Porter plainte comme femme en danger à Paris : revenez à la fin du confinement.. .

Témoignage d'une femme menacée et malmenée par son ex conjoint et père de son enfant en garde alternée. Elle doit le voir tous les trois jours mais pour la plainte au commissariat on lui répond : "revenez à la fin du confinement madame, aucun commissariat à Paris ne vous recevera sauf en cas de grave menace"...

Bonjour,

J'ai été menacée devant ma fille de 4 ans hier par mon ex conjoint (il a répété à plusieurs reprises qu'il allait "me tarter") quand je la récupérais de la garde alternée. Une fois ma fille hors de vue nous avons eu une altercation où j'ai été malmenée (j'ai des photos de bleus sur les bras et les poignées). Cela faisait longtemps qu'il me menaçait moi et mon conjoint (lui menacé d'en "finir avec lui"), mais jamais il n'y avait eu de violences.

Après cette nouvelle étape j'ai décidé de porter plainte aujourd'hui (ayant peur des futures confrontations car nous devons nous revoir tous les trois jours pour la garde alternée de notre fille de 4 ans), mais un policier filtrant l'entrée du commissariat Erik Satie (Paris 19eme) m'a dit qu'aucune plainte ne pouvait être prise, à part pour une "menace grave"! Compte tenu de ce que je lui ai dit un autre collègue parti demander confirmation de ce refus a appuyé celui ci en ajoutant que ce serait pareil dans les autres commissariats parisiens... Que je pourrais revenir à la fin du confinement ! 

Je n'ai donc pas pu déposer plainte ni signaler ma situation. Je dois revoir mon ex conjoint dans 3 jours sans pouvoir lui dire que j'ai signalé ses comportements à la police. 

Je vous laisse juger de l'incohérence du refus de prendre ma plainte malgré l'excuse du confinement dû à la situation actuelle. 

J'avais compris que les commissariats restaient ouverts et que l'écoute et la prise en charge des femmes en danger étaient devenues une priorité. 

Il semblerait que ce ne soit pas le cas. 

 

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