Chaque mois, nous vous proposerons une brève présentation des conflits qui se déroulent ou se sont déroulés dans la période en question, en France mais aussi à l’international.
Nous savons parfaitement que la liste qui suit n’est que partielle. Eh oui ! L’information sur les grèves et les luttes n’est pas la mieux partagée par les médias, il faut aller la chercher. Et pourtant, des grèves, il y en a ! En France, et ailleurs dans le monde, y compris dans des pays que les médias mainstream nous présentent comme les modèles à suivre, États-Unis ou Allemagne, car les salarié.e.s y seraient dociles, pas comme les salarié.e.s français.es "réfractaires"! Si vous avez des informations à nous transmettre à propos de votre grève ou d’une grève dont vous avez connaissance, n’hésitez pas à nous en faire part en nous écrivant à netournonspaslapage@gmail.com
Clôture rédactionnelle de cet article : samedi 10 janvier 2026
A L’INTERNATIONAL
Belgique
En Belgique, le fort mouvement de grèves, qui a culminé fin novembre, n’a pas pris fin. Le 15/12, il y avait 24 heures de grève générale contre les mesures de « l’Accord budgétaire » à Bruxelles et en Wallonie, dans les transports et les services publics. Le secteur culturel était très mobilisé, recevant à Bruxelles le soutien de plusieurs milliers de personnes dans une assemblée accompagnée de concerts et autres performances artistiques. Et les services municipaux – tout particulièrement les services sociaux – de Molenbeek, commune de la banlieue bruxelloise fortement impactée par la crise et la précarité, étaient en pointe. Ces services, déjà incapables d’assumer leur rôle faute de temps et de moyens, seront davantage impactés par la politique de l’Arizona.
Bolivie
Dans ce pays, l’augmentation du prix des carburants est au programme, pesant très lourd sur le pouvoir d’achat des catégories populaires. Cette hausse est la conséquence logique d’une décision du nouveau gouvernement austéritaire de Rodrigo Paz. La COB (centrale ouvrière bolivienne) a appelé à la grève générale illimitée à partir du 22/12. Grèves, grosses manifs et barrages routiers se sont multipliés.
Cameroun
Dans l’Adamaoua, un des plus importants corridors commerciaux du pays, des centaines de camions en partance pour le nord-Cameroun, le Tchad, la République centrafricaine, sont restés stationnés pendant 5 jours en début de mois. Un fort mouvement de transporteurs/ses en est la cause, avec un ras-le-bol des tracasseries subies sur cet axe, malgré les promesses d’assouplissements faites par le gouvernement ; mais la goutte d’eau a été la gifle donnée par un flic à un chauffeur.
Canada
Le 17/12, la grève des transports chez STM, à Montréal, a rebondi avec le début d’une seconde grève. Les professionnels rejoignent l’entretien, en grève depuis le 11/12. Les professionnels sont partis pour une grève des heures supplémentaires les nuits de mardi à mercredi, au moins jusqu’au 11/1.
Grèce
Plusieurs jours mi-décembre, et surtout le 16/12, la Grèce a connu grèves et mobilisations contre un projet de budget nuisible aux travailleurs/ses (salaires à la traine sur l’inflation, priorité à l’armement…). A noter : grève nationale du secteur public, solidarité avec la mobilisation des agriculteurs et manifestations. Le 17/12, le Parlement a voté le budget, causant la colère, mais si la colère ne retombe pas complètement, la lutte ne s’est pas intensifiée depuis lors.
Italie
Une journée de grève générale a été organisée contre le budget hyper-austéritaire de Meloni, qui vise à faire passer le déficit public sous la barre de 3% du PIB. Des manifs bien nourries, en opposition aussi à la politique de réarmement.
