immédiatement rappelés les images du journal l'illustration que lui montrait ses parents. Il fît trés vite le lien, car trés peu d'oeuvres soviétiques ont été exposées sur le sol français. Une chance inouïe. De plus grâce à la température constante de la glaciére le métal n’a pas rouillé et n’a pas fait exploser le ciment, cela a permis une très bonne conservation des bas reliefs, magnifique représentation de l’art réaliste soviétique de l’avant guerre.

Autant dire que, depuis la chute de l'URSS en 1991 et le démantèlement de l'union soviétique, ces éléments sont devenus de véritables monuments historiques, témoignage de la grande lutte des idéologies de la veille de la seconde guerre mondiale à la chute du mur de Berlin.

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La première pièce mise au jour est un médaillon représentant la république soviétique du Tadjikistan. Sur celui-ci on voit le mont du Panir enneigé, une centrale électrique, des fleurs de coton, un homme sur son tracteur. On lit aussi "CSS Toçikiston" et le slogan "prolétaires de tous les pays, unissez-vous", écrit en cyrillique et en latin.

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La deuxiéme partie exposée hier représente le groupe de musicien ornant un des petits cotés du bloc de bas relief et composé d'un violoniste, de danseuses et d'une petit fille trés émouvante avec un bouquet de fleur. Cet ensemble devrait être montré à l'exposition "Symphonies d'octobre, musique et pouvoir en Russie soviétique" organisée en octobre 2010, à la cité de la musique, dans le cadre de l'année franco-russe.

L’ensemble global des bas reliefs, actuellement en cours de restauration dans les entrepots de l'INRAP à Saint Ouen l'aumone, sera présenté à une date restant à déterminer au musée archéologique du Val d’Oise à Guiry en Vexin.

 

Assurément une exposition qu'il ne faudra pas manquer.

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