Enregistrements Benalla : Ce qui gène dans la collaboration Mediapart - juges...

Bien sûr qu’il faut dénoncer la tentative de « perquisition sauvage » à Mediapart ! On peut cependant être très critique sur sa « collaboration » avec des juges auxquels ont été remis des enregistrements. Leur contenu est décrit comme pouvant être incriminant pour MM Benalla et Crase. Est-ce le rôle de journalistes d’aider à (peut-être) les envoyer en détention préventive ? Fussent ces deux-là ?

Mercredi 6 février, dans l'émission de la 5 "C à vous", Edwy Plenel a dit avoir remis à la justice des éléments PUBLIÉS par Mediapart. NON ! Et c'est Mediapart qui l'écrit (VOIR CI-DESSOUS). Mardi 5 février, le site raconte que la veille, sept enregistrements ont été remis à la justice (dont un inédit) . Et, à la fin de ce papier, Mediapart met en ligne... cet "inédit"... A minima, la justice a donc bénéficié la veille d'un élément d'enquête journalistique, dont les abonnés de Mediapart n'avaient pas eu connaissance. J'ai déjà expliqué ce que je pensais de cette "collaboration" journalistes-justice. Pour moi, si la dernière veut se procurer des infos publiées (des docs, des enregistrements, des vidéos, etc) elle n'a qu'à en saisir leurs transcription sur le support qui les a rendues publiques (journal, site, etc). Mais ce qui me gène c'est que des journalistes puissent lui prêter main forte. Le problème étant que, dans ce genre d'inter-actions, on sait où l'on commence, pas où l'on s'arrête... Certains m'ont répondu : quelle importance, tant que les éléments ont été publiés. Et bien justement, dans ce cas précis, tout ce qui a été remis à la justice lundi 4 février 2019 ne l'avait pas été ! Sans compter les raisons invoquées par Mediapart pour justifier ces " accommodements" ("documenter en procédure la violation du contrôle judiciaire"). En clair, des journalistes ont fourni à des juges des éléments pouvant permettre à ces derniers d'envoyer deux mis en examen en détention préventive, pour "violation de leur contrôle judiciaire". Est-ce vraiment là le rôle de journalistes ? Certes, ces deux personnes se nomment Benalla et Crase. Dans leur conférence de presse, les confrères de Mediapart ont déclaré que leur rédaction était un sanctuaire. Pas tout à fait...

Extrait du site Mediapart
Mediapart a remis sept enregistrements, dont un inédit, à la justice
5 FÉVRIER 2019 PAR FABRICE ARFI, ANTTON ROUGET ET MARINE TURCHI

" Pour protéger ses sources, Mediapart s’est opposé à une perquisition dans l’enquête pour « atteinte à l’intimité de la vie privée » ouverte par le parquet. Nous avons en revanche donné suite à la réquisition formulée par les juges de l’affaire du 1er Mai, en remettant sept enregistrements, dont un inédit, dans lequel Benalla et Crase discutent de détruire des preuves.
(…) Si nous avons donné suite à la première demande – dont l’objectif est de documenter en procédure la violation du contrôle judiciaire de MM. Benalla et Crase –, nous nous sommes en revanche formellement opposés à la moindre perquisition dans notre rédaction (lire notre article). La perquisition, par la contrainte ou la surprise, peut permettre de voir et récupérer des documents et informations confidentielles dans cette enquête au cœur du pouvoir mais aussi dans d'autres dossiers en cours. Mediapart a ainsi remis lundi à la justice une copie des six enregistrements diffusés dans notre article du 31 janvier. Mais aussi un septième enregistrement, inédit, qui permet de confirmer la date de ces extraits sonores – le 26 juillet 2018. (…) Ce septième enregistrement est capital : le tandem Alexandre Benalla-Vincent Crase y discute de détruire des preuves intéressant l’enquête ouverte quelques jours plus tôt sur les violences du 1er Mai, mais aussi d’autres enquêtes éventuelles.
Voici l’échange : "
(suivent les extraits sonores)

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