Portugal
Énorme attaque du gouvernement Montenegro contre les travailleurs/ses, qui modifie une centaine d’articles du Code du travail, dans un sens ultralibéral : facilitation des licenciements sans motif valable, facilitation de la sous-traitance, révision du congé parental, limitation du rôle des syndicats dans les boites, service minimum étendu à de nombreux secteurs d’activité en cas de grève, etc. etc. etc. Malgré le fait qu’il ne dispose que d’une majorité relative au parlement, le gouvernement, à part quelques légères concessions, n’a pas voulu retirer son projet. Le jeudi 11/12 a donc été la plus forte journée de grève générale (dans un cadre intersyndical CGTP-UGT et avec 61% de soutien populaire) depuis 2013 : gares désertes, trains annulés, métro fermé à Lisbonne, déchets non collectés, hôpitaux en grève et parfois fermés ; grèves aussi dans les écoles, les tribunaux, l’administration fiscale ; nombreuses grèves dans le privé aussi, notamment 2/3 de vols TAP en moins. Une vingtaine de manifestations étaient organisées. Quelle suite sera donnée à cette journée ?
Royaume-Uni
Grève des médecins britanniques du 17 au 22/12, la quatorzième en moins de 2 ans. Des milliers de médecins résident.es (des internes en France), représentant un peu moins de la moitié des toubibs du NHS, veulent des hausses de salaires pour compenser l’inflation, et en ont ras-le-bol d’être promené.es par le gouvernement. Cela arrive avec une forte épidémie de grippe.
Suisse
Grève, le 4/12 du personnel de la fonction publique et parapublique dans le canton de Vaud, contre le projet de budget 2026 et ses 305 millions de CHF de coupes (328 millions d’euros), septième journée de protestation sur le sujet, avec grande manifestation à Lausanne. Forte mobilisation en particulier dans les écoles et la formation professionnelle ; bâtiments de l’Université de Lausanne bloqués.
Europe
Dans plusieurs pays européens, des grèves du secteur aérien ont eu lieu en décembre. Depuis septembre, la conflictualité s’est accrue. L’Italie, le Royaume-Uni, l’Espagne ont été touchés ce mois-ci.
Le 17/12, grève de 4 heures dans plusieurs aéroports italiens (personnel au sol pour Ryanair, Wizz Air, EasyJet ; contrôleurs/ses aérien.nes) ; personnel d’ITA Airways et de Vueling ; agents au sol pour Air France et KLM.
Grève de l’enregistrement et du traitement des bagages de Londres-Luton vers la France et d’agents de piste DHL pour Easyjet à Luton du 19 au 22/12 puis du 26 au 29/12 ; grève à Londres-Heathrow du personnel navigant de Scandinavian Airlines (SAS), pour les salaires, du 22 au 26/12.
En Espagne, grève des agents d’Azul Handling (enregistrement, bagages, piste), prestataire d’assistance au sol de Ryanair – un mouvement qui a démarré le 15/8 – affectant la plupart des aéroports, à propos des conditions de travail, des primes et de la stabilité de l’emploi.
OUTRE-MER
Guadeloupe
Chez France Travail Guadeloupe, 5 syndicats appelaient à une journée de mobilisation devant la direction régionale, pour dénoncer la situation : surcharge de travail, manque de moyens, précarité des contrats, hausse des risques psycho-sociaux ; avec en plus les coupes budgétaires et le développement de la précarité sur l’île. Après une AG le 2/12, l’entrée en grève a été décidée à l’unanimité dès le 9/12.
EN FRANCE
Grève du 02/12
On sentait bien que la journée de grève et de manifestations du 2/12, appelée par la CGT, rejointe par la FSU et Solidaires, et parfois FO, dans un certain nombre de départements, surtout de l’ouest et du sud-ouest, ne serait pas une réussite. Elle était annoncée, en opposition au projet de budget, « catastrophique », « socialement injuste » ; et pour la « justice sociale et fiscale », contre les suppressions de postes, pour la hausse générale des salaires ; elle s’adressait au public et au privé, aux retraité.es, aux demandeurs/ses d’emploi, aux jeunes. Les appels à manifester touchaient plusieurs villes ; les préavis de grève étaient déposés surtout dans la fonction publique. Mais sans perspectives, sans plan de construction de lutte, et venant deux mois après le 2/10, une journée elle-même très en recul par rapport à celle du 18/09, elle ne pouvait guère mobiliser en masse.
