Après un an de vie, où en est le projet Mediapart ?

Il y a un an était lancé le “projet Mediapart”, avant la création du véritable site Mediapart un peu plus de trois mois après. Mais qu'en est-il au juste de l'état de ce projet et de ses ambitions, après un an de vie ?Partant de chiffres, constatons tout d'abord que l'évolution du nombre d'abonnés n'est guère rassurante : le nombre d'abonnés (voire graphique ci-dessous) augmente encore trop lentement par rapport aux objectifs posés et n'arrive qu'à rogner les 14.000 à ce jour. Le point de stabilité se situerait à 50.000 ou 55.000 abonnés si le taux de TVA de Mediapart.fr était établi à 2,1%, mais comme les sites d'information ne sont pas considérés comme la presse papier – comme le commente Rue89 –, leur TVA est élevée à 19,6%. Le vrai point de stabilité est donc en conséquence ramené entre 60.000 et 70.000 abonnés, nombre très nettement supérieur du nombre actuel d'abonnés au Monde.fr. Mediapart se lance donc un défi pour le moins ambitieux.
mediapart-EP-VT.pngIl y a un an était lancé le “projet Mediapart”, avant la création du véritable site Mediapart un peu plus de trois mois après. Mais qu'en est-il au juste de l'état de ce projet et de ses ambitions, après un an de vie ?


Partant de chiffres, constatons tout d'abord que l'évolution du nombre d'abonnés n'est guère rassurante : le nombre d'abonnés (voire graphique ci-dessous) augmente encore trop lentement par rapport aux objectifs posés et n'arrive qu'à rogner les 14.000 à ce jour. Le point de stabilité se situerait à 50.000 ou 55.000 abonnés si le taux de TVA de Mediapart.fr était établi à 2,1%, mais comme les sites d'information ne sont pas considérés comme la presse papier – comme le commente Rue89 –, leur TVA est élevée à 19,6%. Le vrai point de stabilité est donc en conséquence ramené entre 60.000 et 70.000 abonnés, nombre très nettement supérieur du nombre actuel d'abonnés au Monde.fr. Mediapart se lance donc un défi pour le moins ambitieux.

Ce graphique compare l'évolution du nombre d'abonnés aux attentes de l'équipe, entre le 16 mars et le 16 décembre 2008 :

Cliquez ici pour agrandir le graphique.

 

 

Cet autre graphique compare l'évolution du nombre de visiteurs uniques quotidien entre plusieurs sites d'info :
mediapart-3.png

En revanche, on constatera avec plaisir la qualité des contenus de Mediapart : une information hiérarchisée, avec un suivi des dossiers par opposition à la plupart des sites d'informations où une info écrase l'autre. A gauche de la page principale se situe une “Revue du web”, qui se constitue des liens les plus intéressants tirés par la rédaction des sites de journaux traditionnels.

 

Les journalistes ont également su remettre au centre de leur travail l'enquête et l'investigation. Je citerais pour exemple le départ de M. Jean Arthuis : alors que les médias relayaient des informations érronées selon lesquelles le sénateur de la Mayenne pourrait parvenir sans problème à récupérer le siège de la rue de l'Université, Mediapart a su trouver exactement à qui appartenait les locaux et a analysé cet événement avec une pertinence certaine dans un article de Marine Turchi du 16 avril dernier .


En second exemple, nous citerons l'article glaçant de Fabrice Arfi qui révèle l'utilisation par des juges de test ADN “ethniques”.
En bref, on trouve dans le Journal peu d'articles, mais qui sont majoritairement des articles de fond. A un état encore embryonnaire, ledit journal n'offre toutefois pas encore à lui tout seul une véritable information quotidienne.

 

 

meta-mediapart.pngConcernant le Club, on remarquera tout d'abord la simplicité réductrice de l'interface, qui ne permet quasiment aucune personnalisation – c'est particulièrement vrai pour les blogs, dont la notoriété ne peut dépasser les frontières de Mediapart.fr bien qu'ils soient visibles par les internautes non-abonnés.
Il faut ensuite constater que le club n'échappe pas au phénomène de société virtuelle, où beaucoup osent par l'écrit ce à quoi ils n'oseraient songer en direct (il m'est arrivé de lire, dans un échange heureusement privé, « Si vous recommencez, je sors le Bazooka » !...).
Et pourtant, cet espace participatif obéit à des règles bien particulières lorsque l'on songe qu'il n'arbore volontairement aucune modération et que, bien qu'il soit lisible de l'extérieur, seuls les abonnés peuvent écrire des commentaires, y compris sur les blogs.

 

Un des intérrêts du Club est aussi d'offrir la possibilités aux abonnés de passer du “commentateur” à l'“auteur” ; il est par ailleurs intéressant de lire des journalistes écrivant sur des blogs personnels ou bien dans des éditions participatives, sur des thématiques plus étendues que leurs domaines de travail dans le journal.

 

L'avenir de Mediapart reste donc incertain, tant par le taux peu rassurant (bien que consistant) d'augmentation des abonnements que de par la viabilité relative du Club.

 

Néanmoins, au cours des prochains mois, je continuerai à m'intéresser de près à la vie de ce nouveau média.

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