BENALLA, LES SILENCES DE MEDIAPART...PROTECTION DES SOURCES OU MALHEUREUX OUBLI ?

Comme le disait ce samedi soir le présentateur d'une émission télévisée : y a pas que Mediapart dans la vie. Valeurs Actuelles et surtout Libération ont aussi fait pas mal de révélations récemment. C'est ce dernier titre qui a livré les noms de deux autres " connaissances" de Benalla. Et non des moindres ! Quatre jours après la parution de ces nouveaux éléments, toujours rien dans Mediapart...

Le premier de ces deux derniers contacts de Benalla apparus dans la presse s'est "balancée" toute seule... en démissionnant. C'était la cheffe du service de sécurité du Premier ministre (SSPM). Certains imaginent de plus en plus que c'est dans son appartement qu'a été enregistrée la conversation entre Benalla et Crase, le 26 juillet 2018. La dame a bien expliqué avoir reçu Alexandre Benalla à son domicile "dans ces eaux là", mais elle ne se souvient pas de la date exacte. Et puis, elle jure n'avoir jamais vu Vincent Crase. L'autre nom révélé l'a été par Libération. Il s'agit ... du compagnon de la responsable du SSPM ! Ouille ! Cherry on the cake, le garçon est militaire. D'aucuns l'ont dit membre des "forces spéciales". Ce que n'a pas dit sa compagne, la commissaire divisionnaire de Matignon, interrogée par les enquêteurs chargés d'élucider l'affaire des violences illégitimes du 1er mai, c'est si son concubin n'a pu recevoir seul Benalla et Crase dans leur appartement. Si tel était le cas, on pourrait se demander si ce n'est pas lui qui a sonorisé l'endroit pour enregistrer les deux compères. Dans quel but ? Deux solutions : ou le militaire en question collaborait avec les services de renseignement de l'armée, et il était infiltré dans le système Benalla. Jusqu'à faire partie de la protection rapprochée de l'oligarque russe sous contrat avec Benalla et Crase, par le biais d'une société écran. L'homme aurait pu ainsi surveiller les activités du milliardaire, fiché par Interpol pour ses contacts avec la mafia moscovite. Et ami de Vladimir Poutine. Une cible idéale pour les services de renseignements, militaires comme civils...S'il en était ainsi, ses officiers traitant l'aurait exfiltré du dossier depuis longtemps. 

OUVRIR LE PARAPLUIE

L'autre solution c'est qu'associé en sous main avec A.Benalla et V.Crase, le copain de la policière voulait se fabriquer un "parapluie"qui lui servirait si, après la bavure du 1er mai, les choses tournaient en eau de boudin. Enfin, la dernière hypothèse est que les enregistrements ont été réalisés et fourni à un média par l'un ou l'autre des acolytes. Mais, dans une des bandes, Crase explique parfaitement qu'il n'a rien à gagner à fricoter avec la presse. Pour Benalla, c'est une autre paire de manches ! Lui aussi aurait pu vouloir se couvrir d'une solide assurance, au cas où il serait lâché par tout le monde à l'Elysée. Seul problème, au cours de cette conversation avec Crase, Benalla évoque bien plus de choses compromettantes pour lui, que ce qu'il y a dans le dossier à la date de l'enregistrement clandestin... Une précision publiée ces jours-ci indique que Benalla aurait déclaré que celui-ci n'était pas de son fait. Mais bon, croire Benalla, c'est attendre le père noël au pied du sapin quand on a passé l'âge. Il n'est pas à un mensonge près. En attendant, Benalla a beau paraître en public propre et bien rasé, son affaire est de plus en plus parée d'une sérieuse "barbouze"...Voire de plusieurs. Quoiqu'il en soit, quatre jours après la révélation des noms de deux autres "contacts" sensibles de Benalla, toujours rien sur Mediapart...Rien concernant la cheffe du service de protection du Premier ministre et son compagnon militaire. Après la démission de la commissaire divisionnaire de son poste à Matignon, c'est son compagnon qui a été mis à pied par l'armée... Mais RIEN DE TOUT CELA DANS MEDIAPART... Protection des sources ? Ou comme on nous l'a déjà servi pour l'affaire Ramadan, "pas encore assez d'éléments" ? Pas même en citant les confrères au détour d'un papier... 

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