Promenade matinale dans la campagne alentour, lumière encore diffuse, douce brise, seul le chant des oiseaux s'entend à cette heure, instant de grâce. Le poème de Giuseppe Ungaretti, MATTINA, ressurgit avec sa phrase unique, M'illumino d'immenso, qui saisit toute l'immensité du jour naissant. Oliviers à la présence immuable, champs couverts d'herbes folles et de fleurs colorées, jaune safran, jaune pale, jaune d'ocre, mauve, pervenche, pourpre, rouge écarlate, rouge cadmium. Je vois leur couleur mais je ne saurais les nommer, signe de ma génération, arbitrairement catégorisée génération X, nous ne connaissons plus le nom des fleurs (sauf celles de culture vendues coupées chez les fleuristes), ni des oiseaux, ni des insectes, la biodiversité a déjà disparu de notre langage, nous sommes réduits à utiliser des noms génériques pour désigner les choses de la nature. Je constate toute la pauvreté de mon vocabulaire.
Billet de blog 1 mai 2020
Chronique romaine: 1er mai
Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.