Quels éléments de bilan ? A la SNCF, un trafic quasiment normal des TGV, quelques perturbations sur des IC ou des TER, et sur le RER C, mais davantage de perturbations dans le centre du pays. Peu de grévistes et d’impact à la RATP (qui ajoute la revendication de défense du service public) et rien à signaler dans le transport aérien. Dans l’enseignement, peu de grévistes malgré quelques fermetures d’écoles dans le 1er degré. Un peu plus de réussite dans certaines mairies, en particulier dans les secteurs les plus dévastés (périscolaire, petite enfance…). Certaines entreprises ont eu des grévistes le 2/12, à l’occasion de négociations salariales (ex. Groupama).
Le ministère de l’intérieur a comptabilisé 32 000 manifestant.es en France, réparti.es dans les quelque 150 manifestations du pays, de « plusieurs milliers de personnes » selon la CGT, qui a dénombré 17 000 manifestant.es à Paris. Nulle part les manifs n’ont fait le plein : au moins 1 500 à Nantes selon les syndicats ; mais moins de 1 000 à Bordeaux ; 2 000 dans tout le Sud-Ouest (140 en Charente-Maritime, 300 à Bayonne, 250 en Dordogne…).
Grèves spécifiques
Métallurgie
Le 3/12, les salarié.es de Bodycote à Cambes (46) se sont mis en grève contre le projet de fermeture de leur usine, et la délocalisation d’une partie de la production, prévue en janvier 2026. Cette boite anglaise fournit des services de traitements thermiques, d'assemblage de métaux, de pressage isostatique à chaud et de revêtements. La direction ne donne pas d’informations sur les détails de cette casse, qui apparait comme une absurdité industrielle aux yeux des salarié.es.
ArcelorMittal
A partir du 1/12, en plus de la lutte contre la suppression massives d’emplois, annoncée en avril, les sidérurgistes d’ArcelorMittal ont entrepris des débrayages et des grèves spontanées dans les unités de Dunkerque et Mardyk, contre les propositions de la direction (0,9% de hausse des salaires) pour les NAO. A Dunkerque, s’y ajoutent des conditions d’hygiène lamentables (saleté, légionelle).
Constellium
A Montreuil-Juigné (49) les ouvier.es de Constellium (usine d’aluminium de plus de 250 salarié.es) se sont mis.es en grève le 15/12. Le groupe auquel Constellium est rattaché, coté à Wall Street, se porte très bien, mais pour les NAO, c’est 25€ d’augmentation qui ont été proposés aux travailleurs/ses, alors que la CGT en revendique 150. Avec un chantage de la direction, qui propose une prime de 20€ pour les ouvrier.es en 3x8, conditionné par un engagement à ne pas plaider devant les tribunaux. Depuis le 8/12, les sections CGT et CFDT appelaient à débrayer chaque jour 2 heures. Cela ne menant à rien, une AG a décidé le 11/12 de la grève le 15/12, avec piquet, suivie par une moitié des salarié.es.
Autres industries
Arkema
Le 11/12 et les jours qui ont suivi, grève sur les 13 sites du groupe Arkema. Aux NAO, la direction proposait 1,2% d’augmentation avec un minimum de 35€. Cela a été perçu comme une insulte. A l’usine de Pierre-Bénite (69), une AG a prolongé la grève les 12, 15 (interrompue l’après-midi), 16. La majorité des autres sites ont fait de même.
