Droits de l'Esclave de 1789 ou droits de l'HUMAIN de 1793 ?

A l'occasion de son allocution du 13 avril 2020, son altesse sérénissime Macron 1er avait prononcé une phrase, passée inaperçue : " Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune." Mais d'où sors cette phrase ? Et surtout, n'existe t'il pas une solution, comme un texte rédigé par le passé, qui pourrait servir de fondation pour le futur ?

Tout le monde connaît "Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits.", soit l'article premier de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789. Mais connaissez vous la phrase qui suit ? Car oui, il y'a une suite, une 2ème phrase, dans cet article, qui est loin d'être anodine.

"Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune."

Soit la phrase prononcée par son altesse sérénissime Macron 1er, lors de cette fameuse allocution "monarquale." 

Pesez bien l'importance de ces mots, en vous demandant qu'est ce que "l'utilité commune", et ou commence cette "utilité commune" ?

Quels sont, seront les critères de "distinction sociale" ?

Quel avenir pour les personnes qui ne seraient pas jugées "d'utilité commune" ?

De plus, avec cette phrase, "tout homme naît libre et égaux en droit" perd un peu de sa valeur, un peu comme si les jeux étaient truqués, joués à l'avance non ? 

Autrement dit, grâce à cette phrase, tout ce qui suit, est une illusion, car "l'utilité commune", annule le reste.

Comparons maintenant à l'article premier de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et du Citoyen (DDH) du 24 juin 1793.

Article 1. - Le but de la société est le bonheur commun. Le gouvernement est institué pour garantir à l'homme la jouissance de ses droits naturels et imprescriptibles.

Ici, c'est la notion de BONHEUR qui doit être commune, et non l'utilité publique. Cela donne le ton. Le gouvernement sert à veiller à ce que les humains aient la garantie de pouvoir exercer leurs droits fondamentaux, à savoir "l'égalité, la liberté, la sûreté, la propriété", comme précisé dans l'article 2.

Avant de poursuivre avec les articles de la DDH de 1793, voilà le préambule à celle ci : 

"Le peuple français, convaincu que l'oubli et le mépris des droits naturels de l'homme, sont les seules causes des malheurs du monde, a résolu d'exposer dans une déclaration solennelle, ces droits sacrés et inaliénables, afin que tous les citoyens pouvant comparer sans cesse les actes du gouvernement avec le but de toute institution sociale, ne se laissent jamais opprimer, avilir par la tyrannie ; afin que le peuple ait toujours devant les yeux les bases de sa liberté et de son bonheur ; le magistrat la règle de ses devoirs ; le législateur l'objet de sa mission.

En conséquence, il proclame, en présence de l'Etre suprême, la déclaration suivante des droits de l'homme et du citoyen."

Les réflexions que l'on a aujourd'hui, on les a déjà eu par le passé. Nous avons déjà des réponses, des solutions, allons nous refaire les même erreurs ? Ou avons nous appris ? N'oubliez pas que la révolution de 1789 a mené à l'empire de Napoléon, ou encore mai 68 à ce que l'on vit aujourd'hui.

Révolutions réussies ou ratées selon vous ?

Continuons avec quelques articles de la DDH de 1793 : 

Article 3. - Tous les hommes sont égaux par la nature et devant la loi.

Point barre. Simple, efficace, aucune suite pour nuancer cette phrase, et l'annuler, ni dans les conditions, ni dans le temps.

Article 4. - La loi est l'expression libre et solennelle de la volonté générale ; elle est la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse ; elle ne peut ordonner que ce qui est juste et utile à la société ; elle ne peut défendre que ce qui lui est nuisible.

Article 6. - La liberté est le pouvoir qui appartient à l'homme de faire tout ce qui ne nuit pas aux droits d'autrui : elle a pour principe la nature ; pour règle la justice ; pour sauvegarde la loi ; sa limite morale est dans cette maxime : Ne fais pas à un autre ce que tu ne veux pas qu'il te soit fait.

Pour ne pas être "hors la loi", il "suffit" de ne pas faire de mal aux autres.

