Antipodes, une utopie réalisée. Une réussite étranglée

En réalisant une grande résidence exemplaire, sans un centime d'argent public, dans un délai exceptionnel de 11 mois, pour un coût inférieur à une production des offices HLM, l'association Antipodes -Bourgogne avait ouvert une nouvelle voie féconde pour impulser le logement étudiant. Elle avait permis, par une gestion désintéressée, d'associer l'entreprise privée au service public sans empiéter sur celui-ci. C'était il y a 25 ans. Le projet est aujourd'hui amorti par autofinancement et les immeubles transmis à l'Etat. L'opération devrait servir d'exemple. Or, parcequ'elle dérange trop d'intérêts, groupes privés, Oeuvres universitaires, opérateurs sociaux, tout est fait pour jeter un voile sur elle, pour la discréditer. C'est pourquoi nous avons retracé le projet dans toutes ses dimensions économiques, sociales et culturelles, dans un ouvrage intitulé "Résidence en résistance. Dans les coulisses d'Antipodes".

Publié aux Presses du réel, et disponible depuis le 30 octobre pour 12 € sur <www.lespressesdureel.com> ce livre retrace la formidable et anticipatrice aventure d'Antipodes-Bourgogne, résidence de 349 appartements conçue en 1991, réalisée en 1992, gérée par une association loi de 1901 sans un centime d'argent public,  sous la signature d'une des plus grandes équipes d'architectes d'aujourd'hui, Herzog et De Meuron. Illustré par de nombreuses photos, il démontre, preuve à l'appui qu'il est possible de surmonter l'impuissance des Œuvres  universitaires, l'insuffisance des opérateurs sociaux officiels, l'inconstance d'un Etat soumis aux lobbies des grands groupes aménageurs, et défaillant dans ses engagements à long terme.

Parce qu'il est temps dans cette période de crise et de désenchantement de se rappeler que c'est l'affirmation d'un projet qui le rend possible et non le possible qui conditionne le projet.

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