Réactions à la répression de la manifestation du 26 mai à Tours

Pour la première fois à Tours, une manifestation qui se déroulait, comme toujours dans cette ville, dans le calme, sans dégradations de biens publics ou privés, sans insultes envers les forces de l'ordre a été vivement réprimée.

26-mai-2016

 

 

La manifestation contre la loi travail du jeudi 26 mai a été marquée par une forte répression avec trois interpellés et des blessés.La photo ci-dessus a été prise quelques secondes avant les tirs de grenades lacrymogènes, le cortège vient de s'arrêter devant le cordon de policiers.La plupart des manifestants ont les bras en l'air pour montrer qu'ils n'ont aucune intentions violentes. La fumée provient à ce moment de fumigènes que tiennent quelques manifestants en tête de cortège.

 

Les tourangeaux contre la loi travail souhaitent revenir sur la forte répression ayant eu lieu pendant la manifestation du Jeudi 26 mai 2016.

Jeudi 26 mai, ce sont près de 4000 personnes qui se sont réunies ensemble pour lutter contre cette loi travail et le déni de démocratie qu’est le 49.3.
Durant cette manifestation, au départ de la place de la Liberté, le cortège a remonté l’ensemble de l’avenue Grammont ainsi que la rue Nationale, pour ensuite se diriger vers le pont Mirabeau, sans volonté d’atteindre l’autoroute, comme ont pu le penser les forces de l’ordre. Avant l’arrivée au pont, une ligne de CDI (Compagnie Départementale d’Intervention) s’est déployée devant nous, empêchant l’accès au pont. L’arrivée des manifestants près des forces de l’ordre s’est faite de façon pacifique, un grand nombre de manifestants ont mis les mains en l’air et sont restés à distance de cette ligne pour montrer qu’ils étaient là pacifiquement et pas dans une optique d’affrontement. A la suite, sans sommation audible de la part de tous, un grand nombre de grenades lacrymogènes ont été lancées à bout portant, ce que nous trouvons fortement dangereux. De plus des coups de matraques ont été donnés et ont engendrés des blessures, qui ont été constatées par des médecins.

Par la suite, après que les manifestants sont repartis du pont Mirabeau, une deuxième occupation s’est déroulée place Anatole France, pacifiquement. La plupart des militants se sont assis, des espaces de discussions se sont alors créés pour discuter de la loi travail ainsi qu’apporter un soutien psychologique aux militants suite à la charge des policiers.

Une nouvelle fois, les forces de l’ordre sont arrivées massivement, équipées comme rarement vu à Tours. Les manifestants se sont alors dirigés vers la rue Nationale, dans laquelle, une nouvelle fois, des bombes lacrymogènes ont été massivement envoyées. Nous tenons à ajouter que dans cette rue, de nombreuses personnes ne participant pas à la manifestation étaient présentes. De plus, plusieurs personnes ont été blessées ce qui, encore fois, va à l’encontre de ce que notre mouvement défend et du rôle qu’est censé avoir la police face à ses concitoyens. Lors de cette charge, un automobiliste paniqué a renversé une personne âgée qui souffre d’un traumatisme crânien et qui a perdu énormément de sang. De plus, dans la rue Nationale un autre individu, extérieur à la manifestation, a subi une forte répression de la part des policiers et a fini les mains et la tête ensanglantées. Cette situation s’est répétée une nouvelle fois à Jean Jaurès où les passants ont également eu le droit à leurs émanations de gaz, alors qu’ils étaient totalement extérieurs à la manifestation. Le but de l’opération de la police était d’encercler les manifestants afin de procéder à des arrestations.

De plus, lors de cette journée, trois interpellations ont eu lieu dans nos rangs.

Par ce présent communiqué, nous tenons une nouvelle fois à exprimer notre opposition aux violences policières ainsi que les risques qu’ils font encourir à la population (passage en moto dans la foule, réouverture de la circulation, utilisation de gaz lacrymogènes en place publique) et nous réclamons l’arrêt immédiat des poursuites concernant nos camarades ainsi que le retrait de la loi travail de la part du gouvernement.

Le mouvement des Tourangeaux contre la loi travail

 

 

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