Transports
SNCF
Normandie
Forte grève SNCF le 15/12 en Normandie (notamment Seine-Maritime), à l’appel de CFDT, CGT, UNSA et Sud Rail, contre l’ouverture à la concurrence des trains normands. 100% de grévistes chez les premier.es concern.ées (soutenus par des associations d’usager.es), causant d’énormes perturbations sur toutes les lignes Nomad Train. RATP Dev (filiale RATP) a été choisie pour Caen-Cherbourg, Caen-Rouen, Caen-Évreux : une boite qui n’y connait rien, et qui va augmenter les coûts pour la collectivité et les usager.es.
Autres transports
Ajaccio
Le 2/12, les chauffeurs/euses de bus du réseau Muvitarra de la région ajaccienne, se sont mis.es en grève, à l’appel du STC (majoritaire), rejoint par FO et la CGT, contre la remise en cause, voulue par la communauté d'agglomération (CAPA), des accords collectifs Occupation de dépôt, blocages de ronds-points et de routes... Le 22/12, un accord STC-CAPA a été signé, refusé par la CGT. La dénonciation des accords d’entreprise suit son cours et les acquis sociaux disparaitront le 28/12. Les titulaires actuels en CDI voient leur salaire garanti, mais les nouvelles recrues gagneront moins et seront en CDD… Des négociations sont prévues dès janvier pour définir un « socle social ».
Le Mans (72)
Grève pour une revalorisation salariale les 1/12 et 8/12 aux transports Aléop en Sarthe. De nombreuses lignes perturbées et des transports scolaires supprimés dans le département.
Tours (37)
Depuis le 20/12 (au moins jusqu’au 26/12), le trafic des bus du réseau Fil Bleu sur la métropole tourangelle est très perturbé par une forte mobilisation contre des conditions de travail très dégradées, avec des temps de trajet devenus inadaptés et qui rendent souvent les pauses impossibles. La grève a lieu dans un cadre intersyndical.
Services
Propreté nettoyage
Grève à l’université d’Aix-Marseille des agent.es d’entretien de la société prestataire Derichebourg pour des garanties sur leur devenir professionnel, à partir du 4/12.
Éboueurs
Lille
A partir du 22/21, grève très suivie (plus de 95%), assez médiatisée, et victorieuse des éboueurs de la métropole lilloise. Salarié.es de la société Deverra, en charge de la collecte des déchets dans le sud-ouest de l’agglomération (plus de 500 000 habitant.es et 52 communes concerné.es), ils et elles ont d’abord débrayé à l’appel de la CGT et de FO. Puis la grève devient illimitée, mue par la colère contre la dégradation de leurs conditions de travail (suppression de camions-bennes, passant de 19 à 14 ; donc des zones à couvrir plus vastes, des cadences insoutenables, des difficultés pour finir les tournées…), et contre la décision de la direction de supprimer un des deux releveurs à l’arrière du camion.
Les revendications : réorganisation des tournées ; pas de suppression du second releveur ; prime de Noël de 600€ ; hausse salariale de 3%. Après de légères avancées de la direction (100€ de prime), la détermination est forte, la grève s’installe. Pendant les fêtes, les ordures s’entassent, débordant presque sur les routes. La direction bloque les discussions, menace de licencier les « perturbateurs » et porte plainte. Les syndicats envisagent de porter plainte pour délit d’entrave, après l’appel à des briseurs de grève du groupe Pizzorno. Après 8 jours de grève, les bennes ne sortent toujours pas.
Au 1er janvier, les grévistes obtiennent une augmentation immédiate de 1,5%, devant être suivie par une autre de 1% au 1/5/2025, une prime de 200€ et le maintien du second releveur.
Commerce-distribution
FNAC
Les 28 et 29/11, grève nationale à la FNAC pendant le Black Friday, à l’appel de Sud et de la CGT, pour dénoncer une nouvelle attaque patronale contre les salaires, et aussi contre la précarité et les conditions de travail. Des centaines de salarié.es ont participé, exigeant d’abord le retrait du « projet de vol de nos salaires », une perte de salaire réelle due à la fin de la prise en compte des augmentations légales et conventionnelles, censées être compensées par une part variable de la rémunération, liée à la vente de plus de services au détriment des clients. Au contraire, les grévistes exigent l’augmentation des salaires et des embauches, ainsi que la fin des pressions subies pour vendre des services.
