ON VEUT UNE VRAIE COOPÉRATIVE

Même en 2020, le marché BIO ne cesse de grimper. Pourtant les Nouveaux Robinson dégringolent depuis quelques années. Les travailleur•euse•s mettent en cause une politique contraire aux valeurs de la coopérative : destruction d’emplois, salaires indignes et arbitraire patronal. Ils luttent pour renouveler l’esprit de coopération, de justice sociale et le sens du métier de commerçant BIO.

La coopérative des Nouveaux Robinson est en conflit permanent depuis au moins 2017, lorsque la direction a tenté de baisser la redistribution des bénéfices en la sur-conditionnant par des "critères de performance". Le président avait alors menacé de supprimer la prime d'intéressement (50% des bénéfices redistribués égalitairement aux salarié-e-s) si la déléguée syndicale CGT ne signait pas sa proposition d'accord aux antipodes des engagements statutaires de la coopérative. Il a finalement capitulé en reconduisant l'accord originel et en disparaissant définitivement de la coopérative. 

Depuis 2017, la direction n'a pas changé son fusil d'épaule et a tout aggravé : réduction des frais de personnel par tous les moyens dans les magasins tout en augmentant ceux des bureaux, dégradation des conditions de travail aussi bien physiques que morales, perte du sens du métier, autoritarisme au travail (allongement absurde de la hiérarchie, directives hors sol, arbitraire et infantilisation) comme dans le dialogue social (délit d'entrave au CSE), atteinte massive aux droits sociaux et vol organisé par le service RH, grève de l'investissement alors que de nombreux magasins ont besoin de rénovation, refus de toute innovation, imitation des concurrents alors qu'il convient de s'en distinguer, il semble que nos cadres-dirigeant se passionnent d'avantage à faire la guerre au personnel qu'à hausser le chiffre d'affaires...

Fatalement, le chiffre d'affaires n'a pas cessé de baisser et la coopérative est en déficit, ce qui est exceptionnel dans le secteur du commerce de produits biologiques. La récente expertise économique du CSE confirme cette dérive paradoxale et inquiétante. De façon générale, le statut a beau être coopératif, le fonctionnement réel ne l'est pas du tout. On soupçonne par ailleurs une vieille pratique de conflit d'intérêt autour de monsieur Jean MATA, l'actuel président du conseil de surveillance (équivalent d'un conseil d 'administration), premier sociétaire en nombre de parts, ex dirigeant et membre fondateur de la coopérative.

Fin 2019, les négociations salariales dégénèrent en grève spontanée : la présidente a annoncé pour la première fois sa volonté de geler les salaires alors que ceux-ci sont très bas (au bout d'un an d'ancienneté, un employé ne gagne qu'un SMIC +10%) et que faute de bénéfices, on ne reçoit plus de prime d'intéressement. Une soixantaine de salarié-e-s ont fait grève le 22 novembre 2019 et la direction, surprise, a revu sa copie, allant même jusqu'à s'engager à instaurer une prime indépendante des bénéfices équivalente à un 13ème mois. 

Fin 2020, la présidente rétropédale sur cet engagement en la limitant à des miettes dérisoires et gèle les salaires en clôturant unilatéralement la négociation salariale. Les journées de grève se sont succédées: 11 décembre à Montreuil, 12 décembre à Boulogne, 30 janvier à Montreuil avec rassemblement de soutien et 5 mars à Aligre. La direction n'a jamais repris aucune négociation et a payé la présence d'huissiers sur ces journées. On a observé une grande solidarité de la clientèle sur les trois magasins touchés les jours de grève. En effet, la clientèle aspire très majoritairement à une alternative à la grande distribution et refuse de voir les Nouveaux Robinson transformés en Naturalia bis, c'est à dire une filiale bio d'un grand groupe. Le conseil à la clientèle, la convivialité, le sens éthique donné aux achats sont des attentes réelles de nos client-e-s. 

Le CSE (comité social et économique), instance de représentation du personnel a ouvert un nouveau site internet afin de pouvoir communiquer largement aux travailleur-euse-s, aux client-e-s, aux sociétaires et aux militant-e-s : LES VRAIS ROBINSON

Vous y trouverez notamment les tracts de la CGT qui rendent compte des négociations fin 2020 jusqu'à la grève, un article qui révèle la toxicité du management et les revendications. Vous constaterez que ces revendications dépassent la question des emplois et des salaires, allant jusqu'à la question démocratique et le développement stratégique de la coopérative. On préconise notamment un projet à long terme de production de fruits et légumes en permaculture, de façon à poursuivre l'engagement écologique de façon conséquente.

Vous pouvez soutenir en tant que client-e en signant la pétition, vous pouvez soutenir qui que vous soyez en faisant don à la caisse de grève et en relayant les informations notamment par la page facebook , le compte twitter et le compte instragram.

Vous pouvez stopper cette évolution et remettre la coopérative sur le chemin de ses valeurs et objectifs statutaires* en devenant sociétaire : un formulaire à remplir et une part à 16 euros minimum à acheter directement en caisse (il n'est pas obligatoire d'être client-e), ultra-accessible! 

Vraisemblablement, notre direction rend la structure des nouveaux Robinson compatible avec les exigences des grands groupes pour la vendre à l'un d'eux, de façon à devenir une vitrine pseudo-éthique à l'instar de Naturalia pour le groupe Monoprix. L'assemblée générale des sociétaires de juin 2021 sera sans nul doute décisive!!!

* Extrait introductif de l'article I 3 des statuts de la coopérative : 

"Objet de la société 

Dans la poursuite de son objet social, la société contribue au respect de la biosphère (valeurs écologiques) et de la personne humaine (démocratie économique et lutte contre l’exclusion sociale)."

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