Article 7. - Le droit de manifester sa pensée et ses opinions, soit par la voie de la presse, soit de toute autre manière, le droit de s'assembler paisiblement, le libre exercice des cultes, ne peuvent être interdits. - La nécessité d'énoncer ces droits suppose ou la présence ou le souvenir récent du despotisme.

Encore un sujet d'actualité.

Article 9. - La loi doit protéger la liberté publique et individuelle contre l'oppression de ceux qui gouvernent.

Toujours d'actualité.

Article 18. - Tout homme peut engager ses services, son temps ; mais il ne peut se vendre, ni être vendu ; sa personne n'est pas une propriété aliénable. La loi ne reconnaît point de domesticité ; il ne peut exister qu'un engagement de soins et de reconnaissance, entre l'homme qui travaille et celui qui l'emploie.

Article 21. - Les secours publics sont une dette sacrée. La société doit la subsistance aux citoyens malheureux, soit en leur procurant du travail, soit en assurant les moyens d'exister à ceux qui sont hors d'état de travailler.

Secours publique >> Dette sacrée !! Quoi qu'il arrive, on ne laisse pas les gens dans la misère, surtout pour de l'argent !!

Article 25. - La souveraineté réside dans le peuple ; elle est une et indivisible, imprescriptible et inaliénable.

Article 27. - Que tout individu qui usurperait la souveraineté soit à l'instant mis à mort par les hommes libres.

Article 30. - Les fonctions publiques sont essentiellement temporaires ; elles ne peuvent être considérées comme des distinctions ni comme des récompenses, mais comme des devoirs.

Article 31 - Les délits des mandataires du peuple et de ses agents ne doivent jamais être impunis. Nul n'a le droit de se prétendre plus inviolable que les autres citoyens.

Article 33. - La résistance à l'oppression est la conséquence des autres Droits de l'homme.

Article 35. - Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.

Quelle DDH est la plus "humaine" ? La moins sujette à controverse", aux "nuances" ? 1789 ou 1793 ?

Dans la constitution de 1793, sont abordés les points comme la naturalisation française, dans l'article 4 :

Tout homme né et domicilié en France, âgé de vingt et un ans accomplis ; - Tout étranger âgé de vingt et un ans accomplis, qui, domicilié en France depuis une année - Y vit de son travail - Ou acquiert une propriété - Ou épouse une Française - Ou adopte un enfant - Ou nourrit un vieillard ; - Tout étranger enfin, qui sera jugé par le Corps législatif avoir bien mérité de l'humanité - Est admis à l'exercice des Droits de citoyen français.

Etablissement d'assemblées primaire, que l'on pourrait comparer au RIC.

Article 11. - Les Assemblées primaires se composent des citoyens domiciliés depuis six mois dans chaque canton.

Article 12. - Elles sont composées de deux cents citoyens au moins, de six cents au plus, appelés à voter.

Article 13. - Elles sont constituées par la nomination d'un président, de secrétaires, de scrutateurs.

Article 14. - Leur police leur appartient.

Article 15. - Nul n'y peut paraître en armes.

Article 16. - Les élections se font au scrutin, ou à haute voix, au choix de chaque votant.

Des assemblées électorales : 

Article 37. - Les citoyens réunis en Assemblées primaires nomment un électeur à raison de 200 citoyens, présents ou non ; deux depuis 301 jusqu'à 400 ; trois depuis 501 jusqu'à 600.

Article 38. - La tenue des Assemblées électorales, et le mode des élections sont les mêmes que dans les Assemblées primaires.

Etc, etc. 

On a déjà tout, il suffit juste de remettre à jour le passé, qui est la clé pour l'avenir. A l'opposé là de certaines personnes qui veulent "déconstruire le passé" !! 

Au passage, observez les illustrations autours des DDH, là aussi, rien n'est dû au hasard. Les chaines pour 1789 etc.

1793

declaration-des-droits-de-lhomme-et-du-citoyen-de-1793

1789

ddh-1789

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