Action
Grève nationale le 6/12, beaucoup de magasins Action étaient fermés. Mouvement bien suivi dans le Sud-Est (Alpes-Maritimes, Var). Motifs : charge de travail intense et croissante, heures supplémentaires non payées, pressions de la hiérarchie, non-respect des règles au détriment des salarié.es.
Education
Périscolaire
Dans la CoVe, Communauté d’agglomération Ventoux Comtat Venaissin (84), une grève a fait fermer au moins 4 crèches le 24/12. Depuis des mois, les salarié.es demandent une réorganisation du service de crèche la veille de Noël : peu d’enfants y sont inscrit.es (75 environ sur 300), le ras-le-bol s’est accru, d’abord ignoré par la CoVe, qui a même provoqué les salarié.es en leur demandant de venir de 7h30 à 17h pour faire le ménage ; mais quand le préavis de grève est tombé, le ton s’est adouci… trop tard !
Premier degré
Dans un cadre national et avec un mot d’ordre intersyndical, grève des assistant.es d’éducation et des AESH le 16/12 à Châteauroux, avec rassemblement devant la Cité administrative, pour protester contre les mauvaises conditions de travail.
Le même jour, une centaine d’AESH se sont rassemblé.es en AG à Toulouse, pour exiger un statut de fonctionnaire (catégorie B) et une hausse des salaires.
L’UNSA estime qu’un.e élève en situation de handicap sur sept n’est pas accompagné.e aujourd’hui
Second degré
Huit professeurs titulaires au lycée de la Venise Verte de Niort (Deux-Sèvres) se sont mis en grève le jeudi 11 décembre. Ils dénoncent la situation d'une collègue contractuelle qui ne peut pas bénéficier d'un salaire lors des vacances de Noël. Plus largement, ils dénoncent les coupes budgétaires réalisées au sein de l'Éducation nationale.
Santé-social
Travail social
Grève des travailleurs/ses sociaux/ales les 16, 17 et 18/12. Il y a de nombreuses luttes dans le secteur social et médico-social (protection de l’enfance, hébergement d’urgence, accompagnement des mineur.es isolé.es, du handicap…). Leur coordination est essentielle. Ces trois jours ont été décidés par les rencontres nationales du travail social en lutte, tenues à Marseille les 12 et 13/10. Objectifs : bloquer la casse du secteur social et médico-social, élever les salaires, combattre l’austérité, refuser les suppressions de postes, tandis que Macron et les patrons veulent une convention collective unique, avec allongement de la durée du travail, des jours de congé en moins, le salaire au mérite… et alors que les conditions de travail et d’accueil se dégradent sans arrêt et que les « plans sociaux » s’accumulent.
Dans les hôpitaux
A l’hôpital de Girac à Angoulême (16), les grévistes du Pôle Femme-mère-enfant ont gagné sur une partie de leurs revendications après une lutte de 4 mois, largement soutenue par la population. Un poste menacé a été maintenu du 1/10 au 31/3 ; un protocole « d’entraide » sera mis en place pour le reste de l’année ; il y aura remplacement du poste d’infirmière puéricultrice après 5 jours d’absence.
Au CHU de Nîmes (30), une trentaine de salarié.es des urgences se sont mis.es en grève contre l’ouverture le 15/12 d’une unité d’hospitalisation de courte durée, sans recrutement et avec une bascule de postes, ce qui ne peut qu’aggraver la tension déjà existante. Après des discussions où la direction a fait la sourde oreille, les grévistes ont constitué, à l’appel de FO, un piquet et comptent sur le soutien des pompiers de Nîmes, impactés par l’attente aux urgences. La lutte a permis des avancées : le recrutement en cours de 5 infirmier.es.
