Du renoncement et de la capitulation

Julian Assange a été arrêté aujourd'hui, à Londres, après qu'un mandat des Etats-Unis fut émis à son encontre. C'est un triste jour. Pour notre dignité- et j'irai même plus loin au risque de paraître excessif- pour la survie de notre idée de société.

Julian Assange a été arrêté aujourd'hui, à Londres, après qu'un mandat des Etats-Unis fut émis à son encontre.

C'est un triste jour. Pour notre dignité- et j'irai même plus loin au risque de paraître excessif- pour la survie de notre idée de société.

Depuis le début de cette rocambolesque histoire, le sentiment qu'il s'agit d'une affaire dépassant le cadre - aujourd'hui devenu trop classique- d'un gouvernement essayant de faire taire un journaliste, m'étreint. Ce sont les principes plus profonds- des fondamentaux- qui sont en jeux.

Il s'agit de notre acceptation successive à un ordre inique, injuste, qui bafoue les lois ou les orientent à sa guise. Voilà ce qui est en jeu. De petits renoncements, nous allons désormais vers la défaite puis la capitulation.

Et pour quoi? Un semblant de paix de l'esprit que nous payons au prix d'une partie de notre âme. Paix de l'esprit qui ne peut être viable sinon avec le recours à des palliatifs, des hobbies. Des distractions qui nous détournent un moment de cette gêne que nous ressentons - ce rappel irritant- que nous sommes occupés à nous renier.

Ceux qui ont déjà abdiquer, ou qui n'ont pas eu à le faire, ne comprendront pas mes paroles. Et je n'attends rien d'eux.

Mais à ceux que ces mots parlent, chez ceux pour qui ils résonnent, il est temps. Il est temps de se faire entendre et d'informer votre entourage. Car, un jour, certains d'entre eux se rendront compte des implications que révèle cette affaire. Et, à ce moment là, ils souhaiteront pouvoir revenir en arrière. Mais il sera trop tard.

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