Dixit Sarkozy à propos des violences à Villiers-le-Bel en 2008.
Mais où est le problème ?
Au fond, ce que dit Sarkozy c’est : le comportement de ces "voyous" n’a aucune explication autre que celle de vouloir fonder une "voyoucratie" (mot, j’espère, accepté par l’académie française comme néologisme, car, pour une fois que Sarkozy invente quelque chose on ne va pas lui enlever ce plaisir quand même). En fait, les choses se passent ainsi: il y a des jeunes qui se disent "j’ai une famille merveilleuse, un milieu de vie extraordinaire, un Etat qui m’aide de toutes ses forces à accomplir mes projets et à me développer comme personne, un bon travail, un bel appartement etc mais en fait je veux détruire et oublier tout cela, je veux tout brûler et aller en prison, je veux détester toutes les personnes qui m’ont tant donné (de l’amour à l’argent et au temps) juste parce qu’être heureux et bien vivre c’est pas mon truc !"
Dans ce cas les actes de violence seraient difficilement explicables (mais pas inexplicables). C’est donc ce qui doit se passer avec ces gens qui, bien qu’ayant tout pour être heureux et l’étant effectivement choisissent de tout détruire… D’après Sarkozy donc, rien n’explique non plus le fait qu’il y a plus de violence de rue dans les quartiers pauvres que dans les quartiers riches, parmi les jeunes pauvres que parmi les vieux riches, chez les hommes que chez les femmes etc. Tout cela est inexplicable… Vraiment !
Alors il faudrait que quelqu’un fasse une petite leçon de logique (mais surtout d’honnêteté intellectuelle et autre) à notre président ex-avocat (soit dit en passant, un avocat n’est-il pas censé comprendre et chercher des explications aux actes pour pouvoir défendre ce qui est défendable sans tirer des conclusions hâtives avant même qu’un procès quelconque ait eu lieu?) en lui expliquant que les actes des hommes sont souvent explicables par la vie qu’ils mènent ou qu’ils ont menée (non, pas excusables, explicables !). Par exemple, certains veulent devenir présidents parce qu’ils ont quelque chose à prouver à ceux qui les ont trop humiliés et ainsi humilier les autres à leur tour ou parce qu’ils ont besoin de reconnaissance et de sentir qu’ils ont de la valeur (mais ce n’est qu’un exemple pris au hasard).
De plus, comment punir quelqu’un (c’est à dire, dans une démocratie proclamée, lui faire un procès d’abord) en lui disant : je ne peux pas m’expliquer pourquoi tu as agit ainsi, mais je sais que tu en es le seul et unique responsable! Quelle mascarade! Si vous ne savez pas, monsieur le président, si vous ne comprenez pas, si vous ne cherchez pas, taisez-vous. Vous savez, vous n’êtes pas vraiment obligé d’intervenir (c’est à dire de parler) à chaque fois que quelque chose arrive (et surtout, si c’est pour dire des phrases dignes des plus médiocres sophistes, ce n’est pas la peine…)
Depuis quand c’est vous qui décidez qui mérite d’être excusé ? Sérieusement, laissez-moi rire un peu…
Ca y est, j’ai ri. Merci
Une dernière chose : c’est vrai que pour une personne qui a un besoin maladif d’être au centre de l’attention, vous y arrivez très bien mais retenez une chose : être au centre ce n’est pas être le centre.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.