A Dignes (04), une cinquantaine de personnels, soignant.es et non-soignant.es, ont lancé une grève illimitée à la mi-novembre. Le 18/12, les grévistes dénonçaient publiquement la profonde dégradation des conditions de travail et la suppression de 26 postes, conséquence de l’austérité.
A Clermont-l’Hérault (34), mouvement de grève lancé par la CGT le 17/12, contre le manque d’effectifs qui conduit à une réduction du temps consacré aux résident.es.
A Tours (37), la grève des soignant.es dure depuis le 26/11. Ils et elles sont épuisé.es et reconnaissent être dans de conditions de santé personnelles trop mauvaises pour bien faire leur travail. La charge de travail est devenue insupportable, avec des patients qui présentent des pathologies plus lourdes et complexes qu’auparavant, et les moyens humains ne correspondent pas à cette évolution.
Ehpad
Nouvelle grève illimitée à Podensac (33) le 1/12, après celle de 68 jours qui a eu lieu entre mai et juillet. Les salarié.es veulent en finir avec le travail 3 week-ends consécutifs, et poser leurs congés selon leurs besoins. Les grévistes reconnaissent que l’épuisement consécutif génère des soins dégradés.
Culture
Grève au Louvre
Le 8/12, à l’appel de CGT, CFDT et Sud, une grève reconductible a été votée à l’unanimité par environ 200 personnels, pour le 15/12, contre des conditions de travail dégradées qui sapent gravement la santé des salarié.es, contre les contrats précaires, l’insuffisance des effectifs et des moyens. La directrice, Laurence des Cars, est aussi mise en cause pour son « modèle de gouvernance pyramidale et cloisonnée » et « une gestion RH de plus en plus brutale ». Les syndicats exigent la création de postes dans la surveillance et l’accueil, et le passage en CDI des CDD qui répondent à des besoins permanents (alors que la direction du musée prévoit au contraire la suppression de 5 postes dans ces domaines). A cela s’ajoute l’augmentation des tarifs pour les non-Européens, rejetée par les grévistes.
Le 15/12 à 9h, l’AG, interprofessionnelle par les catégories représentées, a voté la grève à l’unanimité et le Louvre est resté fermé, et le 16/12 aussi. Le 17/12, le musée a rouvert partiellement, malgré une reconduction unanime (à 300) de la grève, face à des propositions du ministère jugées « indignes ». Le 18, même chose : vote pour la prolongation de la grève, mais ouverture partielle (un « parcours chefs-d’œuvre »). A cette étape, la ministre de la culture Rachida Dati a promis l’annulation d’une baisse de 5,7 millions d’euros de dotation au Louvre, une réponse jugée insuffisante par les syndicats. Le 19, l’AG du matin a voté la fin de la grève, sur la base de cette annulation, mais aussi de recrutements et de revalorisations indemnitaires, toutefois jugés insuffisants. Les syndicats – ou une partie d’entre eux – semblent miser sur de prochaines négociations pour obtenir plus. Le Louvre a rouvert le 19/12.
Grève à l’Opéra Garnier
Le week-end des 20 et 21/12, des représentations ont été déprogrammées du fait d’un mouvement de grève. Les grévistes refusent le sous-effectif chronique et les réductions d’effectifs. Les grévistes exigent plus de postes.
Autres grèves, dans le secteur privé
LVMH
Grève le 5/12 des salarié.es de Moët & Chandon et Ruinart (du groupe LVMH, premier groupe de luxe au monde) qui, pour la première fois depuis 1968, n’ont pas reçu leur prime de participation, alors que, bien sûr, les profits sont immenses.
Colibri
Sur le site de Pons (17) de la pâtisserie industrielle Colibri, promise à la fermeture fin 2026, 80% des salarié.es étaient en grève le 9/12, contre cette fermeture ; un mouvement suspendu le 12/12, après d’intenses discussions, l’interventions d’élu.es, etc..